La Voleuse de livres (livre et film)

Ce livre inaugure la catégorie « Du livre à l’écran ». Cette année je vais essayer de lire certains romans avant de voir leur adaptation à l’écran. Sont prévus pour l’instant : The Fault in our Stars et Incidences (L’amour est un crime parfait).

Pour La Voleuse de livre, je vais faire une seule chronique parce qu’à peine le livre fini je suis allée voir le film (je m’y suis prise un peu au dernier moment pour le lire). Mais dans l’absolu je préfère laisser un peu de temps s’écouler entre la lecture du roman et le visionnage du film pour « digérer » l’histoire.

Le livre : 

« Quand la mort vous raconte une histoire, vous l’écoutez. » Je ne sais plus où j’ai lu cette phrase mais elle est très bien trouvée. J’ai découvert dans ce livre que la Mort n’est pas dénuée d’humour ! Les premiers chapitres m’ont fait sourire. Ce qui était plutôt agréable parce que le reste de l’histoire n’est pas toujours rigolote.

Markus Zusak nous plonge dans l’Allemagne nazie. Dans la petite ville de Molching, on découvre par l’intermédiaire de Liesel (la voleuse de livre) la vie quotidienne de gens « normaux » pendant cette période. Il y a des nazis convaincus, mais dans l’ensemble les habitants de la rue Himmel sont assez indifférents à la politique. Ils ont leurs problèmes quotidiens : parer au manque de nourriture, ne pas se faire remarquer par les cadres nazis, attendre des nouvelles de leurs proches envoyés au front. Et quand Hans, le père nourricier de Liesel, cache un Juif dans son sous-sol c’est d’abord pour honorer une promesse faite quelques 20 ans plus tôt.

Mais avant de se plonger dans le quotidien de ces Allemands on est d’abord confronté à la volonté de Liesel de maîtriser les mots. Son rapport à la lecture m’a beaucoup marqué (dans la première partie du roman, parce qu’une fois qu’elle a appris à lire c’est plutôt son rapport aux livres (qu’elle vole, vous l’aurez compris) qui est mis en valeur). Son apprentissage de la lecture n’est ni facile ni immédiat. Il est lié à ses réveils nocturnes à cause de cauchemars. Aidée de son père elle va péniblement apprendre à lire. Jusqu’à un certain moment (je vais pas tout vous raconter, non plus !) la lecture est associée à des difficultés, ses cauchemars, des vexations, mais sur fond de resserrement des liens avec son « père ». Puis, Liesel s’approprie ce monde de mots, lit et relit les livres qu’elle a volés. Et à partir de là j’ai trouvé que les livres et la lecture prenaient une part moins importante dans l’histoire. Enfin non, pas vraiment moins importante, mais totalement différente. Les livres font partie d’une vengeance qui est en même temps une marque d’amour, ils apaisent pendant les raids aériens et la principale : ils sont la marque d’un lien très fort entre Liesel et le jeune Juif que sa famille cache.

Et maintenant le film !

J’ai écrit la chronique sur le livre avant de voir le film, je voulais être sûre que les deux versions ne se mélangeraient pas dans ma petite tête de moineau.

Avant de voir le film j’étais curieuse de voir comment certains aspects du romans seraient traités. Notamment la narration par la Mort, les cauchemars, les vols… solution toute trouvée : ne pas en parler.
On voit Liesel voler les livres, parce que bon c’est le titre du film fallait bien le montrer hein, mais on sent que c’est pas trop le propos (que d’ailleurs je n’ai pas vraiment cerné), la Mort (en voix off) dit une dizaine de phrases pas plus…

Heureusement, au milieu de cet élagage massif, la scène du bonhomme de neige dans la cave a survécu, j’aurais été très déçue si même ce petit moment de grâce avait disparu.

Je pense que pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre, le film se tient. Même s’il doit y avoir quelques petites choses qui sortent de nul part (oh ba tient d’un coup Liesel s’occupe de livrer du linge… pourquoi, comment… débrouillez-vous).
Mais en ayant lu le livre (juste avant qui plus est) c’est assez frustrant. Certaines subtilités, complexités sont aplanies et c’est dommage.
Je comprends bien la difficulté de faire tenir 600 pages en 2h de film, mais il y avait peut-être des choix différents à faire (mais je ne suis pas scénariste, je ne vais donc pas vous exposer ici ma version).

Pour résumer : foncez sur le livre, le film peut attendre !

Le Journal d’un dégonflé

degonfle

Quand j’ai émis l’idée de faire une petite pause au milieu du conséquent Joseph Anton de Salman Rushdie (919 pages, ça mérite bien un petit break ver la 463e page) j’ai vu une de mes amies se précipiter vers moi tenant le Journal d’un dégonflé de Jeff Kinney à bout de bras (j’exagère un peu). Je me suis dit que ça ferait une pause agréable, sans me ré-embarquer dans un roman à proprement parler, ce qui généralement chez moi se termine par l’abandon pur et simple du premier livre.

J’ai lu le Journal d’un dégonflé en une soirée. Un break d’une durée idéale dans ma lecture de Rushdie. C’est plutôt sympa, les dessins sont rigolo, on sent qu’il y a un potentiel pour devenir franchement drôle mais que ce premier tome est là pour introduire les personnages.
Greg rentre en 6e, et sa mère lui a offert un journal, mais attention il ne va pas se mettre à y écrire ses sentiments. Il va s’en servir de carnet de bord. Enfin c’est ce qu’il nous dit. Greg raconte son quotidien de collégien, plutôt petit et maigrichon, mais plein d’humour. Le texte est ponctué de dessins humoristiques qui complètent et animent le roman.

Il y a juste deux trucs qui m’ont un peu étonnée :
La première est cette phrase : « D’abord on doit tous mettre une sorte de maillot qui ressemble aux costumes de bain qui se portaient au bas mot dans les années 1800« , mon interrogation se pose sur la probabilité qu’un collégien de 6e dise exactement les mots que j’ai mis en italique…
La seconde doit être un problème de traduction : Robert (meilleur ami de Greg) fait de la muscu, et soudain les altères tombent « Ca n’a pas raté : Robert s’est complètement désuni »… un peu bizarre comme phrase, non ?

J’ai bien aimé Le Journal d’un dégonflé, j’ai hâte de lire le tome 2 dès que j’aurais fini Joseph Anton !