Quand tu descendras du ciel ★★★☆☆

Je m’attendais à retrouver dans ce livre le ton que j’avais aimé dans Tout n’est pas sous contrôle de Sophie Henrionnet. Et le résumé annonçait un lien avec l’opéra de Paris, j’ai donc foncé !

Sauf que j’ai été assez déçue. Le ton n’est pas si drôle (même si quelques remarques m’ont fait sourire) et finalement le lien avec l’Opéra c’est que la protagoniste est danseuse, mais elle aurait aussi bien pu être bouchère, on aurait parlé ni plus ni moins de l’Opéra de Paris…

Une déception donc pour marquer la fin de l’année 2017, je ne sais pas si c’est parce que c’est un tome 2 et que je n’ai pas lu le premier et donc pas créé de lien avec le personnage principal… ou si c’était un mauvais timing de lecture (ils sont si courants).

En tout cas il y a peu de chance que je lise le premier tome.

Gabriel Katz, Quand tu descendras du ciel, Editions du Masque, 256 pages
Reçu en SP via NetGalley

Freddie Friday

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Marnie, petit génie des mathématiques du prestigieux établissement St Libby, a tout de l’élève modèle. Jusqu’au jour où, avec son amie Rachel, elle commet l’irréparable. Pour oublier, elle va noyer son angoisse dans l’alcool.

Juste avant ces événements dramatiques, elle a fait une rencontre singulière : sa seule raison de vivre, désormais, sera de revoir Freddie Friday, ce garçon qui travaille à l’usine de céréales Shredded Wheat. Ses rêves vont devenir les siens. Mais pour qu’ils se réalisent, elle aura besoin de son professeur de maths, la belle Julie Crewe, autrefois danseuse. Acceptera-t-elle de l’aider ? Aura-t-elle envie de remuer le passé, de se rappeler ce temps où elle était encore capable de danser, avec l’irrésistible et mystérieux Jo à Central Park ?

Si Marnie fait appel à elle, c’est parce que ce jeune homme étrange, fascinant, rêve sans trop y croire de devenir danseur. Ses pas de danse résonnent sur le plancher de l’usine tous les samedis après-midi, quand personne ne vient y travailler. Marnie est transportée par les moments qu’elle passe avec Freddie, loin des imbroglios familiaux de son milieu privilégié. Avec l’innocence de la jeunesse, elle veut tout chambouler. Elle, elle y croit.

Vif et émouvant, ce roman nous réconcilie avec nos amours perdus et les rêves inavoués que nous n’avons pas encore réalisés. Il nous rappelle que la vie nous réserve parfois des imprévus qu’aucune équation mathématique ne saura jamais nous expliquer.

Quand j’ai lu le résumé de Freddie Friday je me suis dit « tiens on dirait Billy Elliot, ça doit être pas mal »
Mais finalement ce n’est pas du tout Billy Elliot.
Le récit avance grâce aux narrations alternées de Marnie (jeune fille, brillante en maths, un peu paumée après son renvoi d’une école huppée) et Miss Crewe (son ex-professeure de maths, ancienne danseuse, elle même un peu perdue) (le 3e personnage, qui est central, étant Freddie Friday, est comme les autres, paumé. Tout le monde est paumé dans ce livre, on y reviendra). Cette alternance de points de vue permet de mettre en avant la psychologie des 2 personnages féminins, d’entrer dans leur tête et de construire le portrait de Freddie à travers leurs yeux (qui voient assez différemment le monde).
Résilience. C’est l’idée centrale de ce texte. Chacun, par ce bref épisode qui dure le temps de l’été 1969, va tirer un trait sur une partie de ses problèmes et avancer. Marnie qui a sombré dans l’alcool après l’accident de Rachel, s’accroche à son amour pour Freddie pour avancer ; Miss Crewe revit à travers Freddie ses jeunes années comme danseuse et Freddie, lui, prend appui sur les 2 femmes pour se lancer dans sa carrière. Ce triangle aurait pu être destructeur mais au contraire il devient émancipateur.

C’est un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire, l’écriture est fluide et le style sans prétention.

(On passera sur les problèmes évidents de mise en page, si tu as un problème avec les veuves et les orphelines (comme moi), je te préviens, tu vas souffrir)

Je ne suis pas une grande fan des romans d’initiation, Aristote et Dante m’a laissé de marbre (par contre je suis ultra fan d’Eleanor & Park), mais Freddie Friday m’a laissé une impression plus large que cette appelation parfois un peu réductrice peut laisser entrevoir.
C’est une histoire, une tranche de vie de 3 personnes à un moment où chacune va prendre des décisions pour son avenir.
(Ce livre m’a été envoyé par les Editions Baker Street. J’ai été très contente de découvrir cette petite maison qui publie des romans anglophones !)

Noureev

noureev

Depuis quelques années, j’ai pris goût à la danse classique et en tombant sur cette biographie en libraire, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de me pencher d’un peu plus près sur la vie d’un grand danseur, chorégraphe, et je l’ai découvert dans ce livre, chef d’orchestre !

Tout son parcours y est raconté, de son enfance en Union soviétique avec un père qui est contre l’idée qu’il danse, son entrée au ballet du Kirov, ses problèmes avec le KGB, son passage à l’Ouest, et enfin sa vie en Occident.
On y découvre un homme au caractère fort, plutôt imbu de lui-même (même si il a de quoi se considérer comme un génie, en fait) mais qui travaille très dur, est aussi exigeant avec lui-même qu’avec les autres, voir plus encore. Un homme qui aime être entouré mais qui à le goût de la solitude.
J’ai été très intéressée par ses relations avec l’URSS (ça c’est mon côté « historienne » qui ressort), avant et après son passage à l’Ouest. Les commissaires du KGB qui lui pourrissent la vie, ses camarades de ballet qui l’espionnent, puis une fois à l’Ouest sa peur perpétuelle (et justifiée) de se faire enlever par le gouvernement russe…

La biographie est bien écrite, se lit facilement.
(Je fais une fixette sur les bio où tu rames. Surement un traumatisme enfantin lié à une bio des Spice Girls)
Il y a quelques anecdotes qui sont répétées 2 ou 3 fois… donc oui, j’ai BIEN compris et il est probable que je m’en souviendrais longtemps : un jour Noureev annonce à ses amis « je ne boirais plus de vin blanc », tous s’exclament, et lui reprend « je ne boirais plus que du champagne ! »

Je pense que ce livre n’intéressera pas tout le monde, une affinité avec la danse classique me semble « nécessaire » pour que cette biographie vous parle un minimum. Mais si découvrir la vie d’un grand artiste au parcours marqué par le contexte politique vous intéresse, choisissez ce livre !

On me souffle dans l’oreillette qu’il y a une expo sur Noureev à la Mairie du 17e à Paris. Elle commence aujourd’hui (une vraie coïncidence !)(je vois bien que vous ne me croyez pas, mais j’ai ma conscience pour moi) et dure jusqu’au 9 juillet. Plus d’infos ici.