Shibumi ★★★☆☆

 

Je ne vais pas vous le cacher : j’ai été un peu déçu par Shibumi.

Ce roman d’espionnage avait tout pour me plaire sur le papier mais en fin de compte j’ai eu beaucoup de mal à me plonger réellement dedans.

Trevanian nous raconte l’histoire de Nicholaï Hel. Il est mêlé, malgré lui, à un complot international que la CIA essaye de déjouer (sans succès, et l’auteur décrit de façon drôle et incisive l’incapacité de la CIA à mener la moindre opération).

On peut séparer le livre en deux parties (qui s’entremêlent un peu) : celle qui raconte l’avancé de la CIA dans sa recherche de Nicholaï Hel, et celle qui parle de la vie de Nicholaï.
J’ai très nettement préféré la partie sur la vie de Nicholaï. Un parcours extraordinaire : fils d’une aristocrate mondaine, son éducation et les aléas de l’Histoire font qu’il parle plusieurs langues, se retrouve dans une école de go au Japon, puis perdu dans ce même pays après la Seconde Guerre Mondiale sans nationalité… Le seul but de Nicholai est le Shibumi, un état d’harmonie parfaite, très difficile à atteindre.

Outre une critique acide de la CIA, on trouve aussi plein de remarques sur les Français (une partie de l’histoire se déroule dans le Sud Ouest)… qui sont plutôt drôles. Et notamment le personnage de Le Cagot, basque rustre au grand coeur.

Bref, malgré quelques chapitres qui m’ont vraiment tenus en haleine, par moment j’avançais juste parce que bon je suis dans le métro, j’ai rien d’autre à faire…

Un bilan en demi-teinte donc… je ne pourrais pas vous le recommander « chaleureusement » mais je ne vais pas vous dire non plus de passer votre chemin…

Trevanian, Shibumi, Gallmeister, 514p.

Yeruldelgger ★★★★☆

Après 450 pages à voir son nom, je suis encore incapable d’écrire Yeruldelgger correctement du premier coup…

Ce roman est le premier que j’ai reçu avec ma box ebook (je vous explique plus en détail ce que c’est jeudi !). Je ne l’ai donc pas choisi, mais en lisant le résumé je savais déjà que j’allais aimer.

Une enquête policière dans la Mongolie contemporaine, avec un inspecteur qu’on sent un peu dark, 3 cadavres de Chinois… et au final une enquête pleine de ramifications qui permettent de découvrir en partie la culture mongole, un peu de leur histoire, l’état d’une société de nomades malmenée par le pouvoir soviétique et qui subit maintenant l’influence (ingérence ?) économique de la Chine et de la Corée du Sud.

Le contexte n’est pas banal et surtout très dépaysant. Le polar permet de mettre en avant les choses qui ne vont pas dans une société (les luttes de pouvoir, les laisser pour compte, les nouveaux riches…) et c’est un biais interessant pour en apprendre plus sur un pays.
Il y a par exemple un lien avec les milieux nazi mongols et tout un développement sur le fait que ce n’est pas « leur histoire » comme ce qui a pu se passer en Mongolie après la Seconde Guerre Mondiale n’est pas la notre… effectivement très peu parmi nous connaissent l’histoire de la Mongolie (à part Genghis Khan… à peu près) et il est clairement démontré que le groupe nazi dans ce livre ne connait pas vraiment Hitler et son histoire… Cette partie sur l’appropriation de l’histoire et des frontières de celle-ci, m’a beaucoup intéressé, mais si ça vous laisse indifférent sachez que c’est un détail dans ce roman !

Bref, une belle découverte, que je n’aurais jamais faite hors du contexte de la box, parce que soyons honnête, je n’arrive toujours pas à écrire (ou de prononcer dans ma tête) Yeruldelgger correctement et la couv est loin d’être attirante, donc je serais passé à côté en librairie.

Ian Manook, Yerruldelgger, Albin Michel, 648p.

Bleu blanc sang [Tome 1, Bleu]

★★★★☆

A force de voir toute la bookosphère parler de ce roman j’ai craqué (et je l’ai demandé sur NetGalley… autant profiter des outils à ma portée !)

Commençons par ça : j’ai aimé.
(je ne m’y attendais pas en fait).
Je pensais qu’un thriller en Young Adult serait un peu « léger ». Mais non. Les personnages sont peut-être un peu moins complexes que dans un thriller adulte (enfin un bon thriller…) mais ils sont quand même fouillés. Et réalistes.

L’histoire à un petit côté Da Vinci Code. Je pense que c’est à cause des tableaux que j’ai cette impression parce qu’en fin de compte il n’y a pas tout le côté analyse des symboles si chère à Robert Langdon.
Les ramifications politiques sont aussi bien décrites et la force du pouvoir dans des familles qui ont déjà tout. (bon il y a peut-être une tout petit fond de « tous les puissants sont des pourris »…)

J’ai donc lu le tome 1 très rapidement (300 petites pages) et je pense qu’un jour ou l’autre je lirais la suite. J’ai envie de savoir ce qu’il se passe sans que ça soit une envie irrépressible.