Femme sur écoute

★★★☆☆

Après une lente entrée en matière, Hervé Jourdain met en place une enquête riche en ramifications.

L’univers de la nuit côtoie des voyous à la petite semaine, des flics ripoux, la fille d’une candidate à la présidence de la République.

Jourdain, ancien flic, dépeint à merveille l’univers de la police française. Le nouveau 36 aux Batignoles (déménagement légèrement anticipé), les procédures (qui ose encore exiger un mandat de nos jours ?), le caractère revêche des policiers… on s’y croirait (enfin du moins ça répond aux idées qu’on se fait de la police quand on n’est pas dans une série américaine).

J’ai beaucoup hésité entre 2 et 3 étoiles pour ce livre parce que franchement au début j’étais plutôt frustrée qu’à la page 150 on arrive au moment du prologue (le truc mystérieux au début du livre, qui doit apporter du suspens…) et qu’en fait on ait pas appris grand chose de plus (en gros les 150 premières pages à part apprendre le nom des perso, on peut zapper)… mais bon j’ai persévéré dans la lecture et Jourdain débloque la situation, ça avance, les ramifications émergent… c’est pas hyper palpitant, mais c’est intéressant de voir comment la police française bosse (enfin c’est un roman, mais on imagine le monsieur bien renseigné, il était capitaine au 36, l’ancien 36.)

Donc voila… j’aurais bien mis deux étoiles et demi mais la demi-étoile n’existe pas dans mes glyphes, du coup comme je suis d’un naturel optimiste et bienveillant, j’ai arrondi au dessus.

La Fille d’avant

★★★★★

Une journée.
J’ai lu ce thriller en un samedi (j’ai pris le temps de faire une sieste et de diner avec ma famille). Je ne pouvais plus m’arrêter !

Un maison ultra moderne, tout est connecté, rien ne dépasse (coucou Marie Kondo)… et un passé un peu morbide : construite par un architecte après la mort de sa femme et de son fils, la précédente locataire est morte dans la maison…
Pourtant Jane n’hésite pas à signer la longue liste de règles à respecter pour avoir la chance de vivre dans cette maison.
Mais c’est un thriller, vous imaginez bien que les choses dégénèrent… et je ne vous en dirais pas plus.

Tout est dans la psychologie des personnages. Les liens entre Jane et « la fille d’avant ». Le mystérieux architecte…
JP Delaney esquisse ses personnages par petites touches, chaque chapitre révèle une info que le lecteur analyse à sa manière…
La tension va crescendo jusqu’à la fin.

Tout ce que j’attends d’un bon thriller !
(ça et la réflexion sur l’ultra-connexion… parce que cette maison est presque un personnage à part entière)

La Fille d’avant sort demain en librairie… courez l’acheter !
(je l’ai lu en avant-première grâce à NetGalley)

Bonne lecture !

Le secret des tombes

★★★☆☆

Vous commencez à connaitre mon amour pour la collection « Grands Détectives » de 10/18… cette fois je suis un peu mitigée…

C’est le premier roman de cet auteur que je lis et même si c’est le troisième tome de cette série je n’ai eu aucun problème à situer tous les personnages et à vite comprendre leurs relations, ce qui est toujours un « plus » dans une série !

J’ai beaucoup aimé tout le pan historique de ce roman. Une plongée au Moyen Age qui permet de découvrir la façon de vivre et les moeurs de cette époque. Les personnages principaux permettent de découvrir un large éventail de situations : une femme (médecin qui plus est), un Maure, une femme de la noblesse, des moines aux passés divers…
On y apprend qu’Henri de Plantagenet à mis en place la « justice » au sens moderne en Angleterre (ou alors c’est une info qui était très enfouie dans ma mémoire), on y découvre l’état de la médecine à l’époque…
Et le tout sur fond de légende arthurienne (c’est léger) puisque Adélia est supposée identifier un couple de squelettes comme étant Arthur et Guenièvre

Par contre je n’ai pas vraiment réussi à entrer dans l’enquête, ou plutôt les enquêtes… il manque un peu de suspens et de rythme pour réellement capturer l’attention.

Un roman plus historique que « policier » mais qui m’a beaucoup plu !

La Veuve

★★★★☆

Ca faisait tellement longtemps que je n’avais pas lu un thriller qui se déroule dans le monde contemporain ! Il y a des téléphones portables, internet… (quoique quand on y pense j’ai lu Poulets Grillés il n’y a pas si longtemps mais c’est plus un policier humoristique qu’un thriller psychologique).

Le décès soudain de Glenn Taylor met Janie, sa femme sur le devant de la scène, elle devient La Veuve.
4 ans auparavant, Bella, une petite fille de 2 ans est enlevée. La police accuse Glenn mais il est acquitté. Les médias ne lâche pas les Taylor qui tentent de continuer à vivre aussi normalement que possible même si l’isolement devient pesant.

Fiona Barton en alternant le point de vue de plusieurs protagonistes et en entremêlant le présent (juste après la mort de Glenn) avec des flashback sur l’enquête policière réussi à semer le doute dans la tête du lecteur et à le tenir en haleine jusqu’à la dernière phrase !
Je ne vous cache pas que certains passages « dans la tête » de Glenn sont assez glauques, et m’ont mis un peu mal à l’aise (il n’est pas facile de lire les tourments psychologiques d’un type aux fortes tendances pédophile… qui plus est s’il est lui même plus ou moins dans le déni pendant une grande partie du livre).

Mais dans l’ensemble une fois ouvert je n’ai plus réussi à lâcher ce thriller où tout est basé sur la psychologie des personnages, des nuances, sur une petite phrase qui a l’air innocente mais qui quelques pages plus tard vous revient en mémoire et remet tout en perspective.

La Veuve en saurait-elle plus long qu’elle ne veut bien l’admettre ?

Carnaval

★★★★☆

Encore un roman policier qui fait aussi très bien son job comme roman historique !

On se retrouve en 1919 à La Nouvelle Orléans, juste avant la prohibition. Un tueur à la hache à l’air d’apprécier particulièrement les épiciers italiens… (Ceci est une histoire vraie).

Le récit alterne les points de vue d’un journaliste, d’un inspecteur de police, d’un mafieux et d’une jeune apprentie détective. Les histoires  de chacun de ses personnages permettent de mettre en valeur différents aspects de la vie à la Nouvelle Orléans : les difficultés entres les différentes communautés d’immigrés , entre les noirs et les blancs, la prostitution, la drogue…
Chaque personnage a accès à des informations différentes qui font avancer l’enquête (même si elle n’est pas commune, sauf pour le lecteur !) et met en lumière différents aspects des magouilles qui ont lieux à la Nouvelle Orléans.

Le livre est long et même si l’enquête n’est pas du genre « haletante » (ça commence à me manquer un peu quand même…) l’ambiance jazzy et délétère de la nouvelle Orléans est très bien retranscrite par Ray Celestin et cela donne tout son charme au livre. C’est une ville qui m’attire beaucoup par son ambiguité, le mélange de fête et de jazz avec tous les vices de l’humanité (plus une petite couche de mafia, ce qui ne fait jamais de mal à un récit).

J’ai hâte de lire Mascarade, qui a l’air de reprendre plus ou moins au dernier chapitre de Carnaval !

La Fille du train

★★★★☆

On a changé d’année et je n’ai toujours pas vu le film donc en attendant je vous livre quand même ma chronique !

Entre le battage médiatique au moment de sa sortie et le re-battage médiatique avant la sortie du film j’ai forcement craqué et lu.

Et je l’ai dévoré !
Pourtant j’avais deviné qui était le tueur très tôt (fait très rare). Et pendant les 100 premières pages je n’avais qu’une envie : filer des baffes aux 2 personnages principaux.

Le procédé narratif qui consiste à ne faire parler les personnages que pendant les trajets en train, matin et soir, est intéressant, quoique bancal puisqu’il n’y a qu’un seul personnage qui prenne le train matin et soir…

Pourtant par je ne sais quel miracle, j’étais obsédée par ce livre, j’avançais toujours plus vite pour savoir pourquoi le tueur avait fait ça.

Je pense que sa prochaine sortie au ciné avec Emily Blunt (que j’aime beaucoup) a joué sur ma motivation de lecture. Et je me demande bien comment ils peuvent l’adapter au cinéma. Le rythme imposé par le récit matin/soir plus le fait qu’il y a en parallèle 2 récits qui ne se déroulent pas au même moment mais avec des concomitances me semble assez difficile à rendre au cinéma (donc je ne suis pas trop optimiste et je pense qu’ils ont dû tout aplanir…)

 

 

Poulets grillés

★★★★☆

Comment ne pas être ébloui par cette couverture ?
(voir perdre un dixième de vision à cause du pantone fluo…)

Mais ce qu’il se passe à l’intérieur est aussi interessant !

Capestan prend la tête d’une brigade plus que particulière : le 36 quai des Orfèvres a décidé de regrouper sous ses ordres tous les flics que la direction veut placardiser et de leur donner toutes les enquêtes non-résolues… histoire de faire grimper les statistiques des autres unités.
Anne Capestan (elle-même tout juste réintégrée après une mise à pieds) a sous ses ordres : une policière qui revient après avoir tout plaqué pour écrire une série télé policière, un flic dont tous les partenaires ont été blessés, un qui balance tout à la presse, un as de l’informatique mais un peu à côté de la plaque…

On sent bien le potentiel comique de cette équipe de bras cassés  et il est très bien exploité ! Certains dialogues et situations sont très drôles et contrairement à certains, l’humour est savamment dosé pour ne pas dégénérer en n’importe quoi (suivez mon regard).
L’enquête en elle-même est bien rythmée, le suspens et les rebondissements font que l’on ne peut pas lâcher le livre avant de savoir comment notre équipe plus que bancale va s’en sortir.

Sophie Hénaff réussi très bien à nous faire aimer cette bande de nuls… qui ne sont pas si nuls que ça !
Je pense que le tome 2 arrivera très bientôt dans ma PAL.

L’Affaire de  la belle évaporée

 ★★★☆☆

Quand les éditions Baker Street (via LP conseil… Merci !) m’ont contactée pour me proposer un livre qui se passait à New York, au temps de la prohibition et qu’en plus il y avait une enquête j’ai forcement accepté (j’adore cette concordance époque/lieu et je suis toujours friande d’enquête qu’elle soit policière ou amateur).

JJ Murphy plante un décors agréable, un hôtel cossu dans les années 1920, une soirée qui s’annonce bien (et arrosée malgré la Prohibition). Et « grâce » à la quarantaine mise en place pour cause de variole l’enquête qui va se dérouler à huis clos, particularité qui ajoute du piquant !
L’auteur mêle des personnages fictifs à des personnages bien rééls, ce qui nous vaut la présence d’Arthur Conan Doyle (et de toute un série de répliques amusantes d’un apprenti détective qui ne l’a pas reconnu).

L’enquête n’est pas haletante mais intrigante, il y a beaucoup de rebondissements et on se laisse porter à travers le récit par des personnages hauts en couleur, le tout relevé par une forte dose d’humour.

Ce roman m’a fait passé un bon moment mais je ne pense pas qu’il me marquera longtemps. Je pense tout de même que je lirais le premier tome un jour ou l’autre, même si le fait que ce soit un second tome ne pose pas de problème à la compréhension du roman, c’est toujours un peu frustrant de savoir que les personnages ont eu une vie avant ce qu’on lit (et qu’on y a accès à travers un livre de poche, parce qu’habituellement les personnages ont une vie avant ce qu’on lit mais elle reste prisonnière de l’esprit de l’auteur !)

 

Les Perles noires de Jacky O.

★★☆☆☆

Ce livre c’est un peu Ocean’s Eleven.
Sauf que les braqueurs ne sont pas 11 et qu’ils sont loin, très loin d’être des as.

Stéphane Carlier nous propose un roman loufoque qui vous fera passer un bon moment de lecture mais sans plus. Certains passages m’ont tiré un léger sourire mais jamais plus, peut-être que trop de loufoquerie tue la loufoquerie…

Les personnages sont sympathiques mais pas très fouillés. L’histoire tient la route sans être très innovante ou particulièrement bien menée…

Bref un petit roman sympathique mais qui ne m’a que moyennement emballé.

Stasi Child

★★★★☆

Stasi child est le premier roman de David Young, on y suit Karine Müller, lieutenant dans la Kripo au cours d’une enquête sur le meurtre d’une jeune fille qui aurait été abattue par l’Ouest en essayant de franchir le Mur pour entrer dans Berlin-Est. Mais dès le départ beaucoup de détails viennent contredire cette version officielle et assez rapidement la Stasi s’intéresse à l’histoire, l’enquête de Karine devient politique.

J’ai aimé l’ambiance de ce roman. La plongée dans Berlin Est en 1975 est assez atypique. Les réactions de Müller m’ont parfois fait sourire : c’est un pur produit de l’Est, pour elle l’Ouest est fasciste, elle ne voit que les grèves et les patrons qui exploitent leurs ouvriers, la consommation débridée…

Je ne pense pas avoir déjà lu un livre se déroulant du côté Est à une période aussi « récente ». J’ai aimé en apprendre plus sur les conditions de vie, la voisine qui espionne vos moindres gestes, l’omniprésence de la Stasi… On aperçoit avec le mari de Karine Müller la façon dont sont traités les opposants, ou même ceux qui sans s’opposer au régime n’ont pas l’air assez impliqués idéologiquement.
Young nous fait également entrer dans l’univers d’un camp de redressement pour adolescents. Les conditions sont évidemment rudes comme on s’y attend.

L’enquête est pleine de rebondissements, le suspens est présent jusqu’au bout et le mélange avec la politique maintient un rythme assez rapide qui m’a passionné jusqu’au bout !

C’est le premier d’une série avec l’agent Müller comme enquêteur, je pense que c’est une série que je suivrai !

J’ai également découvert que les droits du livre avaient été achetés pour devenir une série télé ! J’espère que l’ambiance et surtout les devoirs seront à la hauteur !