La Maison des Turner ★★★☆☆

Deuxième livre de la rentrée littéraire que je lis. Il sort aujourd’hui même en librairie !

Je suis un peu perdue pour parler de ce livre.

Le prologue, faisant apparaître un fantôme dans la chambre de l’aîné, laissait entendre un livre dans le style du Prince des Marées. Une enfance empreinte de merveilleux qui cache une pauvreté, un dysfonctionnement, voir un secret familial lié à ce fantôme (qui laisse quand même une marque de strangulation sur le cou du gamin).

Mais en fait on lit l’histoire de la famille Turner au moment où les treize enfants doivent décider de vendre ou non la maison familiale. L’histoire d’une famille noire américaine à Détroit. Une famille pauvre.
On suit plus particulièrement le premier enfant Cha-cha et la treizième, Lelah.
Cha-Cha commence à voire une psy après un accident. Celà va soulever beaucoup de questions et remettre ses certitudes en cause.
Lelah, vient de se faire expulser de son appartement et son addiction au jeu refait surface.

C’est un roman sur les liens complexes dans une fratrie. Ceux qui sont partis, ceux qui sont restés, les pièces rapportés, les problèmes de chacun.
J’ai particulièrement aimé le principe de réunion en conseil pour prendre les décisions (on est que 3 frères et soeurs, mais je pense qu’on va pouvoir instaurer ce principe quand même !)

Donc une lecture en demi-teinte, principalement parce que ce livre n’était pas totalement ce à quoi je m’attendais. Mais pris en tant que plongée dans une famille très nombreuse de Détroit face à la crise, c’est un bon roman sur les liens familiaux.

Angela Flournoy, La Maison des Turner, Les Escales, 352p.
Lu en SP grâce à NetGalley et Les Escales.

La Servante écarlate ★★★★★

IMG_0458_2 On a énormément parlé de La Servante écarlate ces derniers temps. La première fois que je l’ai vu c’est sur Our Share Shelf, puis chez Books and quills… et enfin la vague a atteint la France.

La plupart des avis que j’ai lus/vus parlait de la dimension féministe de ce livre. Moi, c’est le glissement presque imperceptible mais néanmoins très rapide vers cette situation de totalitarisme qui m’a vraiment marqué. L’enchainement des événements semble plus que plausible dans notre monde actuel. Ce qui est glaçant.

La situation est celle-là : dans la république de Gilead, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, les Martha et les Servantes écarlates. Les Servantes ont pour unique fonction la reproduction.
Defred intercale des événements de sa vie actuelle et de sa vie d’avant, nous apportant une partie des réponses concernant la vie à Gilead. Mais surtout, en tout cas c’est ce que je retiens du livre, elle nous éclaire sur la facilité avec laquelle ce nouvel ordre s’est installé. Je vous laisse découvrir, mais c’est sidérant. Et tellement réaliste.

Je ne voudrais pas en dire trop, mais que ce soit pour le côté féministe ou politique (installation d’un ordre nouveau), je vous conseille la lecture de ce roman d’anticipation (c’est fou de penser qu’il a été écrit en 1985). Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est incroyablement contemporain.

Margaret Atwood, La Servante écarlate, Robert Laffont, 544p