Les Vestiges du jour ★★★★☆

 

Mr Stevens, majordome d’une grande maison, profite d’un voyage à travers la campagne anglaise pour nous confier ses pensées sur l’évolution de son métier, et des anecdotes du temps de la splendeur de sa maison.
Tout en retenu, le majordome nous livre sa vision de la dignité professionnelle et d’un monde en pleine évolution. Lui, qui a connu l’Angleterre d’avant-guerre, sera-t-il capable de s’adapter à son nouvel employeur, un américain (nationalité de la modernité) ?

J’ai profité de l’obtention du prix Nobel par Kazuo Ishiguro pour sortir enfin de ma wishlist ce livre qu’une de mes amies me pousse à lire depuis environ 10 ans…
Le style est fluide et aussi maîtrisé que les émotions de Mr Stevens. Une retenue toute anglaise, qui décrit en creux la réalité. Je n’arrive toujours pas à déterminer si Stevens est un monstre de snobisme ou un homme empêtré dans sa propre gène… surement un peu des deux.
Le roman fait état des changements de l’entre-deux-guerre, Lord Darlington représentant de cette aristocratie qui pratiquait l’ingérence diplomatique aussi bien que l’équitation. Sauf que le lord tant révéré par Stevens s’est légèrement trompé de camp.
Stevens regrette aussi la disparition du personnel de maison, et de la légèreté avec laquelle les nouveaux traitent la charge.

Les Vestiges du jour est un très beau roman, nostalgique et mélancolique, sur les occasions ratées et la place de chacun dans un monde en pleine évolution.

Kazuo Ishiguro, Les Vestiges du jour, Folio, 339p.

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

modiano

Je n’avais jamais lu de Modiano avant celui-là, que ma grand-mère m’a prêté.

J’ai beaucoup aimé ! Je suis contente de m’être enfin lancée dans la lecture d’un Modiano (mon père me poursuit depuis environ 10 ans avec Un pedigree. Sans succès).

Après un simple coup de fil, le personnage principal replonge dans son passé. Le moindre nom, lieu est évocateur d’un passé oublié qui refait surface au fur et à mesure du récit.

Après le battage médiatique qui a suivi la remise du prix Nobel j’avais bien compris que le thème de l’œuvre de Modiano était la mémoire, l’oubli, la recherche du passé. Dans ce livre il n’est pas trop question de l’Occupation (qui semble être centrale dans son œuvre) mais plutôt des années 1950. Mais de loin.

J’ai trouvé ce livre doux. C’est peut-être un qualificatif peu approprié mais c’est l’effet qu’il m’a fait. Entre la mélancolie du passé, la réapparition des souvenirs petit bout par petit bout…

En tout cas il est certain maintenant que je lirai d’autres livres de Modiano !