Une Américaine à Monaco ★★★☆☆

Avant de lire ce livre je ne connaissais pas vraiment Grace Kelly (à part les classiques actrice/princesse/accident). Après avoir lu ce livre mon regard a complètement changé sur la princesse de Monaco !

J’ai toujours imaginé Grace Kelly comme une femme froide, éthérée, un peu oie blanche… quel ne fut pas mon étonnement d’apprendre que la jeune Grace a fait des ravages dans les cœurs du tout Hollywood : acteurs, producteurs, prince !
En nous relatant les années Hollywoodiennes de Kelly, Sophie Adriansen déroule tout un pan de l’histoire du cinéma américain. On croise Gable, Sinatra, Gardner, Hitchcock… c’est très intéressant et surtout ça donne envie de (re)voir tout un tas de films !

Et puis on passe directement à Monaco (alors là j’ai pas compris, qu’on commence par le mariage surmédiatisé je comprends… mais on enchaine sur la relation de Grace avec les monégasques, concrètement j’ai cru qu’on arriverait jamais à la rencontre avec Rainier !)
On comprends que si Grace aimait son prince, le changement radical de vie (de la liberté aux Etats-Unis à la vie ultra-protocolaire sur le rocher) a été très dur pour elle. Ses enfants étaient une source de bonheur et d’oxygène indispensable à son équilibre.

Le truc qui m’a le plus amusé c’est sa passion pour les collages de fleurs pressées… c’est tellement kitch et désuet ! Du coup je suis allé voir sur internet, et c’est assez fou comme truc (mais ça reste complètement kitch), je vous conseille la recherche !

Je vous encourage à lire ce livre, il est court, il se lit comme un roman et on apprend beaucoup de chose sur cette actrice de légende.

Et pour fêter l’anniversaire de Grace Kelly, vous pouvez gagnez un exemplaire de ce livre sur mon compte twitter (concours ouvert jusqu’au 12 novembre) !

Sophie Adriansen, Une américaine à Monaco, Editions Charleston, 304p.
Reçu en SP 

California Dreamin

california_dreamin

Je ne lis que rarement des BD (ou romans graphiques, si quelqu’un peut m’expliquer clairement la différence…à part que c’est un terme qui a servi à réintroduire les BD dans les libraires en leur ôtant la connotation enfantine…). Je suis restée sur l’idée que je m’étais faite enfant : je ne sais pas lire une BD. Je regarde les images, je tourne les pages… et il arrive toujours un moment où je suis perdue dans l’histoire.
De toute évidence la BD et moi avons grandit, j’apprécie les rares fois où j’en lis une… je devrais prendre l’habitude d’en lire plus souvent.

Évidement quand Marie m’a proposé de me prêter le dernier Pénélope Bagieu, je lui ai arraché des mains et je suis partie en courant avant qu’elle ne change d’avis (bon en fait je suis restée, parce qu’on fêtait mini-noel).
Je suis de la génération « Penelope Jolicoeur » (le blog. Quoique j’aimais beaucoup les As du volant quand j’étais plus petite et qu’il y avait Cartoon Network chez mes grands parents. Avant l’arrivée de Disney Channel,. Mais c’est une autre histoire)

California Dreamin est l’histoire de Mama Cass, une des Mamas & the Papas. A travers des morceaux de vie des gens qui ont croisé sa route, Pénélope Bagieu retrace le destin de Ellen Cohen. D’une jeune fille rondouillarde et grande gueule, Ellen devient une femme… rondouillarde et grande gueule, mais avec une voix incroyable et une présence sur scène indéniable.
Fille d’épiciers de Baltimore, elle va tracer son chemin dans les années 1960 en plein émergence de la Beat Generation puis du mouvement Folk (vous saviez qu’on dit le folk et non la folk ?).

A la fin de cet album vous chantonnerez California Dreamin et vous aurez envie de découvrir un peu plus la discographie de The Mamas and the Papas et de Cass Elliott

Vous pouvez également retrouver Pénélope Bagieu sur Le Monde où elle publie tous les lundi une planche de sa futur BD sur les femmes « Culottées« 

Marilyn Monroe

marilynmonroe

Je lis rarement des biographies. Ou alors je les abandonne en cours.
Celles que j’ai croisées, je les ai trouvées arides, froides…
Je ne sais pas pourquoi j’ai tenté ma chance avec celle là. Mais j’ai compris en quelques pages que j’avais eu raison !

Cette bio écrite par Anne Plantagenet se lit toute seule. Le style est celui d’un roman, pas d’une somme universitaire.
Au milieu de mon adolescence il y a eu soudain des tonnes de documentaires sur Marilyn à la télé. Et même si j’ai toujours été plus attirée par l’esthétique Audrey Hepburn, je me souviens en avoir regardé beaucoup. (Je ne sais pas pourquoi il y a un clan Hepburn contre un clan Marilyn, comme les pro-Beatles contre les pro-Rolling Stones. Dans les deux cas je penche pour le premier, en appréciant toujours le second !). Je pensais donc en commençant ce livre ne rien apprendre de nouveau…
Mais il faut croire que ma mémoire est vraiment défaillante ou que tous ces docu étaient mal fichus, parce que j’ai appris beaucoup de choses. Notamment sur son enfance, bringuebalée de famille en famille avec passage par l’orphelinat de temps en temps et l’ambiance familiale qui explique tellement de choses dans son comportement le reste de sa vie. Ses amours, ses mariages, l’influence de son entourage…

Je vous conseille cette biographie, bien écrite qui nous fait avancer dans la vie de Norma Jeane Baker qui a passé la plupart de son existence déguisée en Marilyn Monroe.

Joseph Anton

anton

919 pages.
(je commence par ça, c’est important quand même)

J’avais déjà eu très envie de lire ce livre lors de sa sortie, et puis un livre en chassant un autre, j’ai fini par ne plus y penser. Je l’ai reçu en cadeau à Noël, et j’ai décidé que ça serait ma première lecture de 2014.

Le 14 février 1989 une fatwa est prononcée contre Salman Rushdie pour avoir écrit Les Versets sataniques.
Rushdie relate ici sa vie à partir de ce jour. D’un homme libre, écrivain évoluant dans les cercles littéraires anglais il devient subitement un homme traqué, entouré en permanence de policiers et gardes du corps.

Cette autobiographie est écrite à la troisième personne. C’est assez surprenant, mais cela apporte une certaine distance et par moment on a l’impression qu’il s’agit d’un roman (l’inverse de Lennon, finalement). Mais finalement cela correspond parfaitement à la situation : assez vite il doit choisir un pseudonyme, Joseph Anton, et c’est la vie de cette personne que Rushdie raconte.

La présence et l’aide de ses amis et soutiens (certains passages tournent un peu au name dropping littéraire) ont été primordiales pendant toutes ces années. Le courage et la fidélité de ce cercle proche m’a beaucoup impressionnée. Certains prêtent des maisons, d’autres choisissent de publier Les Versets dans leur pays, chacun met en œuvre les moyens qu’il a à sa disposition pour soutenir la liberté de parole.

Cette situation a rapidement raison de son mariage (déjà un peu bancal), et ce que je trouve le plus dingue c’est qu’au milieu de tout ça, il réussi à retrouver l’amour, à se marier et avoir un enfant ! La rencontre avec Elizabeth et surtout la naissance de Milan marquent un tournant dans cette vie de « prisonnier », il fait preuve une vrai volonté de continuer à poursuivre sa vie le plus normalement possible (on ne peut pas lui tenir rigueur d’avoir eu un petit épisode dépressif…)

J’ai trouvé aussi qu’il avait des mots assez durs avec certaines personnes de son entourage (je ne parle évidemment pas des gens qui ont soutenu la fatwa), mais cela doit faire parti d’une volonté de rester au plus près de la réalité (ça aurait vite tourné « bisounoursland » s’il n’avait parlé que des gens géniaux qui l’avait soutenu, et ça aurait minimisé la menace dont il était la cible) mais par moment on dirait des règlements de compte.

Cette chronique est un peu morcelée mais c’est difficile de parler d’un livre de 900 pages racontant la majeur partie de la vie d’une personne en peu de mots.
Ce livre m’a donné envie de relire Les Versets sataniques (dont je n’ai aucun souvenir, mais je pense que maintenant que j’ai connaissance de la genèse du livre et des critiques (de la folie, plutôt) qui l’a entouré, je suis mieux armée pour le comprendre) et d’autres œuvres de Rushdie.
J’ai mis beaucoup de temps à le lire mais à aucun moment je ne me suis lassée, je savais qu’il ne ferait pas parti des livres que j’allais abandonner dès les premières pages (j’ai même osé lire un autre livre au milieu, pour détendre un peu l’atmosphère, sans avoir peur de délaisser Joseph Anton).

Joseph Anton s’adresse autant à des gens qui ont lu les œuvres précédentes de Rushdie, vous y trouverez de nombreuses informations sur les circonstances d’écriture de ces livres, qu’à ceux qui n’ont jamais lu de Rushdie avant, vous découvrirez sous un autre angle une des grandes affaires de la fin du XXe siècle, et cela vous donnera surement envie de lire ses romans !