L’Amie prodigieuse

★☆☆☆☆

Je crois que je suis passée totalement à côté de ce livre.
Comparé à l’enthousiasme général, mon avis est à contre courant (mais je ne suis pas la seule).

Alors oui la vie c’est pas tout rose, la littérature peut demander un certain investissement intellectuel pour être appréciée… mais là non, c’est sans moi.
J’ai aimé le style d’écriture et l’ambiance. Naples après-guerre. Une violence physique et sociale omniprésente, la pauvreté, la volonté de s’en sortir. Et en même temps l’étroitesse d’esprit, on ne sort pas de son quartier, on se sort d’ailleurs presque pas de son immeuble.
Mais je n’ai pas aimé les personnages. Impossible de s’immerger dans une histoire quand on ne ressent rien pour les personnages (en bien ou en mal, d’ailleurs, tout n’est pas qu’amour et licornes sur des arc-en-ciel dans ce bas monde).
Je ne comprends pas en quoi c’est une histoire « d’amitié », cette relation, pour moi, est malsaine, les deux fillettes ne se « tirent pas mutuellement vers le haut », elles sont en compétition, toutes leurs décisions sont motivées par le fait de pouvoir regarder l’autre de haut.
Et on me dit « mais si l’intrigue »… quelle intrigue ? C’est le récit d’une vie, pas un thriller, les personnages avancent lentement dans un univers clos. Certes c’est un univers violent mais sa deuxième caractéristique c’est l’inertie.

Très concrètement aux alentours de la page 100 je ne lisais plus que pour comprendre ce que les gens avaient vu dans ce livre pour que ça devienne un tel phénomène (et je ne suis pas sure d’avoir compris).
J’ai ré-accroché à l’histoire à partir de la page 417. (ce livre en fait 429).

Du coup, ce « ré-accrochage » pose une question : maintenant que les 2 fillettes sont adolescentes et qu’elles prennent un peu de relief (et pour Elena du recul sur son environnement), est-ce que je ne devrais pas lire le tome 2 ?