The Sinner

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Cora passe une après-midi au bord d’un lac avec sa famille quand soudain elle se lève et poignarde un de leur voisin.

Pourquoi il faut que tu le lises ?

Déjà pour savoir pourquoi elle a fait ça !

L’auteur nous expose un peu la situation de Cora, puis il y a cette scène au lac et ensuite la majorité du livre est composée d’un mélange de témoignage de Cora, de réminiscences de souvenirs de son enfance, de reflexions de l’enquêteur…
J’ai passé plus de 300 pages à essayer de démêler le vrai du faux dans ce que Cora raconte à la police. Elle a une telle volonté d’avoir l’air normale et que son geste était un accès de colère… mais au milieu de toutes ses déclarations émergent des bouts de vérité, on sent qu’elle même a enfoui ce qui lui est arrivé très profondément.

Au fur et à mesure on commence à faire la part des éléments réels et ceux fantasmés par Cora. J’avais plusieurs pistes, on comprend assez bien d’où vient cette folie qui habite Cora mais il y a quand même une révélation finale plutôt inattendue !

Je regarderais peut-être la série Netflix un jour, je ferais un edit sur mon avis livre/serie.

Petra Hammesfahr, The Sinner, Jacqueline Chambon, 356p.

Le Bal des folles

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Mars 1885, les patientes de la Salpêtrière s’agitent autour d’un tas de vêtements. Le bal de la mi-carême approche, chacune veut se montrer sous son meilleur jour lorsque le Tout-Paris viendra les voir.
Mais les patientes de la Salpêtrière ne sont pas des malades ordinaires, ce sont les folles traitées par le célèbre docteur Charcot.
Victoria Mas nous propose ici une tranche de vie de ces femmes (fictives) et nous offre un aperçu de la condition féminine au XIXe siècle.

Pourquoi il faut que tu le lises ?

Qui sont ces internées ? Des folles ou simplement des femmes qui dénotent dans la société de cette fin de siècle ?

Le personnage pivot de ce roman, qui le traverse et qui vit la plus grande évolution est Geneviève, intendante du service des hystériques depuis 20 ans. Fille de médecin, elle est vouée à la science et admire Charcot. C’est sa rencontre avec Eugénie qui va bouleverser son quotidien et ébranler ses certitudes.

Eugénie est une jeune fille que l’on sent avide de découvertes, de connaissances et d’indépendance (imagine-toi, elle ose aller lire dans des cafés!)… On sent qu’elle ne cadre pas avec les attentes de son père, un notaire bourgeois et austère.

Dans les couloirs et les salles de la Salpêtrière, on découvre aussi Thérèse qui tricote des châle pour les autres filles, elle a tué son mac pour mettre fin à ses mauvais traitements; ou Louise, jeune internée à cause de ses crises d’hystérie. Sa plus grande fierté est d’être choisie pour les cours publics d’hypnose du Professeur Charcot. Mais que fait cette jeune fille d’à peine 16ans dans cet hôpital ? Quelle est la cause de ses crises d’hystérie ?

Victoria Mas propose en creux un portrait de la place des femmes au XIXe siècle. Si on est pas une bonne épouse, une bonne mère, une bonne fille les risques sont grands de se retrouver internée. Il est aisé pour un père ou un mari de mettre de côté cette parente gênante sous prétexte de la faire soigner.
On voit que même dans l’hôpital, ce sont les hommes qui ont le pouvoir. Les médecins et les internes regardent de haut les infirmières et les patientes. A la moindre déviance, rébellion, vague signe de contestation, les femmes sont cataloguées hystériques.

Sans pathos et sans jugement, le roman nous fait découvrir la vie de quelques unes de ces internées, les pratiques médicales de l’époque, l’hypocrisie de cette bonne société qui enferme ses femmes au moindre signe de déviance mais qui se réjouit d’assister au bal des folles…

Victoria Mas, Le Bal des folles, Audiolib, 6h45, lu par Audrey Sourdive (excellente lectrice !)
(ou chez Albin Michel, 256p.)

Rendez-vous au café du bonheur

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Evie passe de mission d’intérim en mission d’interim dans des boites ennuyeuses, son copain n’est pas vraiment un bout en train, sa famille la regarde de haut… Bref, sa vie n’est pas très folichonne.
Mais sa vie est sur le point de changer : elle hérite du café de sa tante, situé dans une petite ville des Cornouailles, avec une vue imprenable sur la plage.

Pourquoi il faut que tu le lises ?

C’est un très bon roman feel-good !
Alors forcement on peut lui reprocher quelques petites choses (des clichés qui ont un peu hérissé mon poil de féministe) mais on vient chercher là un peu de relaxation et l’héroïne finit par sortir (à peu près) de ses clichés et par se construire la vie dont elle rêve.

Probablement que cette sixième semaine de confinement a beaucoup joué sur le fait que j’ai eu beaucoup de plaisir à avoir vue sur la mer, le sable et les vagues qui s’écrasent sur les rocher pendant les trois quarts de ce roman. Le cadre du Café de la Plage est idyllique.
Ajoutez à ça les éléments essentiels d’un feel-good : une galerie de personnages attachants, un beau brun énigmatique, un ex-relou, des amies en or…

Un excellent moment de lecture, pour une dose de bonne humeur et d’évasion !

Lucy Diamond, Rendez-vous au café du bonheur, Editions Charleston, 353p.

Les Miracles du bazar Namiya

De quoi ça parle ?

Un soir, trois jeunes hommes trouvent refuge dans un vieux bazar abandonné. Ils reçoivent une étrange lettre, qui semble dater de 30 ans plus tôt.

Pourquoi il faut que tu le lises :

Je ne m’attendais pas vraiment à ça. Déjà parce que ce livre est publié dans la collection Exofiction qui propose de la science fiction… alors certes les 3 types communiquent avec des gens qui ont vécu 30 plus tôt mais le sujet est plutôt les relations humaines, les choix et leurs impacts sur notre vie et celle des autres.

J’ai été un peu surprise parce que Les miracles du Bazar se présente presque comme un recueil de nouvelles et j’ai mis un peu de temps à le comprendre… mais peu à peu tout se met en place et les pièces du puzzle s’imbriquent. Le genre habituel de l’auteur est le roman policer… ça a dû aider pour créer tous ces liens !

Comme à chaque fois que je lis de la littérature japonaise (ce que je devrais faire beaucoup plus souvent) je suis impressionnée par le style, l’ambiance qui se dégage de ces récits. La culture japonaise a une façon bien à elle de voir et de comprendre les relations humaines et, en tout cas dans ce que je lis, il s’en dégage une impression que j’ai du mal à décrire mais qui fait que je me sens bien dans ces livres (même si on sent un fort poids des traditions, du respect, de la famille).

Une belle lecture, un roman très touchant.

Keigo Higashino, Les Miracles du bazar Namiya, Actes Sud, 384p.

Tout ce qui est sur Terre doit périr

Avoue que revenir avec un livre qui porte un titre comme ça en pleine pandémie du coronavirus c’est avoir le sens du timing…
(je l’avais commencé avant, à une époque où j’avais moins de temps pour lire : la semaine dernière.)

De quoi ça parle ?

Une course poursuite à la Dan Brown autour du mythe de l’Arche de Noé et du Déluge.
(ce résumé est volontairement bref… trop de spoiler possible)

Pourquoi il faut que tu le lises ?

Michel Bussi reprend tous les codes du thriller ésotérique : un mythe qui réunit plusieurs religions, un « enquêteur » un peu barré, une secte malfaisante, des voyages et des indices à travers le monde… tout y est.
Et ça fonctionne!
On suit Zak entre la France, l’Italie et le Proche Orient (j’essaye de pas trop en dire) à la poursuite du mythe de l’Arche de Noé et des licornes (oui des licornes!)

Je suis peut-être pas très objective, je suis très friande du genre, tu peux me servir à peu près n’importe quoi qui ressemble au Da Vinci Code, à Indiana Jones ou même Benjamin Gates je suis immédiatement accrochée!

C’est le premier Bussi que je lis et je sais que ce n’est pas son genre habituel mais à part quelques petites incohérences j’ai bien aimé et j’ai trouvé le récit très fluide. Un bon polar éso, pas prise de tête, qui fait voyager et revisiter l’histoire.

Michel Bussi, Tout ce qui est sur terre doit périr, Pocket, 764p.

Underground Railroad

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente de gagner avec lui les États libres du Nord.
De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves elle fera tout pour conquérir sa liberté.
(adaptation libre de la 4e de couverture, parce que parfois on pouvait pas faire mieux)

Pourquoi il faut que tu le lises

Durant sa fuite Cora passe par plusieurs états des Etats-Unis qui en sont à différentes étapes de l’esclavagisme ou de son abolition : la Caroline du Sud et son apparente liberté, la Caroline du Nord et son interdiction totale des Noirs (à cause de ce qui ressemble à l’ancêtre de la théorie du grand remplacement), l’Indianna où une petite communauté a réussi à se créer un havre de paix…
Ce périple permet de se rendre compte que les Etats-Unis n’étaient pas (et ne sont toujours pas) un pays uniforme en matière de racisme. Chaque état a fait son chemin.

Le fait de rendre le Chemin de fer souterrain réel (les Etats-Unis n’ont pas vraiment été traversés par des dizaines de tunnels tel un gruyère) rend l’opération encore plus aventureuse quoique moins mystérieuse : je suis maintenant assez curieuse de découvrir comment ces opérations se passaient réellement (et j’espère que le film sur Harriet Tubman qui est sorti il y a peu en fait une bonne description).

Un beau roman sur la recherche de la liberté et la nécessité de ne pas relâcher son attention quand on croit l’avoir atteint (sans devenir parano).
Colson Whitehead, Underground Railroad, Albin Michel, 330 pages

La Vengeance des mères

★★★☆☆

De quoi ça parle ?

Mille femmes blanches s’était fini sur l’attaque du village cheyenne par l’armée américaine, La Vengeance des mères reprend au même point.
Les carnets des protagonistes (deux survivantes du premier groupe de femmes et une nouvelle) sont apportés au fils du journaliste qui avait trouvé les carnets de May Dodd dans le précédent opus.
A travers sa lecture des carnets, on suit à nouveau la vie du groupe et comment les femmes blanches du second groupe vont s’intégrer à leur nouveau peuple.

Pourquoi il faut que tu le lises :

Je suis pas vraiment sûre que tu dois le lire en fait.
J’ai bien aimé, mais il n’arrive pas à la cheville de Mille Femmes Blanches.

Tu vois quand le second volet d’un film à succès sort, mais que la production n’a pas réussi à réunir le casting d’origine ? Ils copient-collent la même histoire, mettent les acteurs de seconds rôles en haut de l’affiche et rajoutent un peu de casting pour que ça soit pas trop vide ?
C’est exactement ce à quoi m’a fait penser ce livre.

C’est pas mauvais, c’est juste trop pareil, trop comparable alors que c’est beaucoup moins bien. Les personnages sont moins forts que dans le premier tome, on a déjà vécu la partie intégration dans la tribu cheyenne, les méchants sont les mêmes, le tout fini par une bataille…
La parution des 2 livres est séparée par environ 16 ans… je n’ose pas imaginer la déception que je ressentirai si j’avais dû attendre 16 ans pour… ça.

Donc, si tu n’as pas lu Mille femmes blanches, commence par lui. Et si jamais ta route croise La Vengeance des mères, pourquoi pas, mais c’est pas indispensable.
Jim Fergus, La Vengeance des mères, Pocket, 390p.

Royal

Bonne année 2019 à tous !
J’espère qu’elle sera pleine de bonheur et de lecture !

J’ai voulu commencer l’année par un roman québécois. J’en avais acheté 2 au salon du livre de Montréal et c’est Royal qui m’a tenté (le fait qu’il soit d’une taille raisonnable a joué, je ne le cache pas, mon rythme de lecture s’étant largement ralenti ces derniers mois)

★★★★

De quoi ça parle ?

Le monde merveilleux des études de droits à l’Université de Montréal. Enfin plutôt la course au stage, la pression, une plongée dans la jeunesse dorée…
Je crois pas que mon résumé lui rende justice, clairement, donc je mets la 4e de couv (qui est aussi les premières phrases du livre) :
La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de la mêlée en étant gentil. Être gentil, c’est être herbivore, c’est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t’es venu ici pour être le roi de la montagne, et le début des cours, c’est le début du carnage.

Pourquoi il faut que tu le lises :

Déjà parce que c’est une expérience de lecture : la narration est à la seconde personne du singulier. Une forme que tu n’as pas tellement l’habitude de croiser… ça demande un petit temps d’adaptation mais au final je pense que c’est ça qui a fait que j’ai autant accroché.
Ça et le fait que c’est rythmé, mordant. J-P Baril Guérard va droit au but, sa plume est acérée et limite violente.

On suit un étudiant (avec le tu, t’as presque l’impression d’être cet étudiant) à son entrée au bacc de droit (la licence en France). Sa famille est aisée, il a fait une des meilleures écoles avant… bref il a toujours été un gagnant et ça a toujours été facile pour lui.
Mais Droit c’est différent.

Un gros coup de cœur.
Attaquer l’année sur ça, c’est de bon augure !
Jean-Philippe Baril Guérard, Royal, Editions de ta mère, 287 pages

Demain, le Québec

★★★★☆

De quoi ça parle?

Après avoir vu le film Demain de Cyril Dion, 4 québécois sont partis à la recherche d’initiatives similaires chez eux. et il y en a plein !
Le livre, comme le documentaire, aborde différents secteurs : les transports, l’énergie, les déchets, le bâtiment, l’agriculture et l’alimentation, la finance et le développement des régions ou l’innovation sociale

Pourquoi il faut que tu le lise :

Je ne te cache pas que si tu ne vis pas au Québec c’est peut-être pas la lecture la plus indispensable pour toi. Sauf si tu cherches l’inspiration pour une initiative écologique !
De mon côté j’ai découvert le livre en voyant passer l’annonce d’une conférence à son sujet. Je suis allé à la conférence, c’était interessant mais évidement j’ai voulu compléter !
Plusieurs des initiatives concernant la nourriture ont pour centre Montréal, et je dois dire que je suis très tentée de les essayer : l’épicerie zéro déchets LOCO à Villeray est sur ma liste des choses à faire depuis un petit moment, j’ai enfin pu comprendre ce qui se cache derrière les fermes Luffa dont un sac réutilisable à atterri dans ma coloc.
J’ai découvert que les chauffeurs de Téo taxi sont salariés, un bon point (en plus du fait que leurs voitures soient électriques) pour ne plus utiliser Uber !
Et surtout, il y a au Québec une bibliothèque qui a ZERO impact. Je rêve d’aller y faire un tour ! (C’est à Varennes, si ça t’intérresse aussi)
Bref, j’ai non seulement découvert des initiatives intéressantes mais aussi voyagé dans mon nouveau pays et découvert des réalités que j’ignorais parfois (faut vraiment que je lise plus d’essais sur le Québec et le Canada…)
Une lecture instructive et inspirante.

Le club des philosophes amateurs

★★☆☆☆

De quoi ça parle ?

Isabelle voit tomber un jeune homme du balcon à la fin du concert. Un accident… cela ne suffit pas à arrêter la curiosité de la directrice de la revue de philosophie éthique appliquée.

Pourquoi il faut que tu le lises

Je ne vais pas te mentir, je pense que d’ici 1 mois j’aurais oublié jusqu’à l’existence de ce livre. C’est plat, l’histoire ne décolle pas, les personnages ne sont que peu intéressants (à la limite face à cette absence de rythme, un perso un peu extravagant aurait pu relever le tout… mais non Isabelle est une vieille fille qui sous couvert de philosophie aime se meler de la vie des autres)

C’est le premier tome d’une série… peut-être n’est-ce qu’une longue introduction… Mais c’est vraiment trop long.

(et ne cherchez pas le club des philosophes amateurs… il est inexistant)
Alexander McCall Smith, Le club des philosophes amateurs, Le Masque, 296p.
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