Le Songe de l’astronome

 

★★★☆☆

Prague, 1601. L’empereur Rodolphe II de Habsbourg organise une somptueuse fête à l’occasion de laquelle le célèbre astronome Tycho Brahé doit présenter sa conception du cosmos. La cour réunit les plus grands penseurs, artistes et notables de la Renaissance, au nombre desquels se trouvent le peintre Sprangler, l’alchimiste Michael Maier ou encore l’inquisiteur Roberto Bellarmin, connu pour avoir envoyé le philosophe copernicien Giordano Bruno au bûcher. L’enjeu est de taille: savoir si le Maître fait tourner le Soleil autour de la Terre, ou l’inverse. Mais lorsque l’homme de science est retrouvé empoisonné dans le cabinet de curiosités du château, l’empereur décide d’enfermer tous ses invités jusqu’à ce que le coupable soit démasqué.

Un huis clos sanglant et spectaculaire à la cour de Prague, inspiré de la disparition du légendaire astronome de la Renaissance, Tycho Brahé.

Ce livre aurait pu avoir 5 étoiles si l’histoire n’avait pas mis 54 pages à commencer (je crois que les auteurs se moquent du nom de mon blog)… sur 190 pages, ça fait vraiment long avant un bon petit meurtre.

Mais la suite, entre le meurtre de l’astronome et la résolution de l’affaire est vraiment bien ! On sent que les auteurs sont issus du théâtre et du spectacle vivant plus largement. Les scènes sont vivantes, les personnages des figures à fort caractère.

Le lecteur est plongé au coeur du huis clos dans le château de Prague lorsque le chef de la sécurité mène l’enquête sur la mort de l’astronome Tycho Brahé, interrogeant tour à tour les invités de l’empereur. Une diplomate anglaise, l’homme qui a fait brûler Giordano Bruno, un ambassadeur danois, un nain et un peintre géant sont suspects.

J’ai beaucoup aimé l’aspect historique (vous commencez à me connaître) et surtout l’ambiance 17e siècle, dans une ville que j’ai visité il y a peu (sauf le château justement, il y avait une foire au vin, impossible d’entrer…). La petite touche folklorique de l’alchimie fait toujours son effet (sur moi en tout cas).

Si vous n’avez pas peur d’attendre quelques dizaines de page que l’histoire commence enfin, je vous conseille ce roman ! (si vous êtes un peu impatients ça risque d’être un peu long)

L’Enfant du lac


★★★☆☆

1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon. 
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.

J’avais adoré Les Heures lointaines il y a quelques années. Du coup quand j’ai vu que Kate Morton sortant un nouveau roman j’en attendais beaucoup ! Peut-être un peu trop en fait…

Dans l’ensemble j’ai aimé ce roman (d’où les 3 étoiles). L’idée d’un événement dont on suit le déroulement en direct et l’enquête qui en résulte dans notre présent à nous me séduit toujours. D’autant plus si la période historique est l’Angleterre du début du XXe siècle.
Kate Morton sait indéniablement créer une ambiance et délivrer avec parcimonie les informations à ses lecteurs. Les lieux qu’elle décrit font rêver, si je pouvais louer la maison du lac pour les vacances je le ferais ! (sans les événements tragiques…). Sa galerie de personnages est fouillée, les gens ne sont pas ce qu’ils semblent être et chaque petite révélation retourne l’intrigue !

Mais j’ai mis environ 150 pages à entrer dans l’histoire, à accrocher. A partir de là tout va bien, je suis à fond j’avance à grand pas… et la fin. Je crois très clairement que cette fin entre directement en deuxième place dans mon panthéon des fins WTF !

Donc si vous ne connaissez pas Kate Morton, ne commencez pas par celui-ci vous passeriez à côté d’un très bon auteur à cause d’une petite baisse de régime. Je vous conseille Les Heures lointaines, et l’amie qui me prête les ouvrages de Morton conseille quand à elle La Scène des souvenirs (qui attend dans ma PAL !)

Pour l’éternité [ou le livre qui tombait à pic mais pas pour les bonnes raisons…]

pourleternite

 

J’avais prévu d’écrire un article pour vous expliquer pourquoi mes chroniques étaient positives et que grâce à ma loooongue expérience de lectrice je ne choisissais presque jamais des livres qui ne me plaisaient pas.

Et voila qu’arrive Pour l’éternité.
Certes c’est un service de presse, mais j’avais le choix et j’ai décidé de le prendre parce que la 4e de couv me plaisait. (Je ne vois pas trop l’intérêt de dire oui à tout service de presse se présentant… c’est de la lecture et du temps, les deux sont sacrés)
Je n’ai jamais accroché. J’ai trouvé l’écriture lourde (des clichés, des répétitions… Et je crois que le pire c’est le nom de Raquel Evans inévitablement suivi de « sa meilleure amie » au bout d’un moment ça devient un running gag… ), les chapitres sont courts pour donner une impression de rapidité, d’intensité… impression anéantie par la précision du jour (voir du moment de la journée) en début de chaque chapitre. À la 6e mention de « mardi 29 octobre » on a l’impression que cette journée a duré 72h…
mais comme c’était un service de presse et qu’il est hors de question que j’écrive la chronique d’un livre que je n’ai pas fini (on sait jamais, il y a peut-être un twist qui explique la médiocrité du début…) je me suis acharnée. Et bien non. Rien. Pire, la fin était presque drôle de ridicule et de facilité.

C’est quand même le 10e opus de la série autour de l’inspecteur Roy Grace… donc c’est que ça ne doit pas être si mal, c’est surement que ça ne me correspond pas.

D’ailleurs à aucun moment je ne me suis sentie inclus dans cette série. Les personnages récurrents vivent leur vie et tant pis si on ne comprend pas tout. Pour moi un bon auteur doit trouver la quantité juste d’informations à distiller au lecteur pour satisfaire ceux qui connaissent la série sur le bout des doigts, ceux qui ont besoin qu’on leur rafraîchisse un peu la mémoire et ceux qui découvrent l’univers…

Au moins ce livre sera venu me réveiller à un moment de doute. Je commençais à me dire que j’avais un problème à aimer tout ce que je lisais, que peut-être mon sens critique s’émoussait dans un océan de cœurs avec les mains et de point d’exclamations par groupe de 3, que je ne voyais même plus quand un livre était mal écrit, ou que l’histoire ne tenait pas la route. Parfois je vois bien que la forme est un peu légère, mais l’histoire tient bien la route et ça compense (l’inverse est difficile, un style magnifique n’a que très peu d’intérêt si l’histoire qu’il sert est creuse).

Si vous voulez lire un thriller avec une vraie ambiance de harcèlement et de paranoia, le genre de livre qui vous fait vous retourner dans la rue encore quelques jours après l’avoir fermé, je vous conseille Juste une ombre de Karine Giebel.

Condor

condor

Caryl Férey nous emmène cette fois au Chili (je sais pas vous, mais moi je suis partie avec lui en Nouvelle Zélande il y a quelques années et j’avais déjà adoré), entre bidonvilles, trafic de drogue et magie mapuche.

Le début est un peu lent. La trame du roman se met en place doucement… puis soudain tout s’accélère !
Caryl Fery profite de cet enquête menée par Gabriela, étudiante en cinéma, et Esteban, avocat issu d’une grande famille, pour nous décrire le Chili contemporain. Une classe aisée très riche et une classe populaire qui vit en partie dans les poblaciones, des quartiers faits de bric et de broc, vivent en parallèle et la jeunesse commence à se révolter (le personnage de Camilla, bien que peu présent incarne cette jeunesse qui enfin ose s’exprimer après les années de plomb de la dictature Pinochet)
Les meurtres de 4 jeunes font remonter toute une filière liée à la drogue et remuent les restes de la dictature et de l’opération Condor (je vous laisse découvrir).

J’ai bien aimé suivre l’enquête, même si par moment c’est un peu confus. Mais j’ai surtout apprécié découvrir le Chili et revenir sur la dictature Pinochet et ses conséquences (voyage et Histoire, deux éléments qui m’accrochent à chaque fois).

Grâce à Babelio j’ai pu rencontrer l’auteur ! Chez Gallimard ! (J’ai croisé Jean d’Ormesson dans le hall. Non pas que je sois fan, mais c’est quand même un monument) (il est tout petit).
Caryl Ferey a pu nous parler de la genèse de Condor. Chacun de ses personnages est inspiré d’un mélange de personnes qu’il a pu rencontrer au Chili, même El Chuque, le dealer au visage bardé de cicatrices (qui a volé l’appareil photo d’un de ses compagnons de voyage !).
On a pu en apprendre un peu plus sur son rapport à l’écriture. Ferey aime écrire des polar parce qu’on peut tout y mettre, s’appuyer sur l’Histoire, insérer de la poésie destructurée (je vous laisse découvrir ça dans Condor…), insérer une histoire d’amour. D’ailleurs ce qu’il aime écrire ce sont des histoires d’amour, il le dit lui même il n’y connait rien en arme et les scènes de fusillades sont nettement moins intéressantes au niveau des interactions entre ses personnages.

Je peux vous annoncer que le prochain Caryl Ferey sera une enquête de McCash qui commencera en Bretagne puis ira en Grèce sur la trace des migrants (il a commencé à écrire ce livre il y a 4 ans, et est rattrapé par l’actualité). Il n’a pas encore fini, ça me laisse le temps de lire La Jambe gauche de Joe Strummer qui attend dans ma wishlist depuis des années !

Ce qu’il nous faut c’est un mort

fautmort

Avec un titre pareil et les premiers chapitres racontant les différentes et soirées du 12 juillet 1998 des futurs protagonistes, on s’attend à un thriller plutôt rapide. Mais soudain le roman ralentit, l’auteur revient sur l’histoire des Ateliers Cybelle, cette usine presque utopique qui fait vivre tout Vrainville, et le roman prend un tour plus social. Ce qui n’est pas déplaisant en soi, mais le livre prend une autre tournure.
J’ai vraiment apprécié le style de l’auteur. Surtout le côté omniscient, une petite info sur le futur d’un personnage, si elle est bien placée peu vous tenir en haleine plusieurs page ! C’est le cas ici, à plusieurs reprises.

Ne cherchez pas ici un thriller qui vous tiendra éveillé tard dans la nuit, mais vous trouverez un bon roman policier à tendance sociale ou un bon roman social a tendance policière

Retour de flammes

retourflammes

J’ai toujours eu un faible pour la collection Grands Détectives de 10/18 et Retour de flammes ne m’a pas déçue !

1956, Krouchtchev vient faire une visite en Grande Bretagne. Freddie Troy est affecté à sa sécurité. La visite se passe bien, si ce n’est l’humour douteux du Russe, et la délégation repart. Si ce n’est ce petit incident : les russes assurent qu’un homme-grenouille espionnait leur navire.

600 pages lues en une fois. La première partie du roman met bien en place le décors, l’Angleterre 10 ans après la guerre, mais qui ne s’en remet pas vraiment, la fin de l’ère Staline qui dégèle un peu les relations Est-Ouest… Et une petite guerre des services de police/renseignement.

John Lawton construit peu à peu l’intrigue qui va crescendo (le début est un peu lent, mais les tribulations de Krouchtchev se suffisent à elles-mêmes) jusqu’à ce qu’on ne puisse plus lâcher le livre pour avoir les réponses !

Park Avenue

parkavenue

Ca fait un petit moment que j’ai lu ce livre mais je voulais quand même vous en parler parce que j’ai beaucoup aimé.

C’est un bon thriller mais pas dans le sens où il y aurait meurtre violent et un tueur psychopathe. Il s’agit plutôt ici d’une plongée dans un milieu très particulier, la haute finance de Manhattan sur fond de meurtre.
Ce n’est pas non plus Le Loup de Wall Street, il n’y a pas de débauche, de piscine de billets ni de buffet à volonté de cocaine. On est ici dans une bonne famille.

Ce livre m’a fait penser à la série télé Dirty Sexy Money. Surement parce que la famille au centre de l’histoire s’appelle Darling dans les deux cas. Mais sur le fond aussi, un outsider se retrouve mêlé à une famille excessivement riche et puissante qui se retrouve dans la tourmente.

Une plongée dans l’univers des grands magnats de la finance de Manhattan, en plein crise financière.

 

Les Fauves

fauves

J’ai écrit cette chronique un peu avant le 13 novembre. Elle était prévue pour le 19 mais je n’avais pas envie de reprendre l’activité du blog tout de suite comme si de rien n’était, surtout avec un livre sur ce sujet. Et puis finalement si. Et peut-être même d’autant plus avec ce livre. Il ne vous livrera aucune clé sur ce qu’il s’est passé ni sur la géopolitique, ce n’est pas un essai, mais il peut éclairer sur un certain pan psychologique des forces en jeu.

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu un thriller où la psychologie prend une telle part. Normal me direz-vous, Ingrid Desjours était psycho-criminologue dans une autre vie !

Après le 7-Janvier, l’auteur qui travaillait sur un autre roman s’est lancée dans l’écriture de celui-ci, comme poussée par les événements à s’exprimer, comme pour libérer un trop plein d’émotions.
Lors de la rencontre organisée par Babelio elle nous a précisé qu’elle avait laissé ses émotions et ses peurs de côté lors de la rédaction du livre, et s’est renseignée autant que possible sur les points de vue de chaque personnages : Haiko qui est à la tête d’une association qui « repêche » des adolescents en partance pour la Syrie ; ces ado embrigadés ; le chef d’une association de « nouveaux croisés », et Lars, ex-soldat de retour d’Afghanistan qui va assurer la protection rapprochée d’Haiko.

Il y a un jeu constant entre les psychologies des différents personnages. Tous sont très nuancés.
Le récit est très renseigné, tout parait crédible (Ingrid Desjours a pris les conseils d’un formateur en protection rapprochée pour les techniques de Lars… ce qui nous a valu une démo pendant la rencontre Babelio).

Je pense que ce livre m’a remis le pied à l’étrier après un petit moment de flottement dans mes lectures.
Plusieurs autres livres de cet auteur ont rejoint ma wishlist !

L’Affaire Jane Eyre

affaire jane

Des mois qu’on me parle de L’Affaire Jane Eyre (elles sont tenaces les copines twittos) et enfin, je me suis décidée à le lire.
Evidemment les copines twittos avaient raison : c’est très bien !
Un monde où la littérature est religion, où les dodo sont des animaux de compagnie et où on peut communiquer avec les personnages de ses livres préférés est forcement un monde où on voudrait vivre.
J’ai adoré l’oncle de Thursday Next (la détective littéraire) qui est une sorte de Géo Trouvetout ou de « Q », inventeur complètement loufoque

Par contre j’ai trouvé que les 3/4 du livre n’avait pas grand chose à voir avec l’affaire Jane Eyre elle-même, mais une description de ce univers qui ressemble tant au notre.
Peut-être une mise en place du décors pour les aventures suivantes de Thursday Next ?
(8 tomes pour l’instant)

Si tu trouves que les dernières semaines mes chroniques étaient un peu light, sache que celle-ci est la dernière de la série, après j’aurais fini de parler de mes lectures d’été (j’en ai zappé 2… j’avais vraiment pas grand chose à dire dessus et je n’ai pas aimé. Alors autant je peux faire un effort en vacances pour des livres que j’ai aimé, mais pourquoi parler de ceux dont je ne me souviendrai pas dans 2 mois ?)

 

Le Talisman de la Villette

izner

Je suis une adepte de la série des « soeurs Izner » (Claude est en fait deux) qui met en scène Victor Legris, libraire à Paris à la fin du  XIXe siècle… mais qui se retrouve immanquablement mêlé à des enquêtes policières.

On retrouve dans cet opus toute la bande de la rue des Saints-Pères, Victor, mais également son commis-écrivain Joseph et sa mère autoritaire, Kenji l’associé de Victor aux prises avec les clientes exigeantes de la librairies…
L’intrigue traine parfois un peu en longueur mais je lis cette série pour l’ambiance « Paris fin de siècle » dans laquelle on est baigné.

Je pensais avoir suivi la série, mais il semble que j’ai sauté un tome… rien de très grave puisque le lecteur est bien « remis sur les rails » grâce aux rappels glissés ça et là.

Je suis récemment tombée sur un des tomes qui se déroule à l’Opéra de Paris… j’ai hâte de poursuivre la lecture de cette série (même si elle fait partie des séries dont je n’enchaîne pas les tomes pour ne pas avoir une overdose)