Royal

Bonne année 2019 à tous !
J’espère qu’elle sera pleine de bonheur et de lecture !

J’ai voulu commencer l’année par un roman québécois. J’en avais acheté 2 au salon du livre de Montréal et c’est Royal qui m’a tenté (le fait qu’il soit d’une taille raisonnable a joué, je ne le cache pas, mon rythme de lecture s’étant largement ralenti ces derniers mois)

★★★★

De quoi ça parle ?

Le monde merveilleux des études de droits à l’Université de Montréal. Enfin plutôt la course au stage, la pression, une plongée dans la jeunesse dorée…
Je crois pas que mon résumé lui rende justice, clairement, donc je mets la 4e de couv (qui est aussi les premières phrases du livre) :
La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de la mêlée en étant gentil. Être gentil, c’est être herbivore, c’est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t’es venu ici pour être le roi de la montagne, et le début des cours, c’est le début du carnage.

Pourquoi il faut que tu le lises :

Déjà parce que c’est une expérience de lecture : la narration est à la seconde personne du singulier. Une forme que tu n’as pas tellement l’habitude de croiser… ça demande un petit temps d’adaptation mais au final je pense que c’est ça qui a fait que j’ai autant accroché.
Ça et le fait que c’est rythmé, mordant. J-P Baril Guérard va droit au but, sa plume est acérée et limite violente.

On suit un étudiant (avec le tu, t’as presque l’impression d’être cet étudiant) à son entrée au bacc de droit (la licence en France). Sa famille est aisée, il a fait une des meilleures écoles avant… bref il a toujours été un gagnant et ça a toujours été facile pour lui.
Mais Droit c’est différent.

Un gros coup de cœur.
Attaquer l’année sur ça, c’est de bon augure !
Jean-Philippe Baril Guérard, Royal, Editions de ta mère, 287 pages

Gabrielle [Le Goût du Bonheur, tome 1]

De quoi ça parle ?

La vie d’une famille québécoise pendant la crise des années 30, les bouleversements socio-économiques qu’elle entraine. Gabrielle, jeune femme dans la vingtaine, épouse comblée et mère heureuse, est au centre de ce roman.

Pourquoi il faut que tu le lises 

C’est une grande fresque familiale qui permet de découvrir plusieurs aspects de la vie au Quebec dans les années 1930. Et moi j’aime ça les romans historiques qui n’en ont pas l’air.

Marie Laberge manie ses personnages à la perfection pour créer un univers représentatif de la population de Québec (et un peu Montréal, mais l’action se déroule principalement à Québec).

Une bonne part des personnages étant féminins on suit particulièrement l’évolution de la condition féminine à cette époque. Les épouses à qui on ne demande pas leur avis, les petites filles qui se retrouvent à charge de famille quand leur mère décède, la chasse au mari,… bref tous les aspects de la vie d’une femme, qu’elle soit de condition aisée ou plus modeste.
On voit poindre le mouvement des suffragettes et même des questionnements sur la contraception.
Ce sont des thèmes que j’apprécie particulièrement de pouvoir découvrir (non parce que je t’ai déjà un peu parlé des cours d’Histoire à la fac… c’est pas leur préoccupation principale)

Autre aspect intéressant, on s’aperçoit à quel point Dieu est omniprésent dans la société. Toutes les décisions sont prises en fonctions de ce que le confesseur dira ou d’une éventuelle place au paradis… C’est un trait caractéristique du Québec, où le recul de l’emprise de la religion sur le quotidien n’a eu lieu que beaucoup plus tard qu’en France (je dirais les années 1970, pendant la Révolution Tranquille) (bon je dis pas non plus qu’après la loi de 1905 en France, la religion a perdu tout emprise du jour au lendemain, mais le recul a commencé plus tôt).

J’ai beau avoir beaucoup d’admiration pour Gabrielle qui est une femme moderne à sa manière et mène d’une main de maitre le destin de sa famille, j’ai quand même quelques réserves. Elle est moderne certes, mais dans les limites de ce que son éducation bourgeoise lui permet d’admettre. Elle ignore complètement les réalités de la vie des femmes qui ne sont pas de sa classe. Elle s’imagine par exemple que comme elle, toutes les femmes ont un rapport d’égalité avec leur mari et peuvent parler avec lui de tout. De même son hypocrisie totale concernant l’utilisation de la contraception m’a un peu fait crisser des dents. Ah et sa naïveté alors que tous les hommes de ce livre sont complètement hypnotisés par elle… c’est un peu énervant à la longue (ou suis-je jalouse ?)

Enfin quoiqu’il en soit, ce livre est un gros coup de cœur, j’ai beaucoup aimé découvrir la société québécoise du début du siècle, et les 2 prochains tomes vont me faire encore avancer dans le temps et me permettre de découvrir les fondements de la société québécoise sans en passer par un aride essais d’histoire !

Marie Laberge, Gabrielle, Le Gout du bonheur, tome 1, Edition du Boreal, 605p.

Les héros ça s’trompe jamais – Saison 2

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Vous pouvez retrouver ma chronique sur la saison 1 ici !

Et surtout : attention spoiler !

Je me suis plongée dans la deuxième saison des Héros ça s’trompe jamais après Joseph Anton et La Voleuse de livres, car j’avais envie de légèreté.

J’ai retrouvé avec plaisir le clan Grondin et ses amis. J’avais déjà dévoré la saison 1, la saison 2 n’a pas fait long feu non plus !

Je dois avouer que ma mémoire de poisson rouge a été un peu déroutée au début, je mélangeais les personnages de la saison précédente (surtout féminin, je ne sais pas pourquoi) mais au bout de quelques pages tout est rentré dans l’ordre, je savais à nouveau qui était qui et avait fait quoi.

On retrouve le clan Grondin au complet, et même un peu plus puisque apparaît Étienne, le cousin. Il vient remuer un peu le clan qui après le départ de Sylvain en cure de désintox, s’est retrouvé dans une situation apaisée.
J’ai trouvé qu’il y avait plus de suspens sur qui allait finir avec qui dans cette saison que dans la précédente. Ce qui n’était pour me déplaire. Parfois on est content d’avancer vers le connu, mais la plupart du temps un peu de surprise c’est sympa.

Je vous avais dit que la saison dernière les personnages avaient pour moi un petit accent québécois charmant… il a disparu dans cette saison. Je ne saurais vous dire pourquoi, ça m’a un peu manqué, et en même temps j’en suis la seule responsable !

L’épilogue annonce le retour d’un des personnages… vivement la saison 3 !

Les héros, ça s’trompe jamais (saison 1)

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Je me suis plongé dans Les héros, ça s’trompe jamais… pour ne plus relever la tête avant la fin ! (Heureusement j’avais mon ordinateur à portée de main pour acheter la saison complète une fois l’épisode 1 terminé !)

Je ne saurais dire si c’est la saga de la famille Grondin ou l’histoire de Bernise et Sophie (deux charmantes jeunes femmes avec qui j’irais bien boire un verre pour papoter !) en tout cas tout ce beau monde fini par se rencontrer et certains s’entendent très très bien.

Une romance rythmée et bien ficelée. Comme souvent avec ce genre de livre on sait d’avance qui va finir avec qui, mais si j’avais voulu du suspens j’aurais lu un roman policier ! Quoique suspens n’est peut-être pas le bon mot… Les héros, ça s’trompe jamais ne manque pas de suspens et de rebondissements !

Le petit détail qui fait la différence : la touche d’exotisme introduite par les tournures et expressions québécoises (je sais que cet « exotisme » est relatif. Il sera inexistant pour un lecteur montréalais… mais il se trouve que je suis française. Et j’y peux pas grand chose). J’ai beaucoup d’affection pour le Québec. J’ai séjourné à Montréal une dizaine de jours il y a quelques années et je garde un souvenir très positif des canadiens rencontrés… le retour à Paris fut rude. Adieu gentillesse, politesse, sourires et petit accent adorable… Allé, j’arrête de raconter ma vie et je reprends le fil… Je disais donc (j’arrive à m’auto-couper la parole, c’est dingue !), j’aime le Québec. J’ai donc adoré retrouver des expressions typiques (le simple fait que l’on parle de « dépanneur » m’a mise en joie pour la journée). Et, j’avoue, pour moi les personnages parlaient avec l’accent. (ça se passe dans ma tête, je fais ce que je veux.) Et heureusement l’accent canadien sonne beaucoup plus réaliste dans ma tête que quand j’essaye de le reproduire à haute voix.

Je vous recommande Les héros, ça s’trompe jamais, vous passerez un excellent moment avec des personnages attachants et heureusement vous n’aurez pas à attendre la Saison 2, elle est déjà sortie ! (youpi !)