Les Romanov

 

★★★★☆

Ce livre fait peur. 900 pages d’un ouvrage de non-fiction sur la famille des Roumanov. De leur arrivée au pouvoir au déclin à la fin des années 1910.

J’ai décidé d’aborder ce livre comme un roman. Au pire j’ai été un peu perdue, au mieux, j’arrivais à resituer les gens d’un chapitre à l’autre (sachant que les proches des tsars défilent vite, beaucoup se retrouvant en pleine Sibérie pour un oui ou pour un non, mieux vaut ne pas trop s’attacher à eux).

Je l’avoue : je n’ai pas TOUT lu. Au départ je m’étais dit « une partie, un autre livre, une partie, un roman… » oui sauf qu’en vrai quand tu tombes de fatigue après une longue journée de boulot un bon roman c’est quand même plus enthousiasmant que la vie d’une famille de gens à la limite de la folie (t’en connais beaucoup des pères qui décapitent leur fils « parce qu’on sait jamais » ?)
J’ai donc lu l’intro, la première partie « l’ascension » et une grande partie de la vie de Nicolas II (et là mon fichier, prêté par NetGalley, a expiré…)

MAIS, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu.
Toute la partie sur l’ascension est très intéressante. Imaginez : quand en France on avait Versailles, les dîners, le faste… en Russie la soirée la plus huppée consistait à boire jusqu’à tomber dans le coma, et un dîner n’était réussi que si les convives se battaient. (A noter que les fêtes ne sont pas mixtes, mais elles sont à peu près identiques des deux côtés, peut-être un peu moins violentes chez les femmes).
La société est extrêmement violente. Certains enchainements de tortures sont complètement hallucinants (on sait jamais, le type qu’on a empalé et dont on a brisé les os, on peut rajouter un écartèlement et une décapitation… juste pour être sûr qu’il a bien souffert) (enfin il est surtout mort avant en fait… la plupart du temps).
Pendant toute cette période, la Russie est complètement renfermée sur elle-même, aucun échange avec l’Europe occidentale ni avec l’Asie voisine.
Quand j’ai zappé la deuxième partie du livre je suis arrivée directement à une ère nettement plus ouverte, le Tsar ayant épousé une allemande. Mais j’ai été coupée dans mon élan, je n’ai aperçu que les prémisses de la révolution d’Octobre (notamment le fait que le Tsar n’a rien compris de ce qu’il se passait dans son pays… mais on s’en doutait).

J’ai découvert des choses intéressantes sur la Russie qui peuvent expliquer certains faits contemporains (et si j’avais tout lu je suis sûre que j’en aurais appris beaucoup plus !)

Je pourrais vous conseiller ce livre mais ça serait un peu facile de vous dire qu’il est accessible à tout le monde et se dévore comme un roman. J’ai passé 4 ans à la fac à étudier l’histoire et j’en ai lu des livres bien arides (et surtout pédants), donc je sais que celui-ci est agréable à lire et intelligemment écrit mais non, ce n’est pas un roman de plage.

Si vous avez lu un roman qui se passe en Russie (que ce soit au XVIe siècle ou au XIXe) ça m’intéresse beaucoup de pouvoir compléter cette lecture (très partielle) !