Agatha Raisin et la quiche fatale

★★★☆☆

De quoi ça parle ?

Agatha Raisin, un cador des RP londoniennes, décide de prendre sa retraite dans les Costwolds, coin paradisiaque de l’Angleterre. Et supposé tranquille. Or au bout de quelques jours, le juge du concours de quiche local meurt empoisonné… par la quiche d’Agatha. Bien que la police croit à un accident, Agatha, influencée par la lecture des romans de son homonyme ne démord pas de l’hypothèse d’un assassinat.

Pourquoi il faut que tu le lise ?

Je ne dirais pas qu’il faut absolument le lire, mais j’ai passé un bon moment.
Si j’essayais de trouver un parallèle littéraire, je dirais qu’Agatha Raisin est à la littérature policière ce qu’un Marc Levy est à un Goncourt : un petit moment de repos, un bon livre de plage.

Le titre et la couverture me laissaient penser que ça serait beaucoup plus drôle. Il y a quelques situations qui prêtent à sourire mais ça ne va pas tellement plus loin.
L’enquête est un peu longue à démarrer mais peut-être est-ce parce que c’est le premier tome de la série et qu’il faut plus de temps pour installer Agatha dans son univers.

C’est un roman court, qui fait passer un bon moment, certains personnages sont haut en couleur et au final j’ai quand même un peu envie de retourner voir ce qu’il se passe dans ce petit village !

 

Comme tu peux le remarquer, je lance avec cet article un nouveau format… qu’en penses-tu ? 
Préférais que le système de notation soit inclus dans le titre (même s’il disparaissait partiellement de temps de temps) ?

La Reine de Budapest ★★★☆☆

Une enquête menée par Houdini ? oui pourquoi pas… Un roman qui se déroule à Budapest au début du XXe siècle ? OUI !

J’aime beaucoup Budapest, et j’étais super contente de retrouver des endroits que je connais (même si la ville a énormément changé évidemment). Buda et Pest viennent d’être unifié, Pest connait une forte croissance et Buda conserve sont statut aristocratique.
Mais j’ai aussi trouvé interessant l’époque où se déroule cette enquête (tu auras compris que c’était un peu secondaire pour moi) : au début du siècle les juifs ont obtenu une égalité des droits avec les magyars. Ils sont enfin citoyens hongrois. Sauf qu’évidemment ça ne plait pas à tout le monde. En parallèle d’une certaine joie de la famille d’Houdini (qui est le fils d’un rabbin) à être enfin des citoyens à part entière on sent un relent d’anti-sémitisme assez présent (qui ressortira dans les années 1920)

Plus précisément à propos de ce livre : il s’agit du troisième tome d’une série et je n’avais pas lu les précédents. Aucun problème. Pour un fois on ne nous parle pas à tout bout de champs des enquêtes précédentes (enfin un peu mais c’est léger).
L’enquête est sympa. C’est une idée originale de mettre un magicien dans la peau d’un enquêteur (ça me paraissait plus naturel avec Oscar Wilde alors que finalement il n’y a pas plus de raison)

Donc pour résumer : une lecture sympathique mais sans plus. Enfin « le plus » était apporté par le fait qu’on était à Budapest et que ça m’a fait plaisir (il est probable que si vous n’y êtes jamais allé ça ne vous fasse pas du tout cet effet).
Je ne suis pas sûre de lire les autres opus de la série.

Vivianne Perret, La Reine de Budapest, Le Masque, 288p.
Reçu en service de presse via NetGalley

Quand tu descendras du ciel ★★★☆☆

Je m’attendais à retrouver dans ce livre le ton que j’avais aimé dans Tout n’est pas sous contrôle de Sophie Henrionnet. Et le résumé annonçait un lien avec l’opéra de Paris, j’ai donc foncé !

Sauf que j’ai été assez déçue. Le ton n’est pas si drôle (même si quelques remarques m’ont fait sourire) et finalement le lien avec l’Opéra c’est que la protagoniste est danseuse, mais elle aurait aussi bien pu être bouchère, on aurait parlé ni plus ni moins de l’Opéra de Paris…

Une déception donc pour marquer la fin de l’année 2017, je ne sais pas si c’est parce que c’est un tome 2 et que je n’ai pas lu le premier et donc pas créé de lien avec le personnage principal… ou si c’était un mauvais timing de lecture (ils sont si courants).

En tout cas il y a peu de chance que je lise le premier tome.

Gabriel Katz, Quand tu descendras du ciel, Editions du Masque, 256 pages
Reçu en SP via NetGalley

Carnaval

★★★★☆

Encore un roman policier qui fait aussi très bien son job comme roman historique !

On se retrouve en 1919 à La Nouvelle Orléans, juste avant la prohibition. Un tueur à la hache à l’air d’apprécier particulièrement les épiciers italiens… (Ceci est une histoire vraie).

Le récit alterne les points de vue d’un journaliste, d’un inspecteur de police, d’un mafieux et d’une jeune apprentie détective. Les histoires  de chacun de ses personnages permettent de mettre en valeur différents aspects de la vie à la Nouvelle Orléans : les difficultés entres les différentes communautés d’immigrés , entre les noirs et les blancs, la prostitution, la drogue…
Chaque personnage a accès à des informations différentes qui font avancer l’enquête (même si elle n’est pas commune, sauf pour le lecteur !) et met en lumière différents aspects des magouilles qui ont lieux à la Nouvelle Orléans.

Le livre est long et même si l’enquête n’est pas du genre « haletante » (ça commence à me manquer un peu quand même…) l’ambiance jazzy et délétère de la nouvelle Orléans est très bien retranscrite par Ray Celestin et cela donne tout son charme au livre. C’est une ville qui m’attire beaucoup par son ambiguité, le mélange de fête et de jazz avec tous les vices de l’humanité (plus une petite couche de mafia, ce qui ne fait jamais de mal à un récit).

J’ai hâte de lire Mascarade, qui a l’air de reprendre plus ou moins au dernier chapitre de Carnaval !

Poulets grillés

★★★★☆

Comment ne pas être ébloui par cette couverture ?
(voir perdre un dixième de vision à cause du pantone fluo…)

Mais ce qu’il se passe à l’intérieur est aussi interessant !

Capestan prend la tête d’une brigade plus que particulière : le 36 quai des Orfèvres a décidé de regrouper sous ses ordres tous les flics que la direction veut placardiser et de leur donner toutes les enquêtes non-résolues… histoire de faire grimper les statistiques des autres unités.
Anne Capestan (elle-même tout juste réintégrée après une mise à pieds) a sous ses ordres : une policière qui revient après avoir tout plaqué pour écrire une série télé policière, un flic dont tous les partenaires ont été blessés, un qui balance tout à la presse, un as de l’informatique mais un peu à côté de la plaque…

On sent bien le potentiel comique de cette équipe de bras cassés  et il est très bien exploité ! Certains dialogues et situations sont très drôles et contrairement à certains, l’humour est savamment dosé pour ne pas dégénérer en n’importe quoi (suivez mon regard).
L’enquête en elle-même est bien rythmée, le suspens et les rebondissements font que l’on ne peut pas lâcher le livre avant de savoir comment notre équipe plus que bancale va s’en sortir.

Sophie Hénaff réussi très bien à nous faire aimer cette bande de nuls… qui ne sont pas si nuls que ça !
Je pense que le tome 2 arrivera très bientôt dans ma PAL.

Bleu blanc sang [Tome 1, Bleu]

★★★★☆

A force de voir toute la bookosphère parler de ce roman j’ai craqué (et je l’ai demandé sur NetGalley… autant profiter des outils à ma portée !)

Commençons par ça : j’ai aimé.
(je ne m’y attendais pas en fait).
Je pensais qu’un thriller en Young Adult serait un peu « léger ». Mais non. Les personnages sont peut-être un peu moins complexes que dans un thriller adulte (enfin un bon thriller…) mais ils sont quand même fouillés. Et réalistes.

L’histoire à un petit côté Da Vinci Code. Je pense que c’est à cause des tableaux que j’ai cette impression parce qu’en fin de compte il n’y a pas tout le côté analyse des symboles si chère à Robert Langdon.
Les ramifications politiques sont aussi bien décrites et la force du pouvoir dans des familles qui ont déjà tout. (bon il y a peut-être une tout petit fond de « tous les puissants sont des pourris »…)

J’ai donc lu le tome 1 très rapidement (300 petites pages) et je pense qu’un jour ou l’autre je lirais la suite. J’ai envie de savoir ce qu’il se passe sans que ça soit une envie irrépressible.

Le Talisman de la Villette

izner

Je suis une adepte de la série des « soeurs Izner » (Claude est en fait deux) qui met en scène Victor Legris, libraire à Paris à la fin du  XIXe siècle… mais qui se retrouve immanquablement mêlé à des enquêtes policières.

On retrouve dans cet opus toute la bande de la rue des Saints-Pères, Victor, mais également son commis-écrivain Joseph et sa mère autoritaire, Kenji l’associé de Victor aux prises avec les clientes exigeantes de la librairies…
L’intrigue traine parfois un peu en longueur mais je lis cette série pour l’ambiance « Paris fin de siècle » dans laquelle on est baigné.

Je pensais avoir suivi la série, mais il semble que j’ai sauté un tome… rien de très grave puisque le lecteur est bien « remis sur les rails » grâce aux rappels glissés ça et là.

Je suis récemment tombée sur un des tomes qui se déroule à l’Opéra de Paris… j’ai hâte de poursuivre la lecture de cette série (même si elle fait partie des séries dont je n’enchaîne pas les tomes pour ne pas avoir une overdose)

Retour à Whitechapel, la déception…

retourwhitechapel

Ça faisait longtemps que je n’avais été déçue par un livre. Je connais assez mes goûts en matière de lecture pour cerner rapidement un ouvrage…

Pour Retour à Whitechapel, je pensais vraiment que j’aimerais : un thriller, Londres à la fin du 19e siècle, Jack l’Eventreur… Mais ça n’a pas pris.
J’ai insisté pourtant, jusqu’à la dernière page, du coup il ne rentre pas dans la catégorie « lecture abandonnée ».
Au départ je me disais « bon, ça va peut être démarrer un peu plus loin »… puis arrivée à la page 209 ma motivation a été autre. Je vous explique : dans l’édition de Pocket, il y a un cahier photo au milieu. Ce cahier est plutôt bien fait, même si pas transcendant. Ne voulant pas risquer de découvrir un élément de l’enquête trop en avance j’avais décidé de ne pas le regarder avant d’avoir fini le livre. Ce cahier est situé entre les pages 208 et 209… et sur sa dernière page, donc en vis-à-vis de la page 209, figure en énorme, seul élément de la page, le nom de famille de « Jack ». Impossible de ne pas comprendre de qui on parle. Ma seule et unique motivation à continuer ma lecture à partir de ce moment là a été « non ils ont pas fait ça quand même… ». Et bien SI.
Ou comment ruiner un livre qui n’est déjà pas très exaltant (je crois que j’aurais été encore plus énervée si justement j’avais été prise dans l’histoire).

Cette maladresse éditoriale mise à part, Michel Moatti a pris le parti de raconter cette enquête sur Jack l’Éventreur en 3 fils narratifs : à travers le journal de la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime, qui entreprend des recherches sur sa mère au début de l’année 1941 ; par le récit des dépositions des témoins devant le jury qui se tient quelques jours après la mort de Mary Jane Kelly et enfin à travers le récit direct des 4 meurtres.
Pour moi, ça fait trop. Parfois plusieurs voix apportent du relief à un roman, de toute évidence ça ne fonctionne pas toujours. Premièrement, il est assez peu agréable de lire un livre composé aux trois quarts en italique (le journal de la fille de Kelly). Après, je ne vois pas exactement ce qu’apporte la partie du jury entremêlée au reste.

Je ne cours pas après le gore, mais en voyant « thriller » écrit sur la couverture et en lisant un livre sur Jack l’Eventreur, je pensais me retrouver à lire quelques scènes gratinées ou, au moins, des passages avec du suspens… Il y a quelques détails sanguinolents disséminés dans le roman, mais pas forcement là où on les attend.
Quant au suspens… de la page 1 à la page 208 il n’y a pas tellement de raison d’en avoir, et à partir de la page 209, il a été totalement anéanti par la révélation « accidentelle » du nom de l’éventreur.

Pour finir sur une note positive (quand même), je trouve la théorie développée par Serge Moatti assez intéressante. Je ne suis pas du tout une spécialiste de Jack l’Eventreur, mais le Jack de Moatti est tout a fait plausible. (Donc en gros, au lieu de lire les 400 pages du roman, j’aurais pu me contenter des 2 pages d’annexe où Moatti reprend les 10 points sur lesquels s’appuient sa théorie).

A lire éventuellement (et encore…) si, maintenant que je vous ai prévenu, vous demandez à quelqu’un de cacher le nom qui se trouve sur la dernière page du cahier photo…

Donc si vous avez des idées de thriller « haletants » (comme le dit l’expression consacrée) n’hésitez pas à me les communiquer, je suis restée un peu sur ma faim avec celui-ci…