La Maison des Turner ★★★☆☆

Deuxième livre de la rentrée littéraire que je lis. Il sort aujourd’hui même en librairie !

Je suis un peu perdue pour parler de ce livre.

Le prologue, faisant apparaître un fantôme dans la chambre de l’aîné, laissait entendre un livre dans le style du Prince des Marées. Une enfance empreinte de merveilleux qui cache une pauvreté, un dysfonctionnement, voir un secret familial lié à ce fantôme (qui laisse quand même une marque de strangulation sur le cou du gamin).

Mais en fait on lit l’histoire de la famille Turner au moment où les treize enfants doivent décider de vendre ou non la maison familiale. L’histoire d’une famille noire américaine à Détroit. Une famille pauvre.
On suit plus particulièrement le premier enfant Cha-cha et la treizième, Lelah.
Cha-Cha commence à voire une psy après un accident. Celà va soulever beaucoup de questions et remettre ses certitudes en cause.
Lelah, vient de se faire expulser de son appartement et son addiction au jeu refait surface.

C’est un roman sur les liens complexes dans une fratrie. Ceux qui sont partis, ceux qui sont restés, les pièces rapportés, les problèmes de chacun.
J’ai particulièrement aimé le principe de réunion en conseil pour prendre les décisions (on est que 3 frères et soeurs, mais je pense qu’on va pouvoir instaurer ce principe quand même !)

Donc une lecture en demi-teinte, principalement parce que ce livre n’était pas totalement ce à quoi je m’attendais. Mais pris en tant que plongée dans une famille très nombreuse de Détroit face à la crise, c’est un bon roman sur les liens familiaux.

Angela Flournoy, La Maison des Turner, Les Escales, 352p.
Lu en SP grâce à NetGalley et Les Escales.

Une histoire trop française ★★★☆☆

Et c’est parti pour la rentrée littéraire 2017 sur le blog !
Il n’y aura que 4 livres (pour l’instant) et étalés jusqu’à début octobre.

Une histoire trop française est sorti hier en librairies.

Si je l’ai lu rapidement, je dois dire qu’il m’a laissé un peu sur ma faim. Et peut-être rappelé pourquoi je lis si peu de roman français.

Sur fond de scandale sanitaire, Fabrice Pliskin décrit avec force de cynisme et d’ironie les bassesses et les faiblesses humaines. Louis, l’écrivain raté est morne, Jodelle le patron n’est que cynisme déguisé en humanisme. Jodelle embarque ses salariés dans une escroquerie énorme tout en s’en dédouanant avec l’idée qu’il offre un salaire à leurs familles. Louis méprise tous ses collègues et surtout lui-même.

On ressort de ce livre en ayant ingéré une bonne dose de cynisme. C’est vraiment comme ça partout ? Et oui, certainement…
C’est l’image que j’ai d’une certaine catégorie de romans français contemporains : on se triture le nombril, on est cynique, on soupoudre d’allusions sexuelles… on déprime pour coller au sport national.
Je ne dis pas que toute la littérature doit être émerveillement, joie et cœur avec les doigts, mais le cynisme devrait avoir un côté jubilatoire que ce livre n’a pas.

Fabrice Pliskin, Une histoire trop française, Fayard, 420p
Lu grâce à NetGalley