La Reine de Budapest ★★★☆☆

Une enquête menée par Houdini ? oui pourquoi pas… Un roman qui se déroule à Budapest au début du XXe siècle ? OUI !

J’aime beaucoup Budapest, et j’étais super contente de retrouver des endroits que je connais (même si la ville a énormément changé évidemment). Buda et Pest viennent d’être unifié, Pest connait une forte croissance et Buda conserve sont statut aristocratique.
Mais j’ai aussi trouvé interessant l’époque où se déroule cette enquête (tu auras compris que c’était un peu secondaire pour moi) : au début du siècle les juifs ont obtenu une égalité des droits avec les magyars. Ils sont enfin citoyens hongrois. Sauf qu’évidemment ça ne plait pas à tout le monde. En parallèle d’une certaine joie de la famille d’Houdini (qui est le fils d’un rabbin) à être enfin des citoyens à part entière on sent un relent d’anti-sémitisme assez présent (qui ressortira dans les années 1920)

Plus précisément à propos de ce livre : il s’agit du troisième tome d’une série et je n’avais pas lu les précédents. Aucun problème. Pour un fois on ne nous parle pas à tout bout de champs des enquêtes précédentes (enfin un peu mais c’est léger).
L’enquête est sympa. C’est une idée originale de mettre un magicien dans la peau d’un enquêteur (ça me paraissait plus naturel avec Oscar Wilde alors que finalement il n’y a pas plus de raison)

Donc pour résumer : une lecture sympathique mais sans plus. Enfin « le plus » était apporté par le fait qu’on était à Budapest et que ça m’a fait plaisir (il est probable que si vous n’y êtes jamais allé ça ne vous fasse pas du tout cet effet).
Je ne suis pas sûre de lire les autres opus de la série.

Vivianne Perret, La Reine de Budapest, Le Masque, 288p.
Reçu en service de presse via NetGalley

Autorité ★★★★☆

Mardi je vous parlais du premier tome de la Trilogie du Rempart Sud, et voila déjà la chronique du tome 2 ! (Lus tous les deux il y a quelques semaines, mais je préfèrais regrouper.)

Si tu n’as pas lu le tome 1, va donc voir la chronique précédente, et ne continue pas, je risque de spoiler un peu !

Cette fois-ci ce n’est plus un roman d’exploration que nous propose Jeff Vandermeer mais un roman d’espionnage (du coup je me demande à quoi va ressembler le troisième tome !).
Control vient d’être nommé à la tête du Rempart Sud, l’organisation gouvernementale qui surveille la Zone X. Il prend peu à peu ses fonctions, découvre ses collègues (un peu bizarres) et essaye de comprendre ce qu’il se trame exactement ici et ce qu’est la Zone X (un peu comme nous, pauvre lecteur). Pour celà il va fouiner dans les archives de la précédente directrice mais surtout… il va pouvoir interroger la biologiste ! Et oui elle est revenue de la Zone X (comme son mari était revenu de la onzième expédition).

Ce deuxième tome répond à une partie des questions que je me posais à la fin du tome précédent… sauf qu’il en fait naître deux fois plus ! C’est sans fin… enfin si, peut-être que le tome 3 répondra vraiment à nos questions ! (spoiler : il paraît que non).

Jeff Vandermeer, Autorité, Au diable Vauvert, 392p.
Reçu dans le cadre d’une Masse critique de Babelio.

Eleanor Oliphant va très bien ★★★★★

Eleanor Oliphant se satisfait de sa vie solitaire. Du lundi au vendredi elle va travailler comme comptable et du vendredi soir au dimanche, elle alterne vodka et vin. Jusqu’au jour où elle croise Johnny Lomond. Elle a maintenant un nouveau but : rencontrer la rock star, qui tombera immédiatement sous son charme, puis couler des jours heureux avec lui.

En chemin Eleanor s’ouvre à la vie « normale ». Elle se fait même un ami, Raymond, informaticien un peu ado sur les bords.

Ce roman est drôle. Eleanor a une vision totalement distanciée des rites sociaux que nous considérons comme normaux.  Mais peu à peu elle va y prendre part et même y trouver du plaisir.
Mais ce roman est aussi tragique. Pendant l’avancée du roman on comprend que quelque chose cloche dans l’enfance d’Eleaonor telle qu’elle nous la présente. Et cet évènement, ou plutôt le mystère qui l’entoure, va peu à peu devenir le point central de l’intrigue. jusqu’à la révélation finale (ce n’est pas vraiment un twist, mais ça donne un éclairage nouveau sur le comportement d’Eleanor).

Vivement la suite ! Eleanor et Raymond sont vraiment attachants. Et j’ai adoré les remarques et le comportement complètement décalés d’Eleanor.

Gail Honeyman, Eleonor Oliphant va très bien, Editions Fleuve, 430p.
Reçu dans le cadre d’une Masse critique Babelio.

Les Vestiges du jour ★★★★☆

 

Mr Stevens, majordome d’une grande maison, profite d’un voyage à travers la campagne anglaise pour nous confier ses pensées sur l’évolution de son métier, et des anecdotes du temps de la splendeur de sa maison.
Tout en retenu, le majordome nous livre sa vision de la dignité professionnelle et d’un monde en pleine évolution. Lui, qui a connu l’Angleterre d’avant-guerre, sera-t-il capable de s’adapter à son nouvel employeur, un américain (nationalité de la modernité) ?

J’ai profité de l’obtention du prix Nobel par Kazuo Ishiguro pour sortir enfin de ma wishlist ce livre qu’une de mes amies me pousse à lire depuis environ 10 ans…
Le style est fluide et aussi maîtrisé que les émotions de Mr Stevens. Une retenue toute anglaise, qui décrit en creux la réalité. Je n’arrive toujours pas à déterminer si Stevens est un monstre de snobisme ou un homme empêtré dans sa propre gène… surement un peu des deux.
Le roman fait état des changements de l’entre-deux-guerre, Lord Darlington représentant de cette aristocratie qui pratiquait l’ingérence diplomatique aussi bien que l’équitation. Sauf que le lord tant révéré par Stevens s’est légèrement trompé de camp.
Stevens regrette aussi la disparition du personnel de maison, et de la légèreté avec laquelle les nouveaux traitent la charge.

Les Vestiges du jour est un très beau roman, nostalgique et mélancolique, sur les occasions ratées et la place de chacun dans un monde en pleine évolution.

Kazuo Ishiguro, Les Vestiges du jour, Folio, 339p.

Tout (n’)est (pas du tout) sous contrôle ★★★★★

Vous vous souvenez de ma déception en lisant le premier tome de la série des Stéphanie Plum ?
Et bien je l’ai trouvé mon roman policier déjanté et bourré d’humour !

Olympe est photographe culinaire mais à la suite d’un plongeon dans la Seine elle perd son emploi. Heureusement son meilleur ami lui propose (après qu’elle l’ai un peu supplié) un job dans son agence de détectives privés. Et comme Olympe a une légère tendance à faire l’inverse de ce qu’on lui demande (volontairement ou pas), elle se retrouve dans des situations rocambolesques au point d’être en danger de mort !

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Olympe. Je me vois tout à fait être copine avec une nana comme ça. Une calamité ambulante mais très attachante. La grand-mère est géniale aussi, l’ex-mari et la nouvelle femme sont inénarrables… Sophie Henrionnet a su créer une galerie de personnages loufoques et attachants.

Si l’auteur pouvait reprendre le modèle de Janet Evanovitch, je suis tout à fait prête à lire les 27 prochains tomes des aventures d’Olympe McQueen !

Sophie Henrionnet, Tout (n’)est (pas du tout) sous contrôle, Editions Charleston, 395p.
Reçu en service de presse.

La Styliste ★★★★☆

De la chick-lit, comme on l’a connu avec Bridget Jones, Le Diable s’habille en Prada, L’accro au shopping… et ça faisait une éternité que je n’en avais pas lu !

J’ai lu La Styliste en me disant « je suis malade, j’ai besoin d’un truc sympa et pas prise de tête », et c’était tout à fait ça !
Amber Greene travaille dans une boutique de mode hyper hype un peu par hasard quand LA styliste des stars l’embarque comme assistante pendant la saison des prix. S’en suit des qui pro quo, un petit triangle amoureux (léger et bancal, mais il est là). On croise des star hystériques, un cochon nain, des diamants, des robes splendides… On ne s’ennuie pas une seconde grâce à un rythme de péripéties soutenu (qui fait le charme du genre).

Une lecture très sympa qui m’a rappelé comme j’avais aimé Bridget Jones et Le Diable s’habille en Prada à l’époque et qu’en fait ça me manquait !

Les Mémoires d’un chat ★★★★★

C’est ma grand-mère qui m’a offert ce livre pour mon anniversaire. Et ce chat à l’air malicieux sur la couverture était de bon augure !

Ce roman est bourré d’émotions mais entièrement enrobées d’une pudeur toute japonaise.
Satoru entreprend un voyage pour confier son chat à des amis à cause d’un changement soudain dans sa vie. Il va à la rencontre de ses amis qui ont chacun marqués une époque de sa vie, ils échangent des souvenirs grâce auxquels on en apprend beaucoup sur le Japon contemporain, mélange de tradition et de modernité, et se quittent, Satoru repartant toujours avec son chat.
Le récit alterne les points de vu : de Satoru, de ses amis et du chat, ce dernier étant un fin observateur de la nature humaine.

Attention, vous ne refermerez pas ce livre sans avoir la larme à l’œil (ok, en vrai j’ai eu du mal à finir, je n’arrivais pas à lire entre mes larmes)

Mais malgré la nécessité d’un bon paquet de mouchoirs à porté de main pour les dernières pages, on ressort de ce livre étrangement apaisé et plein d’optimisme (et avec l’envie d’avoir un chat aussi malin…)

Hiro Arikawa, Les Mémoire d’un chat, Acte Sud, 336p.

Les Hautes Lumières ★★★★

Les Hautes Lumières parle de la lutte d’une femme pour avoir un enfant.
La première partie relate la lente descente aux enfers que Nina vit pendant ses tentatives de FIV : sautes d’humeur, prise de poids, stress face à l’échec… peu à peu elle s’éloigne de son mari et d’elle-même.
Puis vient l’adoption. Nina devient la mère d’Abdelkrim au Maroc. Mais comment le ramener en France ?

J’avais un doute quant à ma capacité à me projeter dans ce roman (je ne suis pas mère et je n’ai pas le projet de le devenir prochainement). Et pourtant j’ai suivi le combat de Nina avec un réel intérêt. La souffrance de cette femme et la quantité d’amour qu’elle a donner sont forcement touchantes. Elle devient instantanément la « mère » d’Abdelkrim, comme une évidence, c’est SON enfant. Et elle est prête à tout pour lui.

La plume de Xavier des Moulins est juste. Pas de pathos, pas de mièvrerie. Une vision fine et réaliste (tant que je puisse en juger) de la psychologie d’un couple qui se dissout, d’une femme qui se perd dans son désir d’enfant puis se noie dans son bonheur d’être enfin mère.

Bref, une très belle surprise même si le thème est plutôt sensible. Je lirais d’autres ouvrages de Xavier des Moulins, son style et la complexité de ses personnages m’a beaucoup plu !

Xavier des Moulins, Les Hautes Lumières, JC Lattès, 378p.
Envoyé par les Editions JC Lattès que je remercie !

 

Une Américaine à Monaco ★★★☆☆

Avant de lire ce livre je ne connaissais pas vraiment Grace Kelly (à part les classiques actrice/princesse/accident). Après avoir lu ce livre mon regard a complètement changé sur la princesse de Monaco !

J’ai toujours imaginé Grace Kelly comme une femme froide, éthérée, un peu oie blanche… quel ne fut pas mon étonnement d’apprendre que la jeune Grace a fait des ravages dans les cœurs du tout Hollywood : acteurs, producteurs, prince !
En nous relatant les années Hollywoodiennes de Kelly, Sophie Adriansen déroule tout un pan de l’histoire du cinéma américain. On croise Gable, Sinatra, Gardner, Hitchcock… c’est très intéressant et surtout ça donne envie de (re)voir tout un tas de films !

Et puis on passe directement à Monaco (alors là j’ai pas compris, qu’on commence par le mariage surmédiatisé je comprends… mais on enchaine sur la relation de Grace avec les monégasques, concrètement j’ai cru qu’on arriverait jamais à la rencontre avec Rainier !)
On comprends que si Grace aimait son prince, le changement radical de vie (de la liberté aux Etats-Unis à la vie ultra-protocolaire sur le rocher) a été très dur pour elle. Ses enfants étaient une source de bonheur et d’oxygène indispensable à son équilibre.

Le truc qui m’a le plus amusé c’est sa passion pour les collages de fleurs pressées… c’est tellement kitch et désuet ! Du coup je suis allé voir sur internet, et c’est assez fou comme truc (mais ça reste complètement kitch), je vous conseille la recherche !

Je vous encourage à lire ce livre, il est court, il se lit comme un roman et on apprend beaucoup de chose sur cette actrice de légende.

Et pour fêter l’anniversaire de Grace Kelly, vous pouvez gagnez un exemplaire de ce livre sur mon compte twitter (concours ouvert jusqu’au 12 novembre) !

Sophie Adriansen, Une américaine à Monaco, Editions Charleston, 304p.
Reçu en SP 

Un été près du lac ★★★☆☆

Un été près du lac me fait fortement penser à du Kate Morton. J’ai trouvé une certaines ressemblance entre les livres de l’auteur australienne et celui-ci.
(Je sais que l’éditeur parle de Daphné du Maurier… mais pour tout vous dire, j’ai lu Du Maurier quand j’étais au lycée, et à part que j’ai adoré je n’en ai pas de souvenir précis)

Entendez : un secret de famille, deux récits en parallèle (époque contemporaine et passé), une certaine lenteur dans le récit et un dénouement en demi-teinte.

Justine apprend la mort de sa grand-tante Lucy et qu’elle en hérite une maison au bord d’un lac. Elle en profite pour mettre de la distance entre son compagnon et elle.
Lucy, à la veille de sa mort, raconte dans un journal le dernier été passé dans la maison au bord du lac.

La lenteur du récit contribue à l’ambiance : un huis clos près du lac, encerclé par la forêt, dans une atmosphère un peu glauque, des enfants qui sont à l’aube de leur adolescence… ou pour Justine, son engluement dans une vie qu’elle n’a pas décidé.
Puis soudain on a toutes les clés et tout s’accélère (dans les deux époques).

Comme quand je lis un Kate Morton, je ne suis pas emballée à 100% mais je sais que j’y retournerai !

Heather Young, Un été près du lac, Belfond, 384p.
Reçu via NetGalley