Mon amie Adèle ★★★★☆

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise…

Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au cœur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?
#findeDINGUE

Mon amie Adèle est un thriller psychologique bien mené, on n’en décroche pas !
Les personnages sont nuancés, tout le monde est suspect et on suspecte tout le monde de tout.

Malgré tout j’ai pendant assez longtemps eu l’impression de relire La Fille du train ou Avant d’aller dormir… dans le style psycho où on sent que quelque chose cloche, mais quoi ?

L’éditeur a fait sa communication autour de la #findeDINGUE du livre. Je pensais ça risqué… mais du coup ça m’a motivé dans la lecture (parce que sinon l’impression de déjà vu était trop forte). Mais clairement c’est une fin de dingue ! Rien qu’on aurait pu imaginer.
Je pense que cette fin risque de déplaire à un certain nombre de lecteurs. Je dois dire que j’ai été un peu déroutée et qu’il m’a fallu digérer l’info avant de statuer que j’adhérais.

Je vous laisse vous faire un avis sur la #findeDINGUE.

Sarah  Pinborough, Mon amie Adèle, Préludes Edtions, 448p.
Reçu en SP sur NetGalley

Révoltées ★★★☆☆

Révoltées est un bon roman historique jeunesse. Il aide à s’immerger dans la révolution d’octobre 1917 sans noyer le lecteur dans des détails trop politiques ou militaires (peut-être trop ?).

La révolution est la toile de fond de ce roman. On n’est pas au cœur de l’action puisque la narratrice est la jumelle qui reste à l’arrière. Les actions de Léna, la jumelle qui est sur les barricades nous sont donc racontées par la voix de Tatiana et sont du coup elliptique. Malgré tout cela permet de se faire une idée de l’ambiance révolutionnaire dans Moscou en 1917, des raisons de la révolution, et de ses différentes formes :  il n’y a pas que les barricades de Léna qui comptent, Tatiana met en avant l’art révolutionnaire.

Carole Trebor, Révoltées, Rageot, 256p.
reçu en SP grâce à NetGalley

La Malédiction de la zone de confort ★★★★☆

Prenez une actrice débutante, un écrivain maudit (avec barbe de trois jours obligatoire), la « première série française à l’américaine », une pincée de magazine people et soupoudrez le tout de poésie médiévale du XIIe siècle (si, si, c’est essentiel).

Vous obtiendrez un roman feel-good parfait pour cet automne (il a un petit arrière goût d’été).

Rose est normale. D’ailleurs elle en a même fait une vidéo sur YouTube (#jesuisRoseSimon), Benjamin est un écrivain à la recherche de ses émotions. Qui de mieux placé que le poète courtois Guillaume IX pour les réunir ?
(j’avais prévenu, poésie médiévale du XIIe siècle).

J’ai aimé d’emblée les personnages. Rose et ses tirades comme on aimerait en dire plus souvent, Benjamin (un PBGCC qui s’ignore c’est forcement attachant)… et même Guillaume ! (et pour tout vous dire Vlad m’a fait penser à un ami. Le mec que t’as envie de baffer mais qu’en même temps tu ne peux pas t’empêcher d’apprécier)
Par contre ne vous avisez pas de lire en diagonale, Marianne Levy écrit dense, vous loupez une phrase, vous loupez une info ! ou une référence, un jeu de mot… enfin quoiqu’il en soit ça serait dommage de rater le moindre mot de ce roman.

Une comédie romantique pleine de mordant à lire sous un plaid et avec un chocolat chaud à porté de main !
(ou sur une serviette de plage, mais le temps ne s’y prête pas tellement ces derniers jours)

Marianne Levy, La Malédiction de la zone de confort, Pygmalion, 400p.
Merci à Marianne et Pygmalion de m’avoir permis de découvrir ce livre !

 

Les Derniers Jours de l’émerveillement ★★★★★

Graham Moore, le scénariste de Imitation Game, nous fait découvrir dans ce roman l’histoire de la guerre des courants (continu et alternatif) qui orientera toutes les découvertes suivantes. Moore dresse un portrait extrêmement vivant des grands inventeurs de l’époque : Edisson, Tesla, Westinghouse… on croise même Graham Bell !

La première scène est violente : un homme grille, fond même, sur un fil électrique en pleine rue à New York. L’électricité à ses débuts était un vrai danger, inspirait la peur, était entourée d’une aura mystérieuse voir maléfique (vous vous souvenez dans Downton Abbey quand les gens ont peur de toucher un interrupteur… après cette scène on peut le comprendre).

Le reste du livre est beaucoup moins gore. Paul, un avocat débutant est choisi « par hasard » (on comprendra vite qu’il n’y a pas de hasard à ce niveau de stratégie entrepreneuriale) par George Westinghouse, grand concurrent de Thomas Edisson sur le marché de l’électricité. S’en suit une bataille juridique mais surtout une lutte de pouvoir et d’influence, le type de courant choisi va déterminé toute les évolutions technologiques des siècles à venir (.
On va de rebondissement en rebondissement, ça pourrait presque être un thriller. Tous les coups sont permis pour prendre le contrôle de l’électricité.

Qui aurait cru que les démêlés juridiques autour de l’ampoule électrique seraient aussi passionnants !

(Des annexes viennent démêler le vrai de la fiction, on en apprend encore plus, c’est très apréciable.)

Les Yeux de Sophie ★★★☆☆

J’avais gardé un bon souvenir d’Avant toi donc quand j’ai vu le nouveau roman de Jojo Moyes apparaître sur NetGalley j’ai foncé. En plus il s’agit d’un roman historique (en partie) et ayant comme fil rouge un tableau… le resumé était fait pour me plaire.

Et ce fut également le cas pour le livre ! L’histoire de Sophie est touchante : une femme malmenée en temps de guerre qui fait tout pour vivre selon ses principes mais se fait inévitablement rattraper par la réalité.

Je n’ai pas l’impression que l’occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale soit un sujet beaucoup traité (si vous avez des exemples de roman qui se déroule pendant cette période, j’attends vos suggestions avec intérêt !). Evidemment quand on nous parle de la Seconde Guerre mondiale on pense automatiquement à l’occupation, mais quand on nous parle de la Grande Guerre les images qui nous viennent à l’esprit sont plutôt les tranchées, le no man’s land et les gueules cassées… J’étais donc assez contente de découvrir les conditions de vie des français occupés en fond de l’histoire de Sophie.

La partie contemporaine du livre, où l’on suit Liv qui va se battre pour conserver Les Yeux de Sophie, est moins riche en information, à part l’augmentation des demandes de restitution (et la cupidité d’une partie des demandeurs). Et comme souvent je ne la considère que comme un moyen d’avancer dans l’histoire « passée »

Jojo Moyes nous propose à nouveau un roman agréable à lire avec une histoire touchante et qui a le merite de mettre en avant un sujet peu abordé (à ma connaissance)

Les Yeux de Sophie, A paraitre le 20 octobre chez Milady

Le Piano oriental ★★★★☆

Je lis peu de romans graphiques et encore moins de BD, mais Le Piano oriental était tellement beau que je n’ai pas pu résister.

Zeina Abirached y explore la vie entre deux cultures, l’orient et l’occident, à travers l’histoire de son arrière grand père et la sienne.

Abdallah rêve de créer le piano oriental. Tous les jours il travaille sur son piano classique pour trouver la solution pour obtenir les quarts de tons nécessaires sans toutefois dénaturer le piano. Et quand il y parviendra, tout ce que la musique libanaise et moyen orientale compte de génie vient essayer son piano.
Les pages sont blanches.

Zeina nous raconte son déchirement entre le français et l’arabe. Langues qu’elle mélange, qu’elle oublie, qu’elle alterne. Sa vie entre le Liban et la France, quand elle « rentre » au Liban, jusqu’au jour où elle « rentre » en France.
Les pages sont noires.

Les illustrations sont magnifiques. En noir et blanc, très graphiques.
Les pages sont noires et blanches comme les touches d’un piano.

Zeina Abiracheb, Le Piano Oriental, Casterman, 208p.

L’Accusé du Ross-Shire ★★★★☆

Voila comment j’ai commencé à parler de ce livre à une amie : « bon, je peux te dire le truc et ce qu’il se passe parce qu’il est pas si terrible ce livre… Donc on est en Ecosse au XIXe siècle dans un tout petit village où Roderick a tué 3 personnes, super violemment. Ah ouais mais non en fait je te dis rien de plus parce que c’est un peu ouf comme livre quand même. »

Vous l’aurez compris, je suis tiraillée. Parce que d’un côté j’ai passé les 100 premières pages de ce livre à m’ennuyer, mais que, une fois fini, ce livre est fou. Graeme Macrae Burnet nous propose trois documents pour analyser l’affaire du triple meurtre du Ross-Shire. On commence par un témoignage direct de Roderick : on découvre la vie dans le petit village écossais, on apprend à connaître Roddick, qui est un petit nerveux, puis les brimades faites à sa famille par le constable (le délégué du propriétaire terrien)… jusqu’aux meurtres, là ça commence à devenir plus intéressant. Puis le récit de Roderick prend fin (il est arrêté) et on enchaine sur un extrait du rapport d’un médecin « psychatrique » qui a pu rencontrer/examiner l’accusé. En plus d’un éclairage supplémentaire sur le cas et la psychologie de Roddy, on découvre l’avancement de l’anthropologie criminelle à l’époque (il ne fait pas bon être pauvre, petit ou d’avoir des grandes oreilles à cette époque…). Et enfin Macrae Burnet nous présente les minutes du procès, encore un éclairage supplémentaire sur l’affaire par le biais des témoignages.

J’ai commencé à prendre pour argent comptant ce que Roderick nous disait, forcement, c’est la seule source d’information pendant les 180 premières pages, puis peu à peu avec les deux autres documents certains points de l’affaire s’éclairent. Et finalement je me suis mise à apprécier ma lecture.

J’ai reçu ce livre dans le cadre d’une rencontre Babelio. Et l’auteur est très sympa. Un écossais rigolard, qui ne se prend pas au sérieux. Il nous a parlé de ce roman, mais également du précédent, The Disappearance of Adèle Bedeau (qui sera publié chez Sonatines l’année prochaine, et j’ai vraiment hâte !).
Son conseil aux jeunes écrivains ? Ne suivez aucun conseil. Ecrivez pour vous, de toute façon ce que vous avez à dire ne peut être dit que par vous.
Il a également mis en valeur le travail de sa traductrice (qui faisait la traduction pendant la rencontre) en soulignant que les traducteurs sont nos yeux vers la littérature étrangère. « Je ne connais pas vraiment Sartre, Camus, Soltjenitsine, je connais ce que leurs traducteurs m’on transcrit »

Il y a encore une chose que j’hésite à vous dire à propos de ce livre… mais je le garde pour moi pour l’instant, je préfère que vous le découvriez par vous-même !

Graeme Macrae Burnet, L’Accusé du Ross-Shire, Sonatines, 331p.
Reçu dans le cadre d’une rencontre Babelio.

The Evolution of Calpurnia Tate ★★★★★


J’ai acheté ce livre juste parce que j’aimais bien la couverture (à la fin d’une journée à parcourir Chicago à pieds je n’étais plus en état de lire un résumé).
Et ça a été une merveilleuse surprise !

Calpurnia Tate est une petite fille au tournant du XIXe siècle. Elle grandit dans le sud des Etats-Unis à une époque où les petites filles n’ont d’autre avenir que d’être épouse. Calpurnia, elle, aime observer la nature. Elle se pose beaucoup de questions. Et c’est grâce à son grand père, admirateur de Darwin, que la petite fille va découvrir les sciences.
Pendant la première partie du roman, Calpurnia, avec son grand-père comme guide, s’initie aux sciences, principalement la biologie du vivant. Mais peu à peu son destin de « femme » la rattrape, sa mère insiste pour qu’elle tricote, qu’elle apprenne à cuisiner… Calpurnia est un peu déboussolée, elle prend conscience que la parenthèse enchantée avec son grand-père est surement finie…

Le récit est truffé d’anecdotes amusantes (Calpurnia doit gérer ses frères, tous amoureux de sa meilleure amie Lula) et attendrissantes (la complicité entre Calpurnia et son grand-père).

Calpurnia est un très beau roman jeunesse, un roman d’initiation sur le passage de l’enfance à l’âge adulte et ce que cela peut signifier de devenir une femme, à mettre entre les mains des jeunes et des moins jeunes !

Jacqueline Kelly, Calpurnia, Ecole des loisirs, 495p.
(édition américaine chez Square Fish)

Juliette ★★★☆☆

Julie reçoit pour héritage une mystérieuse clé et l’adresse d’une banque à Sienne. A partir de là elle va dérouler le fil qui la relie à la Juliette originel, celle à l’origine de la pièce de Shakespeare.
Anne Fortier ne propose pas vraiment une réécriture de Roméo et Juliette mais une plongée à la source de l’histoire, avec quelques parallèles dans le monde contemporain. On découvre Sienne en 1340, ses traditions et les rivalités entre les grandes familles, et Sienne de nos jours… avec ses traditions et les rivalités entre les grandes familles !

J’ai bien aimé cette lecture (qui fut rapide, merci les retards d’avion !). Mais elle était loin d’être palpitante comme l’annonce Kate Mosse (qui a écrit l’excellent Labyrinthes, du coup je lui faisait confiance !) sur la couv.

Une bonne lecture pour se remettre de la rentrée en douceur !

Anne Fortier, Juliette, Editions Charleston, 574p
Reçu en service de presse

Player One ★★★★★

Des mois que ce livre traine dans ma PAL, prêté par mon père qui m’en chante régulièrement les louanges. Et puis fin juillet j’ai vu la bande annonce pour le film de Spielberg qui m’a tout de suite rappelé ce livre (normal il en est tiré…). Et hop le livre est sorti de la PAL. Et a été englouti en 2 jours. (j’avais des choses à faire samedi, mais non, j’ai lu. Et combattu une araignée mais c’est une autre histoire.)

Je ne suis pas familière de l’univers des jeux vidéo (mon expérience se limite à Tétris sur Game Boy. La grise. Et Mario Kart 2 à 3 fois par an chez des amis. Je suis toujours la dernière). ni des années 1980 (née en 86, je suis plutôt une enfant des nineties). Et pourtant je me suis immédiatement immergé dans ce livre !

Il se déroule en 2044. Dans un monde post-crise énergétique (donc pas totalement post-apocalyptique, mais on en est pas loin), la majorité de la population échappe à la réalité en faisant vivre leur avatar dans l’OASIS (et je les comprends, c’est plus cool que leur monde réél). Mais le fondateur de l’OASIS décède et laisse un testament en forme de chasse au trésor. Le gagnant remporte sa fortune et la direction de la société à l’origine de l’OASIS.

Les personnages sont attachants et en nuances, le monde virtuel est complexe et bien décrit, et même si on (enfin « je ») ne comprend pas toutes les références aux eigthies, l’ensemble reste compréhensible et totalement addictif ! Je tournais les pages à un rythme effréné pour connaître la suite (alors qu’en fait on connait la fin dès l’intro).

Que vous ayez une affinité ou non avec l’univers des jeux vidéo ou des 80s (mais si vous avez une toute petite fibre Geek, comme moi) je vous recommande très très chaudement la lecture de ce roman !
J’ai vraiment hâte de voir ce que Spielberg a pu en faire en film !

Ernest Cline, Player One, Editions Pocket, 624p.