Leopard Hall, Katherine Scholes

★★★★☆

J’ai eu l’occasion de lire Leopard Hall grâce à NetGalley, et je remercie donc les Editions Belfond et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman !

(et soudain, au bout de 3 ans et demi de blog elle se rend compte que mettre le nom de l’auteur dans le titre de l’article serait une bonne idée, quand même…)

Anna Emerson, secrétaire de vingt-cinq ans, s’apprête à quitter Melbourne pour retourner sur sa terre natale du Congo : Karl, son père qu’elle n’a pas revu depuis dix-huit ans, est malade. Sur le lit de mort du vieil homme, Anna fait un serment : veiller sur Leopard Hall, sa villa remplie d’oeuvres d’art pillées aux Africains. Mais tout est remis en question lorsqu’elle découvre que Karl n’est pas son père biologique.
Pourquoi sa mère ne lui a-t-elle rien dit ? En quête d’indices sur son passé, Anna se lance sur les pistes aux côtés d’Eliza, mystérieuse photographe américaine. Mais dans ce pays fraîchement indépendant, livré aux rebelles simbas, les tensions sont vives, parfois sanglantes, et les deux femmes voient leurs chemins se séparer brutalement…

D’un palace colonial abandonné sur les bords du lac Tanganyika à un hôpital de mission dans la jungle, Anna finira-t-elle par trouver les réponses qu’elle cherche ? Et si c’était à Leopard Hall, ce lieu auquel elle tente d’échapper, que le destin lui avait donné rendez-vous ?

Je ne connaissais pas du tout Katherine Scholes et c’est une belle découverte ! L’auteur dépeint parfaitement les paysages et l’environnement dans lequel évoluent ses personnages (et pour cause elle vit juste en face, en Tanzanie). Le rythme du livre est constant et fluide, on se retrouve à tourner les pages sans s’en rendre compte… et à dévorer ce roman en un rien de temps !

J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur le Congo, on a peu l’occasion de lire un roman se déroulant en Afrique (enfin personnellement j’en ai peu croisé, à part ceux d’Alain Mabanckou et La Ferme africaine de Karen Blixen, que j’avais adoré) et en pleine décolonisation. On peut y voir les différences entre Noirs et Blancs dans un pays déchiré par le départ des colonisateurs et les coups d’Etats. On ressent la violence de la situation, la dureté de la vie des missionnaires isolés dans la brousse (et d’autres choses qui vous spoilerai une partie intéressante du roman…)

Anna, le personnage principal, est une jeune fille un peu naïve, elle n’a connu que le confort de sa vie en Australie. J’ai largement préféré le personnage d’Eliza, une jeune femme déterminée, qui sait sortir de sa condition pour défendre ses idéaux (là non plus je ne vous en dis pas plus… même si on le comprend assez vite dans le roman).

Je ne vous cache pas que j’étais plutôt contente que pour une fois ce « genre de roman »* ne traite pas d’une histoire d’amour (encore mieux, pas de triangle amoureux ! le rêve).
(*ce n’est pas du tout péjoratif. J’aime ce « genre de roman », ils sont ma façon de lire des romans historiques, de me plonger dans des époques et des lieux qui sont rarement accessibles dans la « littérature blanche »)

Ce roman est une excellente lecture si vous souhaitez être dépaysé tout en en apprenant un peu sur le contexte africain des années 1960.

Le monde est mon langage

★★★★★

J’avais adoré Black Bazar à sa sortie, Petit Piment attend dans ma bibliothèque (et après 3 passages à la Fnac je n’ai pas encore pu mettre la main sur Mémoires d’un porc-épic mais ça ne saurait tarder) et je ne me lasse pas de l’écouter à la télé ou à la radio. Donc oui j’aime bien Alain Mabanckou.

C’est donc avec joie que je me suis lancée dans la lecture de Le monde est mon langage.
J’ai découvert un ôde à la littérature francophone. Dans toute sa diversité.
Cette lecture m’a permis de découvrir beaucoup d’auteurs africains, haitiens ou même cubains.
J’avais retenu des interview télé à la sortie de ce livre l’anecdote sur la piscine vide de Lafferière et la volonté du « sapeur » de Mabanckou d’apparaître dans un de ses livres mais à la lecture du Monde est mon langage j’ai pu apprécier une réflexion plus étendue sur la littérature, les mots, la langue française…

Ses souvenirs avec Le Clezio permettent d’entrer facilement dans cet essai, ce petit bout d’autobiographie… je ne sais comment qualifier cet ouvrage. Puis Mabanckou nous entraine à travers le monde à la découverte de la littérature francophone, de ceux qui la font et de ceux qui l’apprécie (si jamais vous croisez Douglas Kennedy, soyez prévenus : parlez lui en français).

Ce livre m’a ouvert les yeux sur la littérature francophone (à tel point que je viens de renommer la catégorie « roman français » en « roman francophone »)