Le triomphe des ténèbres

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Tibet, 1939, une expédition SS met la main sur une des quatre Swastika qui, une fois réunies, permettent à son détenteur de régner sur le monde.
1940, Hitler règne sur l’Europe, mais veut continuer à étendre son influence. Il lance Ahnenerbe (une division SS spécialisée dans les sciences occultes) à la recherche des 3 autres Swastika.
Tristan, chasseur d’oeuvres d’art, arrêté pour son opposition au franquisme, est réquisitionné par le colonel SS Weistort en charge de la quête. Lire la suite

La Ferme du bout du monde

★★★☆☆

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

J’ai adoré ce livre.

Il comporte tous les éléments que j’aime : une partie historique qui permet de s’immerger dans une époque (ça change des dates et des batailles qu’on apprend à l’école), un secret de famille et des femmes qui se battent de génération en génération pour maintenir à flot leur famille…
On plonge avec facilité dans l’univers décrit par la plume très agréable de Sarah Vaughan. Elle nous ouvre l’univers de Maggie chez ses parents qui ont une ferme en Cornouilles accueillent des jeunes réfugiés londoniens en pleine Seconde guerre mondiale ; et Lucy, qui de nos jours à cause de problèmes professionnels et personnels trouve refuge dans cette même ferme, avec sa mère et sa grand-mère (Maggie).
Comme assez souvent dans les romans avec ce parallèle, la partie contemporaine ne sert qu’à mettre en avant la partie historique, néanmoins elle n’est pas ennuyeuse. Et les effets de suspens sont parfaitement maîtrisés !
J’ai une préférence pour les personnages de Maggie et Will. Ils sont trop choupi (n’hésitez pas à utiliser cette expression dans vos dissertations au bac, c’est cadeau) [Edit : je veux dire par là que ce sont des êtres purs, ils s’aiment sans arrière pensés et cet amour est éternel, comme tout premier amour].

Et pourtant j’ai n’ai mis que 3 étoiles.

Et c’est peut-être parce que j’ai tant aimé l’histoire que la fin m’a parue si artificielle, facile, voir absurde… Je reste donc malheureusement sur une déception.

Donc voila, je ne sais pas très bien si je peux vous le recommander « chaleureusement »… ce livre était une coup de cœur, mais je n’arrive pas à faire abstraction de cette fin…
(ou alors arrêtez vous quelques pages avant la fin !)

Winston

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Churchill est un grand homme. Tout le monde le sait. Il a été premier ministre, il fumait le cigare et à la question sur le secret de sa longévité il répondait « No sport »…

Mais saviez vous qu’il avait (presque) inventé le tank ? Qu’il a pissé sur les lignes de défense allemandes ? Qu’il s’est baladé nu devant le Président des Etats-Unis pour le convaincre de participer à la seconde guerre mondiale (ok, ça c’est un raccourci, mais c’est arrivé !) ?

Boris Johnson nous raconte la vie de Churchill de façon peu académique. En mélangeant grande et petite histoire ce qui rend ce livre très agréable à lire, pas rébarbatif du tout ! Même si au début le côté non chronologique m’a un peu perdu ainsi que ma méconnaissance des hommes politiques britanniques (par moment ce livre est un peu écrit « par un anglais, pour des anglais ». Et un peu hagiographique aussi.).

On apprend beaucoup de choses sur la seconde guerre mondiale et la place de la Grande Bretagne dans le monde (pendant tout le « règne » de Churchill l’Empire s’est disloqué…) Un rapide chapitre sur le rôle de Winston (oui on finit par l’appeler par son prénom) au Moyen Orient qui est très interessant surtout avec l’évolution actuelle de la région.

Une biographie peu conventionnelle, agréable à lire et pourtant très complète !

L’Hiver du monde (Le Siècle, tome 2)

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J’ai attaqué ce deuxième tome de la saga Le Siècle avec enthousiasme. Je l’ai refermé en commençant à compter les jours avant la sortie du troisième tome !

(Retrouvez ma chronique du tome 1 La Chute des géants en cliquant ici. Cette chronique du tome 2 est garantie 100% sans spoiler, mais lisez le premier tome quand même !)

Dans cette suite, nous retrouvons les protagonistes de La Chute des géants dix années après les avoir laissés dans un monde en pleine reconstruction post-Première Guerre mondiale.
Nous sommes plongés directement dans l’Allemagne des années 1930, à la veille de la prise de pouvoir de Hitler. Pendant cette nouvelle partie du récit, qui s’étend de 1933 à 1949, nous allons voir évoluer avec les enfants des personnages découverts dans le tome 1. Leurs parents apparaissent encore, mais leur place s’efface petit à petit, à mesure que leurs enfants grandissent et ont leur vie propre.
Ce tome 2 évoque la montée du nazisme, la Seconde Guerre mondiale et enfin les prémices de la guerre froide.

Dans ce tome aussi, la France n’est que très peu évoquée (vous aussi vous vous dites que, quand même, le débarquement a eut lieu sur nos côtes et que ça vaut bien une petite centaine de pages sur un millier… et bien non.) Mais encore plus dans ce tome que dans le précédent l’absence de la France ne m’a pas posé de problème. J’ai aimé le resserrement sur l’Allemagne, puis sur la Russie et les Etats-Unis. (Le Royaume-Uni y a également une place, surtout au début, on voit la montée du fascisme chez les Britanniques et l’essoufflement du mouvement).

Ce qui m’est vraiment apparu dans ce tome (elle a mis 1500 pages à s’en rendre compte la p’tite, quand même) c’est la façon dont Ken Follett arrive à placer ses personnages de façon à ce qu’ils soient au plus près des évènements historiques et que tout paraisse naturel au lecteur (bon en fait ça m’est apparu quand un des personnages suit Hitler dans le Reichstag après l’incendie, et là justement c’est pas hyper naturel… mais dans l’ensemble tout passe très bien).

J’ai été étonnée du peu de traitement des camps de concentration et d’extermination (à peine évoqués en fait). Par contre le traitement de l’extermination des handicapés mentaux et physiques dans l’Allemagne dans années 1930 m’a beaucoup marqué (pour vous donner le niveau, j’en ai fait un cauchemar). Peut-être parce qu’on en parle moins souvent. (Non pas qu’on parle trop de la Shoah, il ne faut pas que le souvenir disparaisse.)
Il y a beaucoup de passages sur la guerre américano-japonaise et comme je n’ai jamais vu Pearl Harbor (oui je sais, c’est fou d’y avoir échappé), j’avais une connaissance assez limitée de la guerre dans le Pacifique, à part le point final par les bombes nucléaires.

Comme le premier tome, j’ai lu ce pavé à toute vitesse et avec un grand plaisir !
Il vaut mieux avoir lu le tome 1 avant de se lancer dans ce tome, même si Ken Follett fait de nombreux rappels de « qui est qui » et « qui a fait quoi ».

Lisez La Chute des géants, lisez L’Hiver du monde, et patientez sagement jusqu’en septembre pour la suite !

P.S.: Une partie de la fin de ce tome se déroule dans le Berlin d’après-guerre, où les troupes alliées ont pris le commandement. On y découvre la brutalité des soldats Russes et les « arrangements » que sont obligées de faire les Berlinoises. Sur ce sujet, j’avais lu un livre absolument génial (et affreux en même temps) : Une femme à Berlin : Journal 20 avril-22 juin 45, écrit par une Berlinoise restée anonyme, et publié chez Gallimard dans la collection Folio. Je n’ai pas de quoi en écrire une chronique (merci la mémoire-passoire), mais ce livre raconte sur un ton objectif et presque distant la vie d’une femme dans la capitale d’une nation dévastée et écrasées par les vainqueurs. C’est souvent dur, mais c’est une lecture que je n’oublierai pas.

La Voleuse de livres (livre et film)

Ce livre inaugure la catégorie « Du livre à l’écran ». Cette année je vais essayer de lire certains romans avant de voir leur adaptation à l’écran. Sont prévus pour l’instant : The Fault in our Stars et Incidences (L’amour est un crime parfait).

Pour La Voleuse de livre, je vais faire une seule chronique parce qu’à peine le livre fini je suis allée voir le film (je m’y suis prise un peu au dernier moment pour le lire). Mais dans l’absolu je préfère laisser un peu de temps s’écouler entre la lecture du roman et le visionnage du film pour « digérer » l’histoire.

Le livre : 

« Quand la mort vous raconte une histoire, vous l’écoutez. » Je ne sais plus où j’ai lu cette phrase mais elle est très bien trouvée. J’ai découvert dans ce livre que la Mort n’est pas dénuée d’humour ! Les premiers chapitres m’ont fait sourire. Ce qui était plutôt agréable parce que le reste de l’histoire n’est pas toujours rigolote.

Markus Zusak nous plonge dans l’Allemagne nazie. Dans la petite ville de Molching, on découvre par l’intermédiaire de Liesel (la voleuse de livre) la vie quotidienne de gens « normaux » pendant cette période. Il y a des nazis convaincus, mais dans l’ensemble les habitants de la rue Himmel sont assez indifférents à la politique. Ils ont leurs problèmes quotidiens : parer au manque de nourriture, ne pas se faire remarquer par les cadres nazis, attendre des nouvelles de leurs proches envoyés au front. Et quand Hans, le père nourricier de Liesel, cache un Juif dans son sous-sol c’est d’abord pour honorer une promesse faite quelques 20 ans plus tôt.

Mais avant de se plonger dans le quotidien de ces Allemands on est d’abord confronté à la volonté de Liesel de maîtriser les mots. Son rapport à la lecture m’a beaucoup marqué (dans la première partie du roman, parce qu’une fois qu’elle a appris à lire c’est plutôt son rapport aux livres (qu’elle vole, vous l’aurez compris) qui est mis en valeur). Son apprentissage de la lecture n’est ni facile ni immédiat. Il est lié à ses réveils nocturnes à cause de cauchemars. Aidée de son père elle va péniblement apprendre à lire. Jusqu’à un certain moment (je vais pas tout vous raconter, non plus !) la lecture est associée à des difficultés, ses cauchemars, des vexations, mais sur fond de resserrement des liens avec son « père ». Puis, Liesel s’approprie ce monde de mots, lit et relit les livres qu’elle a volés. Et à partir de là j’ai trouvé que les livres et la lecture prenaient une part moins importante dans l’histoire. Enfin non, pas vraiment moins importante, mais totalement différente. Les livres font partie d’une vengeance qui est en même temps une marque d’amour, ils apaisent pendant les raids aériens et la principale : ils sont la marque d’un lien très fort entre Liesel et le jeune Juif que sa famille cache.

Et maintenant le film !

J’ai écrit la chronique sur le livre avant de voir le film, je voulais être sûre que les deux versions ne se mélangeraient pas dans ma petite tête de moineau.

Avant de voir le film j’étais curieuse de voir comment certains aspects du romans seraient traités. Notamment la narration par la Mort, les cauchemars, les vols… solution toute trouvée : ne pas en parler.
On voit Liesel voler les livres, parce que bon c’est le titre du film fallait bien le montrer hein, mais on sent que c’est pas trop le propos (que d’ailleurs je n’ai pas vraiment cerné), la Mort (en voix off) dit une dizaine de phrases pas plus…

Heureusement, au milieu de cet élagage massif, la scène du bonhomme de neige dans la cave a survécu, j’aurais été très déçue si même ce petit moment de grâce avait disparu.

Je pense que pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre, le film se tient. Même s’il doit y avoir quelques petites choses qui sortent de nul part (oh ba tient d’un coup Liesel s’occupe de livrer du linge… pourquoi, comment… débrouillez-vous).
Mais en ayant lu le livre (juste avant qui plus est) c’est assez frustrant. Certaines subtilités, complexités sont aplanies et c’est dommage.
Je comprends bien la difficulté de faire tenir 600 pages en 2h de film, mais il y avait peut-être des choix différents à faire (mais je ne suis pas scénariste, je ne vais donc pas vous exposer ici ma version).

Pour résumer : foncez sur le livre, le film peut attendre !