Le Diner

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Deuxième lecture d’un auteur néerlandais. J’en suis pas encore à élaborer des théories sur le style néerlandais mais j’ai, comme pour En Mer, adoré le style d’écriture.

Deux couples dinent ensemble, l’ambiance est un peu tendue (les deux frères n’ont pas les meilleurs relations qui soient) mais derrière cette façade se cachent des tensions encore plus fortes. Au fur et à mesure de l’avancée du diner, les révélations que fait le narrateur sur le passé et les relations de sa famille se font de plus en plus intimes et dérangeantes.

Paul le narrateur a un oeil très critique sur la société qui l’entoure, et surtout sur cet environnement bourgeois qui correspond plus à l’habitat naturel de son frère (futur premier ministre des Pays-Bas). Peu à peu en nous dévoilant des anecdotes de son passé on comprend que son mal-être est beaucoup plus violent qu’une rivalité avec son frère.

La révélation progressive d’éléments du passé (qui restent tous subjectifs, puisque relatés par Paul) mettent en porte-à-faux les déductions du lecteur qui doit remettre perpétuellement en perspective les événements précédents.
On pense s’être fait un « avis » sur une situation mais quelques mots de Paul et tout est remis en cause.

Un roman psychologique, dérangeant par quelques aspects, et dont on ressort un peu ébranlé dans ses convictions, que ferions-nous dans cette situation ?

En mer

en mer

 

Ca devait arriver, j’inaugure une catégorie « roman néerlandais » !

C’est donc le premier roman néerlandais que je lis et, même s’il est un peu tôt pour en faire une généralité, je sens que je vais aimer la littérature batave (comme dirait l’autre).

Le narrateur finit son voyage de 3 mois en mer par 48 heures avec sa fille de 7 ans Maria. Mais une tempête pointe à l’horizon.

J’ai été happée par ce petit roman. On s’attend à la disparition de Maria (au début j’étais outrée par la 4e de couverture, mais j’en suis revenue) (et je vous fais le même coup donc vous pouvez me détester. Une minute seulement.)
Mais le choc ne vient pas de là. C’est une des rares fois où j’ai pleuré d’émotion en lisant une page. (notez que j’ai pleuré « d’émotion », pas de tristesse ou de joie, mais de choc).

Outre ce côté émotionnel un peu violent (enfin pas « violent violent », mais je vous assure je suis encore un peu sous le choc), une grande partie du roman est consacrée à la relation père-fille. Autant les relations mères-filles sont largement exploitées dans beaucoup de romans (et je n’ai rien contre !) tout comme les relations pères-fils dans une moindre mesure. Mais père-fille(tte) rarement. Et Toine Heijmans décrit cette relation tout en douceur, l’amour, les doutes, les craintes… Enfin je pense, puisque je ne serai moi-même jamais père (j’ai quand même plus de chance de devenir mère…)

Un roman bref, juste du début à la fin, et qui ne quitte pas votre esprit la dernière page tournée.