Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Nikki a arrêté ses études et s’est installée au dessus du pub londonnien où elle est serveuse.  C’est en allant déposé une annonce matrimoniale pour sa sœur au temple sikh de Southall (quartier où la communauté pendjabie est établie) qu’elle découvre une offre pour le poste d’enseignante pour un cours d’écriture.
Ne voyant pas de risque à donner des cours à un groupe de veuves dans un temple, elle est bien étonnée de la tournure que prennent ceux-ci ! (c’est-à-dire, une dizaine de veuves qui se lancent dans des récits érotiques)

Pourquoi il faut que tu le lises

Je dois t’avouer que je ne pensais pas que je le lirai aussi vite. Je m’étais dit « oh un ptit bouquin sympatoche, avec un titre comme ça, ça doit être léger ».
Ne jamais sous estimer un « bouquin sympatoche ».

Ce livre, sous couvert d’un récit léger et soupoudré d’histoire érotiques racontées par les veuves, met en relief la place des femmes indiennes dans la société occidentale. Entre respect des traditions et envie de modernité. Comment libérer leur parole et répondre à leur envie d’être plus entendues dans une communauté où elles sont majoritairement reléguées au travaux domestiques ? Comment redonner une voix à ces femmes qui deviennent transparentes aux yeux de leur communauté dès que leur mari décède ?

A Montréal je vis dans un quartier où il y a beaucoup de sikh et ce livre m’a appris beaucoup de choses sur leur culture (enfin au niveau qu’un livre de 300 pages peu apporter). Je pense que ça a beaucoup participé à mon intérêt pour ce livre. Mais c’est aussi plaisant car il y a plusieurs intrigues, concernant la communauté et Nikki.

Balli Kaur Jaswal, Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique, Belfond, 352p.
Reçu en SP via NetGalley

La Part des flammes

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Le 4 mai 1897 un incendie s’empare du Bazar de la Charité. Le Tout-Paris aristocratique et grand bourgeois s’y trouve, surtout des femmes. C’est le destin de trois de ces femmes que nous allons suivre : Sophie d’Alençon, entièrement dévouée aux bonnes œuvres, Violaine de Raezal, jeune veuve au passé mystérieux et Constance d’Estingel, jeune femme appelée par la foi.

Pourquoi il faut que tu le lises

Gaelle de Nohant met parfaitement en scène la haute société de l’époque, avec ses trois héroïnes elle explore plusieurs aspects de la condition féminine au XIXe siècle. Sophie d’Alençon se noie dans les bonnes œuvres, elle cherche à échapper à sa condition, ou du moins à compenser quelque chose (c’est ce que je n’ai pas pu empêcher de me dire au début). Violaine perd l’appui de son mari, ses beaux-enfants deviennent une menace contre sa situation et l’on ressent toute la fragilité de la femme non mariée dans ce milieu. Et enfin les conséquences que l’incendie auront pour Constance (et que je n’ai pas envie de te dévoiler maintenant !).

J’avais entendu beaucoup de bien de la plume de Gaelle de Nohant et je dois dire que je n’ai pas été déçue. C’est fluide et bien construit.

Donc si tu cherches un roman historique sur un évènement peu connu et ses conséquences (imagine l’émoi dans la bonne société, et tous les problèmes connexes : des jeunes filles à marier défigurées, des femmes respectées pour leur beauté qui perdent tout du jour au lendemain, des familles détruites…), dont les personnages principaux sont des femmes, pas toutes des super combattantes mais qui essayent de tenir leur rang à leur façon, je te conseille La Part des flammes, c’est un des meilleurs romans historiques que j’ai lu depuis un petit moment !

California Dreamin

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Je ne lis que rarement des BD (ou romans graphiques, si quelqu’un peut m’expliquer clairement la différence…à part que c’est un terme qui a servi à réintroduire les BD dans les libraires en leur ôtant la connotation enfantine…). Je suis restée sur l’idée que je m’étais faite enfant : je ne sais pas lire une BD. Je regarde les images, je tourne les pages… et il arrive toujours un moment où je suis perdue dans l’histoire.
De toute évidence la BD et moi avons grandit, j’apprécie les rares fois où j’en lis une… je devrais prendre l’habitude d’en lire plus souvent.

Évidement quand Marie m’a proposé de me prêter le dernier Pénélope Bagieu, je lui ai arraché des mains et je suis partie en courant avant qu’elle ne change d’avis (bon en fait je suis restée, parce qu’on fêtait mini-noel).
Je suis de la génération « Penelope Jolicoeur » (le blog. Quoique j’aimais beaucoup les As du volant quand j’étais plus petite et qu’il y avait Cartoon Network chez mes grands parents. Avant l’arrivée de Disney Channel,. Mais c’est une autre histoire)

California Dreamin est l’histoire de Mama Cass, une des Mamas & the Papas. A travers des morceaux de vie des gens qui ont croisé sa route, Pénélope Bagieu retrace le destin de Ellen Cohen. D’une jeune fille rondouillarde et grande gueule, Ellen devient une femme… rondouillarde et grande gueule, mais avec une voix incroyable et une présence sur scène indéniable.
Fille d’épiciers de Baltimore, elle va tracer son chemin dans les années 1960 en plein émergence de la Beat Generation puis du mouvement Folk (vous saviez qu’on dit le folk et non la folk ?).

A la fin de cet album vous chantonnerez California Dreamin et vous aurez envie de découvrir un peu plus la discographie de The Mamas and the Papas et de Cass Elliott

Vous pouvez également retrouver Pénélope Bagieu sur Le Monde où elle publie tous les lundi une planche de sa futur BD sur les femmes « Culottées« 

La Tente rouge

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Comme à chaque fois que je lis un livre que j’ai VRAIMENT aimé, mon premier réflexe en écrivant la chronique est d’écrire “lisez-le” un bon millier de fois et de vous laisser avec ça. (j’étais vraiment pas loin pour Le Prince des Marées)

Mais ça ne serait pas très sérieux (je n’ai pas l’air avec toutes mes parenthèses mais je suis assez sérieuse).

La Tente rouge n’est pas seulement l’histoire de Dina. C’est une histoire de mères, d’amantes, d’épouses, de filles. Dina en nous racontant son histoire et celle de ses mères avant sa naissance embrasse tous les aspects de la vie d’une femme.
Ses 4 mères et elle-même sont très différentes mais on se retrouve toutes un peu en Léa, Rachel, Bilha ou Zilpa.

Au pays de Canaan, Dina va grandir dans un monde féminin où l’influence des hommes est présente mais en réalité assez faible (les hommes s’occupent des bêtes dans la journée, les femmes restent au camp à filer la laine et à cuisiner), seul le voyage pour trouver un terrain plus grand rapproche le monde des hommes et celui des femmes (choc garanti !). Puis Dina grandit, devient l’assistante de sa tante Rachel qui est sage-femme et par ce biais découvre le monde extérieur. Et l’amour. Mais cet amour va changer son destin, l’emmener en Egypte et ouvrir une deuxième partie du livre beaucoup plus recentrée sur Dina.

Ce livre est touchant parce qu’on est forcement concernée par un aspect ou un autre de la vie de Dina (messieurs, vous avez des mères, des sœurs ou une femme, vous pouvez aussi comprendre). Même si le roman se déroule un millénaire avant notre ère, les relations humaines n’ont pas évolué (ou en surface seulement) et on y retrouve ses marques assez facilement.

C’est une période historique peu traitée dans les romans, un mode de vie qu’on a peu l’habitude de voir décrit. Je pense que je vais continuer en lisant Marek Halter, pour compléter, toujours en restant autour de l’histoire des femmes.

La Maîtresse des épices

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Je ne sais pas si c’est mon addiction au curry qui m’a conduite à choisir ce livre. Mais sachez que tout est meilleur une fois saupoudré de curry (du Sharwood. Mon préféré).

Tilo tient une épicerie indienne à Oakland. Mais elle est surtout Maîtresse des Epices.
A travers son épicerie ce sont différentes tranches de vie que l’on aperçoit. Lalitâ, battue par son mari, Jagjit jeune sikh qui a du mal à s’intégrer à l’école, Geeta que son grand-père traditionaliste empêche de vivre son amour… Et un jour l’Américain.
Toutes les convictions de Tilo vacillent face à lui.

Ce n’est pourtant pas une histoire d’amour. Je ne saurais pas comment décrire ce livre. Des morceaux d’Inde, des bouts de la vie d’immigrés qui essayent de s’intégrer dans une nouvelle culture, la magie des épices et cette Maîtresse qui lit dans les cœurs.

J’ai aimé être enveloppée dans la chaleur des épices, leur douce magie qui est en fait portée par les gens qui les utilisent.
On n’est pas plongés dans l’Inde (puisqu’on est à Oakland) mais la Maîtresse n’ayant pas le droit de quitter son épicerie, le roman se déroule dans cette boutique tenue par la magicienne-apothicaire et qui représente un havre de paix pour ses clients/patients.