Miss Peregrine et les enfants particuliers

★★★★☆

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

Comment passer à travers le phénomène de ces dernières semaines ?

A l’heure qu’il est je n’ai toujours pas vu le film et je ne suis pas sûre de vouloir le voir. Et vous allez comprendre pourquoi après ces quelques lignes.

Tout d’abord Bayard a fait un très beau travail sur l’objet. Les ouvertures de chapitre sont illustrées avec un très beau motif, les photo qui viennent ponctuer le récit sont très bien mises en valeur (je n’ai pas vu la version originale, je ne doute pas qu’elle doit être assez semblable mais il arrive fréquemment que l’éditeur français au lieu de reprendre une belle mise en page, saccage le tout sous prétexte que « ce n’est pas l’habitude en France »).

Je suis un peu plus perplexe quant à l’histoire elle-même. Enfin pas à l’histoire mais au contenu de ce premier tome. J’ai clairement eu l’impression de lire une très longue introduction.
Certes dans le cadre d’une trilogie c’est un peu normal mais je ne crois pas avoir déjà ressenti aussi fortement ce sentiment.
Mais en même temps ce que j’ai lu m’a enthousiasmé. L’univers des enfants particuliers est intriguant. Pour ce qui est de l’esthétique, je pense que le matraquage de la bande annonce du film de Burton a largement pris le pas sur l’idée que je pouvais me faire des décors. (Par contre j’ai bien fait la différence entre la Miss Peregrine du livre et Eva Green. Pas de rapprochement possible).
On reste sur un principe simple : un jeune garçon (une jeune fille) se retrouve catapulté dans un monde qui est le notre mais avec un petit « plus » et se trouve en être le sauveur. C’est un peu au roman jeunesse ce que le triangle amoureux (vous savez celui- avec le « bon copain qui en fait est le mec parfait ») était à la chick-litt il y a quelques temps encore. Je trouve ça « facile » mais j’en redemande toujours.

Donc voila, comme je ne vois pas comment on peut faire un film de ce premier tome, je vais d’abord lire les 2 autres avant de (peut-être) jeter un oeil à la version de Burton !

Avant d’aller dormir

avantdaller

Après avoir vu la bande annonce au ciné, je me suis dit que j’avais le temps de lire le roman avant d’aller voir le film. Ca me donne l’occasion de faire une double chronique, ça faisait longtemps !

Le livre

Ce thriller est haletant. Pas haletant dans le genre fusillade et courses poursuites. Haletant parce toute l’histoire se met en place lentement, mais un « lentement » qui permet de cerner la situation.
Christine se réveille tous les matins sans le moindre souvenir de sa vie d’adulte, parfois elle se réveille enfant, parfois jeune femme… mais se réveiller auprès de cet inconnu dans cette maison qu’elle ne reconnaît pas est chaque jour une épreuve. Petit à petit elle recolle les pièces du puzzle et y découvre des incohérences.
On suit la mise en place progressive de l’univers de Christine, parfois on repère des dissonances dans le discours de son mari avant elle (et aussi parce que la bande annonce met un peu la puce à l’oreille) on commence à échaffauder des théories… évidemment même en se rapprochant de la vérité, le dénouement est surprenant !

J’ai adoré (je l’ai lu en 2 soirs).

Le film

Et hum… en fait j’ai beaucoup trop tardé avant d’aller au cinéma… je compléterai cette partie quand je tomberai sur le dvd ou une diffusion télé !

EDIT : ça y est j’ai vu le film !

Comparé au livre on a beaucoup moins d’informations sur le comment du pourquoi (j’essaye de pas spoiler), mais sinon c’est plutôt bien fait. Evidemment ils ont changé le journal papier (celui qui sert à Christine à se remémorer les souvenirs acquis la veille) par un journal vidéo. Certaines info sont complètement laissées de côté ou édulcorées mais ça se tient quand même.
Tout va un peu trop vite. C’est un des rares films de nos jours qui ne dure pas 2h ou 2h30… et justement il l’aurait mérité pour développer certains points (mais aurais-je eu cet avis si je n’avais pas lu le livre avant ?)

Je crois que je n’avais Colin Firth dans des comédies, et il est pas mal du tout dans un rôle un peu plus sérieux !

La Voleuse de livres (livre et film)

Ce livre inaugure la catégorie « Du livre à l’écran ». Cette année je vais essayer de lire certains romans avant de voir leur adaptation à l’écran. Sont prévus pour l’instant : The Fault in our Stars et Incidences (L’amour est un crime parfait).

Pour La Voleuse de livre, je vais faire une seule chronique parce qu’à peine le livre fini je suis allée voir le film (je m’y suis prise un peu au dernier moment pour le lire). Mais dans l’absolu je préfère laisser un peu de temps s’écouler entre la lecture du roman et le visionnage du film pour « digérer » l’histoire.

Le livre : 

« Quand la mort vous raconte une histoire, vous l’écoutez. » Je ne sais plus où j’ai lu cette phrase mais elle est très bien trouvée. J’ai découvert dans ce livre que la Mort n’est pas dénuée d’humour ! Les premiers chapitres m’ont fait sourire. Ce qui était plutôt agréable parce que le reste de l’histoire n’est pas toujours rigolote.

Markus Zusak nous plonge dans l’Allemagne nazie. Dans la petite ville de Molching, on découvre par l’intermédiaire de Liesel (la voleuse de livre) la vie quotidienne de gens « normaux » pendant cette période. Il y a des nazis convaincus, mais dans l’ensemble les habitants de la rue Himmel sont assez indifférents à la politique. Ils ont leurs problèmes quotidiens : parer au manque de nourriture, ne pas se faire remarquer par les cadres nazis, attendre des nouvelles de leurs proches envoyés au front. Et quand Hans, le père nourricier de Liesel, cache un Juif dans son sous-sol c’est d’abord pour honorer une promesse faite quelques 20 ans plus tôt.

Mais avant de se plonger dans le quotidien de ces Allemands on est d’abord confronté à la volonté de Liesel de maîtriser les mots. Son rapport à la lecture m’a beaucoup marqué (dans la première partie du roman, parce qu’une fois qu’elle a appris à lire c’est plutôt son rapport aux livres (qu’elle vole, vous l’aurez compris) qui est mis en valeur). Son apprentissage de la lecture n’est ni facile ni immédiat. Il est lié à ses réveils nocturnes à cause de cauchemars. Aidée de son père elle va péniblement apprendre à lire. Jusqu’à un certain moment (je vais pas tout vous raconter, non plus !) la lecture est associée à des difficultés, ses cauchemars, des vexations, mais sur fond de resserrement des liens avec son « père ». Puis, Liesel s’approprie ce monde de mots, lit et relit les livres qu’elle a volés. Et à partir de là j’ai trouvé que les livres et la lecture prenaient une part moins importante dans l’histoire. Enfin non, pas vraiment moins importante, mais totalement différente. Les livres font partie d’une vengeance qui est en même temps une marque d’amour, ils apaisent pendant les raids aériens et la principale : ils sont la marque d’un lien très fort entre Liesel et le jeune Juif que sa famille cache.

Et maintenant le film !

J’ai écrit la chronique sur le livre avant de voir le film, je voulais être sûre que les deux versions ne se mélangeraient pas dans ma petite tête de moineau.

Avant de voir le film j’étais curieuse de voir comment certains aspects du romans seraient traités. Notamment la narration par la Mort, les cauchemars, les vols… solution toute trouvée : ne pas en parler.
On voit Liesel voler les livres, parce que bon c’est le titre du film fallait bien le montrer hein, mais on sent que c’est pas trop le propos (que d’ailleurs je n’ai pas vraiment cerné), la Mort (en voix off) dit une dizaine de phrases pas plus…

Heureusement, au milieu de cet élagage massif, la scène du bonhomme de neige dans la cave a survécu, j’aurais été très déçue si même ce petit moment de grâce avait disparu.

Je pense que pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre, le film se tient. Même s’il doit y avoir quelques petites choses qui sortent de nul part (oh ba tient d’un coup Liesel s’occupe de livrer du linge… pourquoi, comment… débrouillez-vous).
Mais en ayant lu le livre (juste avant qui plus est) c’est assez frustrant. Certaines subtilités, complexités sont aplanies et c’est dommage.
Je comprends bien la difficulté de faire tenir 600 pages en 2h de film, mais il y avait peut-être des choix différents à faire (mais je ne suis pas scénariste, je ne vais donc pas vous exposer ici ma version).

Pour résumer : foncez sur le livre, le film peut attendre !