La Vengeance des mères

★★★☆☆

De quoi ça parle ?

Mille femmes blanches s’était fini sur l’attaque du village cheyenne par l’armée américaine, La Vengeance des mères reprend au même point.
Les carnets des protagonistes (deux survivantes du premier groupe de femmes et une nouvelle) sont apportés au fils du journaliste qui avait trouvé les carnets de May Dodd dans le précédent opus.
A travers sa lecture des carnets, on suit à nouveau la vie du groupe et comment les femmes blanches du second groupe vont s’intégrer à leur nouveau peuple.

Pourquoi il faut que tu le lises :

Je suis pas vraiment sûre que tu dois le lire en fait.
J’ai bien aimé, mais il n’arrive pas à la cheville de Mille Femmes Blanches.

Tu vois quand le second volet d’un film à succès sort, mais que la production n’a pas réussi à réunir le casting d’origine ? Ils copient-collent la même histoire, mettent les acteurs de seconds rôles en haut de l’affiche et rajoutent un peu de casting pour que ça soit pas trop vide ?
C’est exactement ce à quoi m’a fait penser ce livre.

C’est pas mauvais, c’est juste trop pareil, trop comparable alors que c’est beaucoup moins bien. Les personnages sont moins forts que dans le premier tome, on a déjà vécu la partie intégration dans la tribu cheyenne, les méchants sont les mêmes, le tout fini par une bataille…
La parution des 2 livres est séparée par environ 16 ans… je n’ose pas imaginer la déception que je ressentirai si j’avais dû attendre 16 ans pour… ça.

Donc, si tu n’as pas lu Mille femmes blanches, commence par lui. Et si jamais ta route croise La Vengeance des mères, pourquoi pas, mais c’est pas indispensable.
Jim Fergus, La Vengeance des mères, Pocket, 390p.

La Sœur à la perle

★★★★☆

Le tome 4 des Sept sœurs est enfin arrivé !

De quoi ça parle ?

Dans ce tome c’est CeCe que l’on suit. La sœur « bruyante » du duo Star-Cece. Et c’est en Australie que Lucinda Riley nous amène, entre le bush et la ville d’Adélaïde avec ses chasseurs de perles. Lire la suite

La Part des flammes

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Le 4 mai 1897 un incendie s’empare du Bazar de la Charité. Le Tout-Paris aristocratique et grand bourgeois s’y trouve, surtout des femmes. C’est le destin de trois de ces femmes que nous allons suivre : Sophie d’Alençon, entièrement dévouée aux bonnes œuvres, Violaine de Raezal, jeune veuve au passé mystérieux et Constance d’Estingel, jeune femme appelée par la foi.

Pourquoi il faut que tu le lises

Gaelle de Nohant met parfaitement en scène la haute société de l’époque, avec ses trois héroïnes elle explore plusieurs aspects de la condition féminine au XIXe siècle. Sophie d’Alençon se noie dans les bonnes œuvres, elle cherche à échapper à sa condition, ou du moins à compenser quelque chose (c’est ce que je n’ai pas pu empêcher de me dire au début). Violaine perd l’appui de son mari, ses beaux-enfants deviennent une menace contre sa situation et l’on ressent toute la fragilité de la femme non mariée dans ce milieu. Et enfin les conséquences que l’incendie auront pour Constance (et que je n’ai pas envie de te dévoiler maintenant !).

J’avais entendu beaucoup de bien de la plume de Gaelle de Nohant et je dois dire que je n’ai pas été déçue. C’est fluide et bien construit.

Donc si tu cherches un roman historique sur un évènement peu connu et ses conséquences (imagine l’émoi dans la bonne société, et tous les problèmes connexes : des jeunes filles à marier défigurées, des femmes respectées pour leur beauté qui perdent tout du jour au lendemain, des familles détruites…), dont les personnages principaux sont des femmes, pas toutes des super combattantes mais qui essayent de tenir leur rang à leur façon, je te conseille La Part des flammes, c’est un des meilleurs romans historiques que j’ai lu depuis un petit moment !

Loin de Berkley Hall ★★★★☆

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Si tu me suis depuis quelques temps tu dois te dire « mais… elle vieilli, sa mémoire flanche, elle l’a déjà lu celui-là ! (et tu as raison, je l’ai déjà lu en numérique) (par contre ma mémoire va toujours bien, merci.)

C’est donc en format papier que j’ai eu le plaisir de relire le roman de Coralie Khong-Pascaud. Contrairement à mon affirmation plus haut, ma mémoire ne me permet pas de vous dire quels changements ont été apportés depuis la version numérique lue il y a plus d’un an et demi…

Par contre je peux vous dire qu’ayant lu son deuxième roman entre temps j’ai pu apprécier le style de Coralie. Dans J’arrête quand je veux, l’auteure a une écriture moderne, ici elle respecte parfaitement l’époque, les personnages ont un langage adapté à leur condition, éducation, époque. Et pour avoir tiqué dans certains romans historiques que j’ai lu récemment je peux vous certifier que c’est agréable !

L’histoire nous permet de plonger dans une douce nostalgie toute downton-abbeyienne : début du XXe siècle, Angleterre, Lady Catherine et sa femme de chambre Lydia ont envie de changement. Chacune va aider l’autre sur cette voix.
Le roman est assez court et on aimerait en savoir plus sur chacun des personnages… un peu comme on en avait eu l’habitude avec la série de la BBC !

Même en relecture, l’histoire a su m’entrainer jusqu’à la fin (ce qui n’était pas gagné parce qu’en général s’il n’y a pas un peu de « suspens » je suis pas tellement motivée)

Donc pour la deuxième fois, je vous recommande le roman de Coralie !

Coralie Khong-Pascaud, Loin de Berkley Hall, City Editions, 220p
Reçu en service de presse

Origine ★★★★☆

J’ai bien aimé passer la nuit avec le professeur Langdon (même si moi ça m’a pris 3 jours). Avec Robert, on court partout, on croise toujours une secte mal intentionnée et on frôle un des secrets de l’univers. Avec Bob (on a passé la nuit ensemble, je peux bien l’appeler Bob), on ne sauve pas le monde, non, juste l’humanité.

Cette fois-ci le professeur Langdon se retrouve à Bilbao pour la conférence un brin mystérieuse de son ami Edmond Kirsh, futurologue milliardaire de son état. Mais voila, Eddie est tué en plein conférence ! Qui a voulu le réduire au silence ? Et surtout qu’allait-il annoncer, qui faisait trembler les représentants de toutes les religions ?

Je me suis rendue compte en regardant la liste des ouvrages déjà parus de Dan Brown que je les avais tous lu. Depuis le Da Vinci Code on peut considérer que je suis une fan. Je trouve que le suspens est toujours au rendez-vous, qu’on apprend plein de choses (sur les symboles, sur l’Histoire, la science, les religions…). Dan Brown maîtrise le rythme de son récit. Dans cet opus on se balade dans le Guggenheim comme si on y était, et dans d’autres lieux tout aussi intéressants, mais je ne vous dirais pas tout !

Le seul hic, et c’est toujours le même avec Dan Brown, ce sont les 20 dernières pages. Ca y est, Bobby est en sureté, l’humanité et la belle nana qui l’accompagne aussi (quoique soyons honnêtes, le perso féminin qui l’accompagne n’est pas complètement une quiche)… et c’est à ce moment là que je perds tout intérêt. Je me souviens que pour Anges et Démons je n’ai tout simplement pas lu les derniers chapitres…

Mais ça ne m’empêchera pas de lire les prochains ! C’est toujours la même recette, on change quelques ingrédients… et sur moi ça prend à chaque fois !

Dan Brown, Origine, Editions JC Lattès, 576 pages.
Reçu en SP de la part de JC Lattès.

Révoltées ★★★☆☆

Révoltées est un bon roman historique jeunesse. Il aide à s’immerger dans la révolution d’octobre 1917 sans noyer le lecteur dans des détails trop politiques ou militaires (peut-être trop ?).

La révolution est la toile de fond de ce roman. On n’est pas au cœur de l’action puisque la narratrice est la jumelle qui reste à l’arrière. Les actions de Léna, la jumelle qui est sur les barricades nous sont donc racontées par la voix de Tatiana et sont du coup elliptique. Malgré tout cela permet de se faire une idée de l’ambiance révolutionnaire dans Moscou en 1917, des raisons de la révolution, et de ses différentes formes :  il n’y a pas que les barricades de Léna qui comptent, Tatiana met en avant l’art révolutionnaire.

Carole Trebor, Révoltées, Rageot, 256p.
reçu en SP grâce à NetGalley

Les Derniers Jours de l’émerveillement ★★★★★

Graham Moore, le scénariste de Imitation Game, nous fait découvrir dans ce roman l’histoire de la guerre des courants (continu et alternatif) qui orientera toutes les découvertes suivantes. Moore dresse un portrait extrêmement vivant des grands inventeurs de l’époque : Edisson, Tesla, Westinghouse… on croise même Graham Bell !

La première scène est violente : un homme grille, fond même, sur un fil électrique en pleine rue à New York. L’électricité à ses débuts était un vrai danger, inspirait la peur, était entourée d’une aura mystérieuse voir maléfique (vous vous souvenez dans Downton Abbey quand les gens ont peur de toucher un interrupteur… après cette scène on peut le comprendre).

Le reste du livre est beaucoup moins gore. Paul, un avocat débutant est choisi « par hasard » (on comprendra vite qu’il n’y a pas de hasard à ce niveau de stratégie entrepreneuriale) par George Westinghouse, grand concurrent de Thomas Edisson sur le marché de l’électricité. S’en suit une bataille juridique mais surtout une lutte de pouvoir et d’influence, le type de courant choisi va déterminé toute les évolutions technologiques des siècles à venir (.
On va de rebondissement en rebondissement, ça pourrait presque être un thriller. Tous les coups sont permis pour prendre le contrôle de l’électricité.

Qui aurait cru que les démêlés juridiques autour de l’ampoule électrique seraient aussi passionnants !

(Des annexes viennent démêler le vrai de la fiction, on en apprend encore plus, c’est très apréciable.)

Les Yeux de Sophie ★★★☆☆

J’avais gardé un bon souvenir d’Avant toi donc quand j’ai vu le nouveau roman de Jojo Moyes apparaître sur NetGalley j’ai foncé. En plus il s’agit d’un roman historique (en partie) et ayant comme fil rouge un tableau… le resumé était fait pour me plaire.

Et ce fut également le cas pour le livre ! L’histoire de Sophie est touchante : une femme malmenée en temps de guerre qui fait tout pour vivre selon ses principes mais se fait inévitablement rattraper par la réalité.

Je n’ai pas l’impression que l’occupation allemande pendant la Première Guerre mondiale soit un sujet beaucoup traité (si vous avez des exemples de roman qui se déroule pendant cette période, j’attends vos suggestions avec intérêt !). Evidemment quand on nous parle de la Seconde Guerre mondiale on pense automatiquement à l’occupation, mais quand on nous parle de la Grande Guerre les images qui nous viennent à l’esprit sont plutôt les tranchées, le no man’s land et les gueules cassées… J’étais donc assez contente de découvrir les conditions de vie des français occupés en fond de l’histoire de Sophie.

La partie contemporaine du livre, où l’on suit Liv qui va se battre pour conserver Les Yeux de Sophie, est moins riche en information, à part l’augmentation des demandes de restitution (et la cupidité d’une partie des demandeurs). Et comme souvent je ne la considère que comme un moyen d’avancer dans l’histoire « passée »

Jojo Moyes nous propose à nouveau un roman agréable à lire avec une histoire touchante et qui a le merite de mettre en avant un sujet peu abordé (à ma connaissance)

Les Yeux de Sophie, A paraitre le 20 octobre chez Milady

HHhH ★★★★☆

IMG_0445_2Je suis une grande amatrice de romans historiques et pour une fois celui-ci m’a surpris. Pas sur le fond, mais sur la forme.

Laurent Binet raconte l’histoire de l’opération Anthropoïde : en mai 1942 à Prague, un Tchèque et un Slovaque ont pour mission d’éliminer Reynard Heydritch (un des instigateurs de la solution finale).
Dans le déroulé, rien de plus classique : les personnalités des protagonistes, leur parcours, les stratégies mises en places…

Le « mais » est dans la forme.
Tout en narrant l’opération Anthropoide, Laurent Binet expose également ses recherches, ses doutes, son rapport à cet épisode de l’Histoire.
Et c’est ce qui a le plus attiré mon attention (je vous avoue qu’en fait l’opération Anthropoïde ne m’a pas passionnée. Evidemment je trouve ça intéressant, je n’en avais jamais entendu parler avant, mais l’Histoire de la Moravie au XIIe siècle (entre autre) c’est pas ce qui me passionne le plus). Certains passages m’ont fait penser à Emmanuel Carrère (les doutes, la vie privée…), d’autres sont intéressants du point de vue de la méthode de l’écrivain de fiction face au fait historique. Qu’a t’il le droit d’écrire ? Ce personnage, qui a réellement existé, a t’il dit ça ? aurait-il vraiment fumé une cigarette à ce moment précis ? bref tout ce que les auteurs de romans historique et/ou d’essais (dans une moindre mesure) nous cache.

L’écriture est parfaite. Le Prix Goncourt du premier roman est amplement mérité (si tant est que j’ai mon mot à dire à ce propos !). Je pense que je lirai La Septième fonction du langage dont je n’ai entendu que du bien !

Laurent Binet, HhHH, Le Livre de Poche, 448p

 

La Chute des géants

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J’ai décidé de me lancer dans ce gros pavé (qui est suivi d’un second tome tout aussi impressionnant) en toute connaissance de cause : j’avais dévoré Les Piliers de la Terre il y a quelques années, je savais donc que 1000 pages écrites par Follett se lisaient sans effort.

Ce roman est une fresque historique dense et foisonnante. On y suit 5 familles de 4 pays différents, qui chacune nous éclaire sur le point de vue de leur pays et de leur classe sociale pendant la Première Guerre mondiale (un peu avant et un peu après, histoire de planter le décors).
(Il y a au début de ce livre une liste de personnages qui fait 6 pages, ça m’a un peu impressionnée au départ, mais pendant ma lecture je n’en ai pas eu besoin une seule fois, les personnages sont assez forts pour qu’on ne les mélange pas.)
On fait d’abord la connaissance des Williams, famille de mineurs gallois, ce sont eux qui nous ferons rentrer dans le quotidien de la classe ouvrière britannique en ce début de XXe siècle.
Les Williams travaillent dans les mines qui se trouvent sur les terres du comte Fitzherbert, aristocrate conservateur qui a épousé une princesse russe (assez antipathique, mais qui représente à merveille les pires côtés de la noblesse).
L’Allemagne est représentée (cette formule me fait penser à l’Eurovision) par la famille Von Ulrich, tous diplomates, basés à Londres au début du roman. Là c’est plus simple (ou presque) une seule famille regroupe les deux points de vues possibles : Otto, le père est un conservateur très proche du kaiser et Walter, son fils, représente une nouvelle génération d’Allemands, plus ouverte sur le monde.
On poursuit notre route en Russie, où les frères Pechkov, tous deux ouvriers dans une fonderie vont pour l’un partir aux Etats-Unis et l’autre prendre une part importante aux événements de son pays.
Gus Dewar permet d’introduire les États-Unis. C’est un personnage plus discret que les autres mais néanmoins essentiel.
Cette liste de personnages donne à croire qu’il n’y a que les hommes qui mènent l’histoire, mais les femmes y prennent une part importante, notamment concernant la lutte pour l’évolution des droits des femmes au Royaume-Uni. Mais ces femmes sont assez difficiles à décrire sans que je ne sois obligée de vous en dire trop sur l’histoire. (Les deux principales sont pourtant les personnages que j’ai préférés)

Chacun des personnages nous fait entrer dans son quotidien. Nous n’accédons pas seulement à leurs avis politiques, mais aussi à leurs relations familiales, leur travail, leur maison… Ce roman donne chair au mornes frises chronologiques que l’on trouve dans les manuels d’Histoire (même si ces dernières années les programmes scolaires ont fait des progrès sur le côté humain de l’Histoire).

Evidemment on découvre au fur et à mesure que les passés et les « avenirs » (selon le déroulement de l’histoire, enfin, vous voyez ce que je veux dire) de chacun de ces personnages sont liés d’une manière ou d’une autre [amour (et il y en a, beaucoup, passionné !), haine, calcul politique…].
On retient surtout que la Première Guerre mondiale a commencé à cause de vexations accumulées (l’assassinat de l’archiduc n’est que la partie émergée de l’iceberg… et l’on se rend bien compte de toutes les finesses et/ou bourdes diplomatiques qui mènent au déclenchement de la guerre) et qu’elle s’est prolongée, éternisée, pour de l’orgueil mal placé de la part de chacun des belligérants (là encore c’est grâce à nos personnages biens placés dans les sphères politiques et diplomatiques de leur pays que l’ont suit l’évolution et les réflexions de chaque puissance).
Mais on n’évolue pas uniquement dans les salons feutrés et les couloirs des ambassades, Follett donne un aperçu (quoique finalement un peu succinct, proportionnellement à la longueur du récit) de la vie des soldats dans les tranchées et pendant les combats.

Un seul bémol, mais je pense que c’est lié au fait que Follet soit britannique (et moi française) : l’absence quasi totale des Français. C’est assez étonnant de lire 1000 pages sur une guerre qui s’est déroulée sur notre territoire mais n’avoir que quelques pages sur l’armée française (moquée pour ses uniformes bleus et rouges assez peu efficaces pour se fondre derrière un buisson… ça, on ne peut pas le nier) et l’intervention d’un général pour motiver les officiers anglais qui visiblement n’étaient pas très motivés ni coopératifs au début de la guerre…
Mais bon, finalement on a tellement ingurgité d’Histoire de France pendant notre scolarité, avoir le point de vue des autres pays européens n’est pas inutile.

Ce roman fleuve permet de lier la grande et la petite histoire. Malgré l’épaisseur impressionnante de ce livre, il n’y a pas eu un moment où j’ai survolé le texte en espérant que la suite serait mieux, je n’ai pas eu envie de l’abandonner. Je l’ai dévoré (pas d’une traite, vous sauriez que je mens… je travaille, j’ai des amis et je dors… et il faut un peu de temps pour lire un tel livre !), et je suis prête à faire de même pour le tome 2 !

Si vous aimez les romans historiques, si vous voulez aborder la Première Guerre mondiale et la révolution russe sous un angle différent et moins aride qu’un livre universitaire (ils ne le sont pas tous), ce livre est pour vous !