Les Miracles du bazar Namiya

De quoi ça parle ?

Un soir, trois jeunes hommes trouvent refuge dans un vieux bazar abandonné. Ils reçoivent une étrange lettre, qui semble dater de 30 ans plus tôt.

Pourquoi il faut que tu le lises :

Je ne m’attendais pas vraiment à ça. Déjà parce que ce livre est publié dans la collection Exofiction qui propose de la science fiction… alors certes les 3 types communiquent avec des gens qui ont vécu 30 plus tôt mais le sujet est plutôt les relations humaines, les choix et leurs impacts sur notre vie et celle des autres.

J’ai été un peu surprise parce que Les miracles du Bazar se présente presque comme un recueil de nouvelles et j’ai mis un peu de temps à le comprendre… mais peu à peu tout se met en place et les pièces du puzzle s’imbriquent. Le genre habituel de l’auteur est le roman policer… ça a dû aider pour créer tous ces liens !

Comme à chaque fois que je lis de la littérature japonaise (ce que je devrais faire beaucoup plus souvent) je suis impressionnée par le style, l’ambiance qui se dégage de ces récits. La culture japonaise a une façon bien à elle de voir et de comprendre les relations humaines et, en tout cas dans ce que je lis, il s’en dégage une impression que j’ai du mal à décrire mais qui fait que je me sens bien dans ces livres (même si on sent un fort poids des traditions, du respect, de la famille).

Une belle lecture, un roman très touchant.

Keigo Higashino, Les Miracles du bazar Namiya, Actes Sud, 384p.

La Servante écarlate ★★★★★

IMG_0458_2 On a énormément parlé de La Servante écarlate ces derniers temps. La première fois que je l’ai vu c’est sur Our Share Shelf, puis chez Books and quills… et enfin la vague a atteint la France.

La plupart des avis que j’ai lus/vus parlait de la dimension féministe de ce livre. Moi, c’est le glissement presque imperceptible mais néanmoins très rapide vers cette situation de totalitarisme qui m’a vraiment marqué. L’enchainement des événements semble plus que plausible dans notre monde actuel. Ce qui est glaçant.

La situation est celle-là : dans la république de Gilead, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, les Martha et les Servantes écarlates. Les Servantes ont pour unique fonction la reproduction.
Defred intercale des événements de sa vie actuelle et de sa vie d’avant, nous apportant une partie des réponses concernant la vie à Gilead. Mais surtout, en tout cas c’est ce que je retiens du livre, elle nous éclaire sur la facilité avec laquelle ce nouvel ordre s’est installé. Je vous laisse découvrir, mais c’est sidérant. Et tellement réaliste.

Je ne voudrais pas en dire trop, mais que ce soit pour le côté féministe ou politique (installation d’un ordre nouveau), je vous conseille la lecture de ce roman d’anticipation (c’est fou de penser qu’il a été écrit en 1985). Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est incroyablement contemporain.

Margaret Atwood, La Servante écarlate, Robert Laffont, 544p

Phobos ★★★☆☆

Longtemps après tout le monde j’ai enfin commencé Phobos. Et évidemment comme (presque) tout le monde j’aime. J’ai enchainé les 2 premiers tomes. Je fait une petite pause avant d’attaquer la suite (ô toi lecteur fidèle, tu sais que j’ai vite un sentiment d’overdose dans une série).

Cette photo pourrait laisser entendre que j’envisage de participer au programme Genesis… mais non. Merci. Jamais. Même pas en rêve.

6 garçons et 6 filles sont envoyés sur Mars pour peupler la planète rouge. Pendant le voyage ils vont participer à du speed dating pour constituer 6 couples qui se marieront une fois le pied poser sur le sable rouge.
Oui sauf que tout n’est pas si simple. Le programme Genesis a un problème.

Je m’arrête là.
Je suis totalement prise par l’histoire mais en même temps je remarque que certains aspects du roman pechent un peu.
Par exemple les personnages n’ont aucune profondeur. Je sais que c’est du YA, mais bon quand même. Et franchement à part quelques qualificatifs relativement caricaturaux et fournis par l’auteur je ne saurais pas parler des personnages.
Ni de cette histoire de speed-dating. Les relations entre protagonistes (puisque dans le tome 1 ils sont séparés filles/garçons) sont peu mises en avant.
Tout repose que la question : mais c’est quoi le vice caché de ce programme ?

Et il faut croire que cette question est suffisante pour moi !
Mis à part ça je retrouve un peu de l’ambiance Seul sur Mars que j’avais aimé (et ça risque de s’intensifier dans les tomes suivants).
(Fan de SF qui a aimé Seul sur Mars, tu risque d’être déçu par Phobos. Le seul rapport c’est Mars. Presque.)

Je ne vous parlerai probablement pas des tomes suivants. C’est trop complique de parlé de suite de roman, soit je dis rien et c’est inintéressant, soit je spoile à tout va et c’est risqué pour tout le monde.

Mais si vous partez en vacances en aout, c’est une bonne lecture. Et avec 4 tomes déjà parus, vous avez quelques journées de plage bien occupées en perspective !

(Edit : Entre temps j’ai lu Origine et le tome 3. Le tome 3 est ouf, les perso gagnent en épaisseur, l’ensemble du récit aussi !)

Victor Dixen, Phobos, Robert Laffont, Collection R, 448p.

Seul sur Mars

★★★★★

Un thriller martien. Avec beaucoup de science dedans. Autant te dire que c’était pas gagné.
Mais au final j’ai beaucoup aimé (je certifie pas que j’ai tout compris).

Mark Watney, se retrouve seul sur Mars (ah ouais ?) et il doit lutter pour sa survie. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y met toutes ses connaissances. Coup de bol, il est botaniste et ingénieur (s’il avait été informaticien et géologue il aurait pas tenu 10 minutes).

Forcement comme j’ai lu le livre après la sortie du film (et la couv ne m’a pas laissé beaucoup le choix), dans ma tête Mark Watney c’est Matt Damon (on a connu pire). Et en fait ça marche bien. Damon c’est le type marrant mais qui a les méninges qui fonctionnent (Ocean’s Eleven et Will Hunting).

On se marre bien dans ce livre. Pour de vrai.
Et même si on ne comprend pas forcement toutes les explications scientifiques ce n’est pas grave, ce qui compte c’est la vie de Watney sur Mars, sa survie, ses réflexions…

Ce n’est pas vraiment de la science fiction, ce n’est pas un thriller classique, ce n’est pas une comédie… mais c’est un très bon moment de lecture !

(et ça m’a permis de me rendre compte que l’humain, maintenant qu’il a bien pourri sa planète, s’est dit qu’il allait prendre l’espace comme extension de décharge…)

L’Alliance des Trois [Autre-Monde tome 1]

★★★★★(★)

Cette série je l’ai découverte par les Instastories de Lemon June. Tous les soirs elle nous disait qu’elle n’arrivait pas à lire autre chose et a enchainé tous les tomes tout en essayant de les savourer (ce à quoi j’ai totalement échoué pour ce premier tome. Commencé un vendredi matin dans le métro, fini le samedi après-midi suivant) (j’ai travaillé, visité un musée et fait du shopping également…)

Matt se réveille après une tempête un peu particulière. Tous les adultes ont disparu. Il arrive à retrouver son ami Tobias et ensemble ils découvrent ce nouveau monde.

Aloooors… je vais essayer d’en parler un peu et de ne pas spoiler en même temps.
La Terre a repris ses droits, de toute évidence elle en a eu marre que les humains s’acharnent à la détruire. Mais il y a l’air d’avoir d’autres choses aussi (c’est le premier tome d’une série de 7… il y a des pistes, on sent qu’il va se passer plein plein de choses !).
Les personnages sont bien construits et c’est merveilleux, Matt n’est pas le seul espoir du monde pour être sauvé (il n’y a pas l’air d’avoir grand chose à sauver).
J’ai retrouvé une petite ambiance La Route de McCarthy (en super light, je vais pas faire de cauchemars), de Sa Majesté des mouches… et un poil d’Harry Potter (mais ça c’est lié à la composition de « L’Alliance des Trois »).

Je n’avais jamais lu de Maxime Chattam (pour une raison obscure mon cerveau l’associait à Musso et Lévy) mais là je sais déjà que je vais lire 6 autres de ses livres en très peu de temps. Et surement un de ses thrillers pour essayer.

J’attends de voir ce que donne la suite (à peine les 100 premières page du tome 1 lues, j’ai acheté le tome 2 par sécurité… j’ai bien fait) mais j’ai un très bon pressentiment quant à cette série !

L’Heritage des Rois-Passeurs


J’aime de plus en plus découvrir un nouvel univers en lisant un livre. Ne pas être totalement en terrain connu avec des personnages qui prennent le métro et s’envoient des sms (je pourrais lire des classiques pour obtenir cet effet me direz-vous, mais ce n’est pas pareil. Malgré tout le passé est un terrain connu aussi.) (Après des études d’Histoire et un nombre incalculable de romans et essais historiques, le contraire serait inquiétant) 

Nous voilà en Ombre. La princesse revient d’exil (où elle est devenue chasseuse de dragon. On ne parle pas vraiment d’une princesse en robe de soie et rubans roses) car sa mère est mourante. Au même moment en Rive (notre monde) Enora s’apprête à fêter ses 20 ans lorsque sa famille est massacrée par l’Ordre. C’est en creusant dans son ombre qu’elle arrive en Ombre. 

À partir de là on decouvre mieux Ombre et son langage si particulier (c’est très bien trouvé. Clair mais dépaysant). L’histoire s’appuie sur de nombreux complots politiques et un soupçon de magie (sans baguette). Le récit est émaillé de « fragments » qui viennent éclairer le lecteur sur le passé et l’histoire d’Ombre et donne du rythme aux différents épisodes que vivent les protagonistes. 

J’ai découvert à la fin, dans la petite notice biographique de Marion Fargetton, qu’elle était originaire de Saint-Malo. Et ça a mis le doigt sur un truc que j’avais ressenti pendant la lecture mais mal identifié : l’atmosphère bretonne. Je ne sais pas pourquoi, mais ce livre dégage une atmosphère semblable aux légendes que l’ont peut lire sur la Bretagne. 

Une lecture qui m’aura beaucoup plu et je comprends tout à fait pourquoi son auteur a reçu le prix Imaginales de cette année !

(Évidemment ma couv en noir et blanc parce que sur liseuse n’est pas tres jolie mais l’originale en couleur vaut le coup d’œil !)

L’Elixir d’oubli [Le Paris des merveilles, tome 2]


J’ai retrouvé avec joie Louis Denizart Hypollite Griffont, la baronne de Saint Gil, Azincourt (le chat ailé un peu snob)…
On croise aussi George Méliès, Arsène Lupin, Cartouche…

Cette fois c’est le meurtre d’un antiquaire qui va entraîner Griffont dans les méandres de la guerre qui fait rage entre les fées et les dragons depuis des siècles.
L’enquête de Griffont nous amène à retourner dans le passé (ce n’est pas un voyage dans le temps, juste un retour narratif… il y a de la magie partout mais pas dans ce genre), un petit saut au XVIIIe siècle (extrêmement bien placé, surtout que j’y suis arrivée un matin avant de sortir du métro… impossible de reprendre avant le soir !).
Pierre Pevel en profite pour nous faire vivre la rencontre entre Griffont et Isabel de Saint Gil, la création des cercles des mages et approfondir le panorama du monde de la magie qui a été esquissé dans le tome précédent.

Une fois de plus j’ai adoré le style de Pierre Pevel, notamment ses apostrophes au lecteur. J’accroche tout à fait à cet univers mêlant magie et histoire (toujours Paris au XIXe siècle…)

Il ne me semble pas indispensable d’avoir lu le tome 1, Les Enchantements d’Ambremer, pour suivre les aventures de Griffont dans L’Elixir d’oubli, mais ça serait dommage de vous en priver !

Les Quinze Premières vies d’Harry August

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Après avoir vu ce livre tourner pas mal sur Twitter j’ai craqué et l’ai acheté chez bookeen en promo (les promo d’epub c’est le mal : des livres peu chers et qui en plus ne prennent pas de place dans votre bibliothèque…) (et très souvent d’excellentes découvertes !)

J’ai été un peu déroutée pendant le premier tiers du livre. Harry raconte ses premières vies (l’entremêlement de ses vies est très bien construit, le récit est fluide et agréable) et je ne voyais pas trop où on allait (j’aime bien être surprise mais là j’avais du mal à entrevoir un but).

Mais finalement c’est par de petites info qui prennent de plus en plus de place que Claire North installe l’évolution du récit et l’on avance de plus en plus dans les vies d’Harry August. Et l’on comprend mieux ce phénomène de vie « répétitive » un peu comme dans le film Un jour sans fin mais sur tout une vie, ce qui laisse un peu plus de temps !

Ce principe d’êtres qui revivent leur vie sans fin, l’immortalité sans futur, a soulevé chez moi beaucoup de questions sur la linéarité du temps. Mais peut être est-ce parce que je suis un humain linéaire…

Ce roman pose la question des conséquences de nos actes (même si la plupart d’entre nous n’influencera pas le futur de l’humanité en choisissant de tourner à droite ou à gauche à un carrefour…) et de notre vision du temps.

Vous pouvez retrouver une interview de Claire North sur le blog de Bookeen

A découvrir !

Le Chardon et le Tartan [Outlander, tome 1]

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Après plusieurs mois à lire à droite à gauche que la sérié télé Outlander est « vraiment trop bien », et que le livre aussi, et à la faveur d’une promo chez Bookeen j’avais acheté le tome 1 en me disant que je verrais bien…

La série est arrivée sur Netflix, j’ai vraiment envie de la voir mais comme je suis incapable de lire un livre après avoir vu l’adaptation (là rien que la couv me perturbe, je ne vois ni Claire ni Jamie comme ça…) j’ai commencé par le livre.

Je l’ai dévoré. Le soir en avant de me coucher il me fallait ma dose d’Outlander.
J’ai juste un petit bémol sur un certain nombre de scènes un peu « Harlequin », non pas que je sois prude mais parce que je ne m’attendais pas du tout à ça. Ni à une certaine dose de violence. Je ne sais pas pourquoi mais dans ma tête Outlander était un peu « young adult » avec une dose de fantasy et d’historique puisque l’héroine fait un bond de 200 ans en arrière… (c’est un peu comme pour Orgueil et Préjugés, mes a priori ont été balayés en quelques pages).
Je comprends totalement pourquoi ça a été transformé en série télé. On veut tout le temps connaître la suite ! On en apprend un peu plus sur chaque personnage et sur l’histoire des Highlands à chaque rebondissement, entre les liens familiaux complexes, les intrigues politiques, les histoires d’amour.

L’ambiance Highlands mêlée à la guerre entre les Anglais et les Ecossais, la vie quotidienne du XVIIIe siècle… ça me rappelle La Mer en hiver et j’aime toujours autant !

Donc tome 1 fini à 17h dimanche, le temps de rentrer chez moi j’ai emprunté le tome 2 à la bibliothèque numérique de Paris (pas le temps d’attendre, la date qui figure sur le résumé du tome 2 est BEAUCOUP trop intrigante !)

 

Les Enchantements d’Ambremer (Le Paris des merveilles Tome 1)

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Paris à la Belle Epoque, c’est ma conjonction lieu/époque préférée… rajoutez-y une dose de fantastique (quelques fées, des mages, des gargouilles), le tout écrit par Pierre Pevel (que je découvre ici)… le roman est évidemment génial !

Louis Griffont mène une enquête sur un trafic d’objet enchantés mais dans ce monde fantastique les choses sont souvent un peu plus que ce qu’elles ne sont !

Je lis peu de fantasy (c’est comme la BD, plus par habitude que parce que je n’aime pas le genre) mais ce livre m’a énormément plu. J’ai beaucoup aimé la plume de Pierre Pevel, les personnages et surtout l’univers est bien décrit (heureusement parce qu’on s’y perdrait entre les 3 mondes, et dans les différentes caractéristiques des fées et des mages !), l’histoire est entrainante et pleine de rebondissements. Le narrateur nous fait des petits clin d’oeil sympathiques.

Et qui ne rêverait pas d’avoir un chat ailé et de pouvoir papoter avec un arbre savant ?!

Et qui dit tome 1 dit suite !