Yeruldelgger ★★★★☆

Après 450 pages à voir son nom, je suis encore incapable d’écrire Yeruldelgger correctement du premier coup…

Ce roman est le premier que j’ai reçu avec ma box ebook (je vous explique plus en détail ce que c’est jeudi !). Je ne l’ai donc pas choisi, mais en lisant le résumé je savais déjà que j’allais aimer.

Une enquête policière dans la Mongolie contemporaine, avec un inspecteur qu’on sent un peu dark, 3 cadavres de Chinois… et au final une enquête pleine de ramifications qui permettent de découvrir en partie la culture mongole, un peu de leur histoire, l’état d’une société de nomades malmenée par le pouvoir soviétique et qui subit maintenant l’influence (ingérence ?) économique de la Chine et de la Corée du Sud.

Le contexte n’est pas banal et surtout très dépaysant. Le polar permet de mettre en avant les choses qui ne vont pas dans une société (les luttes de pouvoir, les laisser pour compte, les nouveaux riches…) et c’est un biais interessant pour en apprendre plus sur un pays.
Il y a par exemple un lien avec les milieux nazi mongols et tout un développement sur le fait que ce n’est pas « leur histoire » comme ce qui a pu se passer en Mongolie après la Seconde Guerre Mondiale n’est pas la notre… effectivement très peu parmi nous connaissent l’histoire de la Mongolie (à part Genghis Khan… à peu près) et il est clairement démontré que le groupe nazi dans ce livre ne connait pas vraiment Hitler et son histoire… Cette partie sur l’appropriation de l’histoire et des frontières de celle-ci, m’a beaucoup intéressé, mais si ça vous laisse indifférent sachez que c’est un détail dans ce roman !

Bref, une belle découverte, que je n’aurais jamais faite hors du contexte de la box, parce que soyons honnête, je n’arrive toujours pas à écrire (ou de prononcer dans ma tête) Yeruldelgger correctement et la couv est loin d’être attirante, donc je serais passé à côté en librairie.

Ian Manook, Yerruldelgger, Albin Michel, 648p.

Mon amie Adèle ★★★★☆

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise…

Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au cœur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?
#findeDINGUE

Mon amie Adèle est un thriller psychologique bien mené, on n’en décroche pas !
Les personnages sont nuancés, tout le monde est suspect et on suspecte tout le monde de tout.

Malgré tout j’ai pendant assez longtemps eu l’impression de relire La Fille du train ou Avant d’aller dormir… dans le style psycho où on sent que quelque chose cloche, mais quoi ?

L’éditeur a fait sa communication autour de la #findeDINGUE du livre. Je pensais ça risqué… mais du coup ça m’a motivé dans la lecture (parce que sinon l’impression de déjà vu était trop forte). Mais clairement c’est une fin de dingue ! Rien qu’on aurait pu imaginer.
Je pense que cette fin risque de déplaire à un certain nombre de lecteurs. Je dois dire que j’ai été un peu déroutée et qu’il m’a fallu digérer l’info avant de statuer que j’adhérais.

Je vous laisse vous faire un avis sur la #findeDINGUE.

Sarah  Pinborough, Mon amie Adèle, Préludes Edtions, 448p.
Reçu en SP sur NetGalley

Glacé

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★☆☆☆☆

Alors… comment vous dire… je me suis bien marré avec ce livre.
Mais comme je ne pense pas que ce soit le but de Bernard Minier, c’est un peu dommage.

L’histoire pour commencer : en soi elle n’est pas mauvaise (sinon je n’aurais jamais pu finir ces 700 pages). L’enquête se tient, rien d’extraordinaire cependant. Les personnages sont traités de façon superficielle, on ne comprend pas toujours tout (enfin si, on comprend que l’auteur veut donner un background un peu mystérieux à Servaz, son enquêteur… et je me suis retrouvée à relire 4 fois un paragraphe qui tombait comme un cheveu sur la soupe, pour essayer de comprendre ce qu’il faisait là…)

Mais alors revenons à la marrade, la poilade : le style. Je crois que ça ne m’est arrivé que très rarement de tiquer à se point sur des formulations de phrases. Habituellement je ne suis pas d’une exigence folle pour le style. De la fluidité, un vocabulaire adapté au roman et hop je suis contente.
Ici j’ai commencé à rigoler quand dans les premières pages chaque référence à l’enquêtrice était agrémenté d’un « beau ». Cette femme a un beau visage, des beaux cheveux, ses mouvements sont beaux… enfin si t’as pas compris que Servaz voulait se la faire je pense qu’il faut te remettre en question.
Ma phrase préférée du roman : « L’avertissement était aussi clair que la nuit était obscure » (p. 342, soyons précis). Non mais qui laisse écrire ça ?
(Et ne parlons pas de ce pauvre Servaz dont les jointures deviennent blanches extrêmement souvent puisqu’il a la mauvaise habitude de serrer un peu trop fort son volant à la moindre contrariété.)
Et un dernier pour la route :  Servaz rencontre le père d’une victime. Et on se retrouve avec 4 pages où il est question du torse bronzé et musclé de cet homme (même quand il remet son t-shirt on nous apprend qu’il l’a remis par dessus son torse bronzé et musclé), merci pour ce petit moment digne d’une romance.

J’ai quand même mis 1 étoile. Pour les rires.
Bernard Minier, Glacé, Pocket, 736 p.

La Veuve

★★★★☆

Ca faisait tellement longtemps que je n’avais pas lu un thriller qui se déroule dans le monde contemporain ! Il y a des téléphones portables, internet… (quoique quand on y pense j’ai lu Poulets Grillés il n’y a pas si longtemps mais c’est plus un policier humoristique qu’un thriller psychologique).

Le décès soudain de Glenn Taylor met Janie, sa femme sur le devant de la scène, elle devient La Veuve.
4 ans auparavant, Bella, une petite fille de 2 ans est enlevée. La police accuse Glenn mais il est acquitté. Les médias ne lâche pas les Taylor qui tentent de continuer à vivre aussi normalement que possible même si l’isolement devient pesant.

Fiona Barton en alternant le point de vue de plusieurs protagonistes et en entremêlant le présent (juste après la mort de Glenn) avec des flashback sur l’enquête policière réussi à semer le doute dans la tête du lecteur et à le tenir en haleine jusqu’à la dernière phrase !
Je ne vous cache pas que certains passages « dans la tête » de Glenn sont assez glauques, et m’ont mis un peu mal à l’aise (il n’est pas facile de lire les tourments psychologiques d’un type aux fortes tendances pédophile… qui plus est s’il est lui même plus ou moins dans le déni pendant une grande partie du livre).

Mais dans l’ensemble une fois ouvert je n’ai plus réussi à lâcher ce thriller où tout est basé sur la psychologie des personnages, des nuances, sur une petite phrase qui a l’air innocente mais qui quelques pages plus tard vous revient en mémoire et remet tout en perspective.

La Veuve en saurait-elle plus long qu’elle ne veut bien l’admettre ?

Juste une ombre

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J’ai entendu parler de ce livre par Hajar il y a assez longtemps, et le titre était logé dans un recoin de mon cerveau, j’ai fini par mettre la main sur ce livre et

Cloé (j’ai mis assez longtemps à dépasser l’absence du « h » dans ce prénom) sort d’un diner entre amis. Dans la ruelle où est garée sa voiture une ombre la suit, et tente de l’agresser. A partir de là commence la descente aux enfers de Cloé : l’ombre continue à la suivre, elle s’enfonce dans une paranoia qui la pousse à s’isoler de son entourage qui la croit folle.

Je me suis laissée bernée par la plupart des fausses pistes lancées par ce thriller. La folie qui gagne Cloé au fur et à mesure du livre est très bien distillée, tout va crescendo et laisse planer un doute sur l’origine de l’Ombre.

Même si j’ai regardé anxieusement derrière les portes pendant quelques jours, j’ai été emportée par ce thriller !
Aucun doute que je lirais d’autres livres de Karine Giebel que je découvrais pour la première fois avec ce livre.

Avant d’aller dormir

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Après avoir vu la bande annonce au ciné, je me suis dit que j’avais le temps de lire le roman avant d’aller voir le film. Ca me donne l’occasion de faire une double chronique, ça faisait longtemps !

Le livre

Ce thriller est haletant. Pas haletant dans le genre fusillade et courses poursuites. Haletant parce toute l’histoire se met en place lentement, mais un « lentement » qui permet de cerner la situation.
Christine se réveille tous les matins sans le moindre souvenir de sa vie d’adulte, parfois elle se réveille enfant, parfois jeune femme… mais se réveiller auprès de cet inconnu dans cette maison qu’elle ne reconnaît pas est chaque jour une épreuve. Petit à petit elle recolle les pièces du puzzle et y découvre des incohérences.
On suit la mise en place progressive de l’univers de Christine, parfois on repère des dissonances dans le discours de son mari avant elle (et aussi parce que la bande annonce met un peu la puce à l’oreille) on commence à échaffauder des théories… évidemment même en se rapprochant de la vérité, le dénouement est surprenant !

J’ai adoré (je l’ai lu en 2 soirs).

Le film

Et hum… en fait j’ai beaucoup trop tardé avant d’aller au cinéma… je compléterai cette partie quand je tomberai sur le dvd ou une diffusion télé !

EDIT : ça y est j’ai vu le film !

Comparé au livre on a beaucoup moins d’informations sur le comment du pourquoi (j’essaye de pas spoiler), mais sinon c’est plutôt bien fait. Evidemment ils ont changé le journal papier (celui qui sert à Christine à se remémorer les souvenirs acquis la veille) par un journal vidéo. Certaines info sont complètement laissées de côté ou édulcorées mais ça se tient quand même.
Tout va un peu trop vite. C’est un des rares films de nos jours qui ne dure pas 2h ou 2h30… et justement il l’aurait mérité pour développer certains points (mais aurais-je eu cet avis si je n’avais pas lu le livre avant ?)

Je crois que je n’avais Colin Firth dans des comédies, et il est pas mal du tout dans un rôle un peu plus sérieux !

Le Livre de la mort

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Quatrième volet de la série du Bourbon Kid, Le Livre de la mort est encore une fois palpitant, truffé de vampires, de zombies et de crétins géniaux.

J’avais adoré le premier opus de la saga, Le Livre sans nom (j’avais aussi beaucoup aimé la tête du libraire Fnac quand j’avais demandé « Le Livre sans nom d’un auteur anonyme »). Après le premier tome, j’avais attendu impatiemment la sortie de la suite, L’œil de la lune. Mais j’ai été un peu déçue, c’est donc après qu’une amie m’ait reparlé du Bourbon Kid je suis allé acheter le tome 3, Le Cimetière du diable, la folle équipée du Kid dans un hotel en plein un concours de sosies menacé par une horde de zombies. Ce roman m’avait reconquise.

Le Livre de la mort nous ramène à Santa Mondega juste après la fin du Cimetière du diable (à cause de ma mémoire de poisson rouge j’ai mis quelques pages à me remettre dans le bain…)
Comme je ne veux pas risquer de spoiler ce livre, ou même les trois précédents je ne rentrerais pas plus dans les détails.

Mais cette série est aussi bien que ce que vous avez pu en entendre dire. (cette phrase est une rare simplicité…). Quand on m’a dit « vampire, zombies, porte de l’enfer », j’ai failli fuir en courant en repensant à Twilight… Mais ça n’a rien à voir ! L’écriture a été comparée à Tarantino, et c’est certainement vrai (je suis une flipette de première, le seul Tarantino que j’ai vu est Pulp Fiction, et encore je crois que mon cerveau l’a totalement effacé de ma mémoire)…

J’ai profité d’une promo sur feedbooks pour acheter Psycho Killer, nouveau roman de cet auteur toujours anonyme. J’ai hâte de me plonger dans cette nouvelle histoire !

P.S. : Si vous aimez les histoires de vampires (non-twilightesques) lisez la trilogie La Lignée de Guillermo del Toro. Encore une autre vision des vampires… je vous en reparlerais.
P.P.S. : La série du Bourbon kid est publiée chez Sonatine éditions. Je n’aurais qu’un conseil concernant cette maison : si vous voyez son logo sur une couverture : foncez ! Je n’ai jamais été déçue par l’un de leurs livres ! (je ne suis bien sûr pas sponsorisée pour dire ça, je n’ai aucun lien avec cet éditeur…)