Le Gang des rêves ★★★★★

J’ai eu un ENORME coup de cœur pour Le Gang des rêves !
A la fois roman historique, saga familiale, immersion dans le New York violent des immigrés du début du XXe siècle.

La première partie se déroule parallèlement entre 1910 et 1920. On suit les débuts de Cetta en Amérique et ceux de Christmas, son fils, 10 ans plus tard.
Le récit est violent : Cetta, immigrée italienne qui ne parle pas un mot d’anglais se retrouve dans une maison close ; Christmas, gamin des rues, se rêve chef de gang. Chacun va faire une rencontre qui va le tirer vers le haut. Pour Cetta c’est la brute qui l’emmène chaque jour en voiture à la maison close, pour Christmas c’est une petite fille retrouvée à moitié morte un matin.

La seconde partie n’est plus consacrée qu’à Christmas puisque les deux destins se sont rejoints en fin de première partie.
Christmas qui continue à tracer sa route dans le New York des Ritals, des nègres et des polaks.

900 pages que je n’ai pas vues passer. Luca di Fulvio maîtrise son écriture et son histoire de manière à les rendre complètement addictives. C’est fluide, c’est drôle, c’est émouvant… et on veut tout le temps connaître la suite.

Je vous assure que le buzz que le livre a connu sur les réseaux sociaux ces derniers mois est totalement mérité !
J’ai vraiment hâte de lire Les Enfants de Venise, le second roman de l’auteur.

Luca di Filvio, Le Gang des Rêves, Pocket, 864p.

Les Derniers Jours de l’émerveillement ★★★★★

Graham Moore, le scénariste de Imitation Game, nous fait découvrir dans ce roman l’histoire de la guerre des courants (continu et alternatif) qui orientera toutes les découvertes suivantes. Moore dresse un portrait extrêmement vivant des grands inventeurs de l’époque : Edisson, Tesla, Westinghouse… on croise même Graham Bell !

La première scène est violente : un homme grille, fond même, sur un fil électrique en pleine rue à New York. L’électricité à ses débuts était un vrai danger, inspirait la peur, était entourée d’une aura mystérieuse voir maléfique (vous vous souvenez dans Downton Abbey quand les gens ont peur de toucher un interrupteur… après cette scène on peut le comprendre).

Le reste du livre est beaucoup moins gore. Paul, un avocat débutant est choisi « par hasard » (on comprendra vite qu’il n’y a pas de hasard à ce niveau de stratégie entrepreneuriale) par George Westinghouse, grand concurrent de Thomas Edisson sur le marché de l’électricité. S’en suit une bataille juridique mais surtout une lutte de pouvoir et d’influence, le type de courant choisi va déterminé toute les évolutions technologiques des siècles à venir (.
On va de rebondissement en rebondissement, ça pourrait presque être un thriller. Tous les coups sont permis pour prendre le contrôle de l’électricité.

Qui aurait cru que les démêlés juridiques autour de l’ampoule électrique seraient aussi passionnants !

(Des annexes viennent démêler le vrai de la fiction, on en apprend encore plus, c’est très apréciable.)

Chroniques (de Bob Dylan)

★★★★☆

Pour ma première lecture de 2017 j’ai choisi les Chroniques de Bob Dylan offert par mon père (« je l’ai pas vu sur ton blog du coup je me suis dit que je pouvais te l’offrir »… Page 53, l’antisèche de toute ma famille)

Je ne suis pas une grande connaisseuse de Dylan. J’ai eu ma période hippie au lycée (comme tout le monde) et comme je suis une fan inconditionnelle des Beatles j’ai forcément écouté pas mal de musique de la même époque. Donc j’étais assez contente de pouvoir en savoir plus sur la vie de Dylan.

Apres une première partie un peu compliquée à suivre quand on ne s’y connait pas vraiment en folk (beaucoup de noms… qui m’étaient totalement inconnus), les suivantes sont intéressantes parce qu’elles traitent de périodes différentes de la vie de Dylan. Il nous raconte sa difficile acceptation du statut d’icône, voir de messie, qui lui a été attribuée dans les années 60-70 (alors qu’il voulait juste passer du temps avec sa femme et ses enfants sans que des gens essayent d’escalader la grille de son jardin). On le suit ensuite à la Nouvelle Orléans pour l’enregistrement d’Oh, Mercy… qui ne se passe pas très bien et enfin il revient sur ses débuts à New York (en gros tout le premier chapitre mais en version sans name dropping).

J’aurais aimé retrouver un peu plus de l’ambiance des années 60 au début des années 80 mais Dylan est là pour chroniquer sa vie et il ne dévie pas (c’est assez logique en fait)

J’ai passe un bon moment de lecture, j’en ai appris un peu plus sur la vie d’un musicien que j’aime beaucoup sans jamais avoir creusé plus et enfin il y a toute une liste de morceaux que j’ai envie d’écouter/réécouter !

Hillary Clinton

★★★☆☆

Cette biographie d’Hillary Clinton tombe plutôt bien, j’avais envie d’en savoir plus sur la femme que tout le monde espère voir élue face à Donald Trump ?

Bien sûr elle a déjà été proche du pouvoir (difficile de s’en tenir éloignée avec un mari à la Maison Blanche) mais tout dans son histoire la mène à ce pouvoir.
Jean-Luc Hees décrit ici l’ascension et le parcours (semé d’embuches) d’une femme a forte tête qui ne lâche rien face à ses détracteurs.

On en apprend plus sur sa jeunesse et sur sa place (difficile à trouver) lors des campagnes puis des mandats de son mari, qu’il soit gouverneur de l’Arkansas ou Président des Etats-Unis.
Mais également sur son parcours politique personnel, comme sénatrice de l’Etat de New York puis candidate malheureuse à la primaire démocrate de 2008 face à Obama.

La deuxième partie du livre (en gros à partir de la moitié) est consacrée aux primaires, à Trump, à la place de Clinton (c’est étonnant mais j’aurais envie d’écrire « Hillary », je suis quasiment sûre que c’est parce que c’est une femme et donc je prends sur moi et j’écris Clinton, comme pour n’importe quel homme politique.). Ces derniers chapitres éclairent sur la situation très proche (il y a un chapitre sur la fusillade d’Orlando), quasiment à la veille de l’élection (qui est dans une quinzaine de jours à peine) !

Pendant cette lecture j’ai aussi pu (re)prendre conscience de l’influence majeure de la religion sur la politique aux Etats-Unis. Chaque tendance du catholicisme impose une patte très marquée sur les candidats (Bill et Hilary n’ont pas été élevés dans la même congrégation et cela marque des différences sur leur vision de la politique et du bien publique… j’ai dû mal à intégrer cette information par rapport au paysage politique français, où la religion a forcement un impact mais pas majeur ni public)
On voit aussi le féminisme de Clinton qui se modère pour ne pas être étiquettée « hystérique de service »…

Malgré quelques moments un peu cafouilleux (parler d’un truc en disant qu’on y revient plus tard mais que quand même on en parle parce que ça s’impose pour donner le contexte d’un épisode, c’est bien mais ça complique un peu la lecture quand on n’est pas vraiment au fait des affaires politiques américaines), ce livre se lit plutôt bien et permet de mettre en éclairage les enjeux de la politique américaine (qui à mon humble avis influence la politique mondiale et ne sont pas donc pas à négliger sous prétexte que « non mais on vote pas chez alors bon… »)

Si vous voulez en connaitre d’avantage sur celle qui a une chance sur 2 de devenir la prochaine Présidente des Etats-Unis je vous recommande ce livre !

 

*Ce livre m’a été envoyé par les Editions Baker Street*

La Colline aux esclaves

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Il s’agit de mon premier livre lu dans le cadre de mon année « Lectrice Charleston » (pause émotion, larmichette… allez on continue !).
Ce livre sort en janvier (et fait 432 pages, je sais que j’ai dit que je ne donnerai jamais ce genre d’infos, mais les lectures Charleston sont un cas à part. Je ne précise pas l’éditeur parce que si vous avez pas encore compris, je ne peux pas faire grand chose pour vous…), j’avais hésité à attendre pour vous en parler… mais en fait je ne peux pas ! S’ils sont tous moitié aussi bien, je vais passer une excellente année livresque !

Une fois n’est pas coutume je vous fait un petit résumé du livre (c’est pas comme si vous pouviez le trouver aux 4 coins du web)
A l’âge de 6 ans, Lavinia, jeune irlandaise qui a perdu ses parents lors de la traversée vers le Nouveau Monde, se retrouve domestique dans une plantation de tabac. Elle trouve vite sa place dans la famille d’esclaves qui travaille à la grande maison. Mais sa peau blanche et sa proximité avec la maîtresse vont changer sa destinée.

Kathleen Grissom nous plonge dans l’univers d’une plantation américaine au XVIIIe siècle.
Les Blancs d’un côté, dans la grande maison, les Noirs de l’autre, divisés entre les cases (où habitent les esclaves qui travaillent dans les champs) et la dépendance (où logent ceux qui sont domestiques pour la grande maison).
En suivant Lavinia de ses 6 ans jusqu’à l’âge adulte, passant de sa vie avec sa famille d’adoption à son rôle d’épouse du maître, on balaye toute la culture de l’époque, de la relation maître/esclaves à la vie des esclaves sur la plantation, de l’éducation d’une jeune fille blanche aux difficultés des métisses. Rien de la violence et des souffrances que connaissent les esclaves ne nous est épargné (privations, abus sexuels, tyrannie…), De même que l’on découvre la condition féminine blanche à travers les différents personnages : la dépression de la maîtresse, la recherche plus ou moins heureuse d’un mari, les violences conjugales…
Evidemment, vous commencez à me connaître j’ai trouvé très intéressante toute cette partie historique qui est très bien menée !

Pour ne rien gâcher, ce roman est très bien écrit dans un style fluide agréable à lire. Le récit est bien construit, aucun épisode n’arrive comme un cheveu sur la soupe ; tout en dévoilant une réalité historique chaque événement sert l’histoire.

J’ai beaucoup aimé lire ce livre qui sur une solide base historique déroule le destin chaotique d’une jeune fille attendrissante et généreuse !

 

LC2015