Le Bal des folles

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Mars 1885, les patientes de la Salpêtrière s’agitent autour d’un tas de vêtements. Le bal de la mi-carême approche, chacune veut se montrer sous son meilleur jour lorsque le Tout-Paris viendra les voir.
Mais les patientes de la Salpêtrière ne sont pas des malades ordinaires, ce sont les folles traitées par le célèbre docteur Charcot.
Victoria Mas nous propose ici une tranche de vie de ces femmes (fictives) et nous offre un aperçu de la condition féminine au XIXe siècle.

Pourquoi il faut que tu le lises ?

Qui sont ces internées ? Des folles ou simplement des femmes qui dénotent dans la société de cette fin de siècle ?

Le personnage pivot de ce roman, qui le traverse et qui vit la plus grande évolution est Geneviève, intendante du service des hystériques depuis 20 ans. Fille de médecin, elle est vouée à la science et admire Charcot. C’est sa rencontre avec Eugénie qui va bouleverser son quotidien et ébranler ses certitudes.

Eugénie est une jeune fille que l’on sent avide de découvertes, de connaissances et d’indépendance (imagine-toi, elle ose aller lire dans des cafés!)… On sent qu’elle ne cadre pas avec les attentes de son père, un notaire bourgeois et austère.

Dans les couloirs et les salles de la Salpêtrière, on découvre aussi Thérèse qui tricote des châle pour les autres filles, elle a tué son mac pour mettre fin à ses mauvais traitements; ou Louise, jeune internée à cause de ses crises d’hystérie. Sa plus grande fierté est d’être choisie pour les cours publics d’hypnose du Professeur Charcot. Mais que fait cette jeune fille d’à peine 16ans dans cet hôpital ? Quelle est la cause de ses crises d’hystérie ?

Victoria Mas propose en creux un portrait de la place des femmes au XIXe siècle. Si on est pas une bonne épouse, une bonne mère, une bonne fille les risques sont grands de se retrouver internée. Il est aisé pour un père ou un mari de mettre de côté cette parente gênante sous prétexte de la faire soigner.
On voit que même dans l’hôpital, ce sont les hommes qui ont le pouvoir. Les médecins et les internes regardent de haut les infirmières et les patientes. A la moindre déviance, rébellion, vague signe de contestation, les femmes sont cataloguées hystériques.

Sans pathos et sans jugement, le roman nous fait découvrir la vie de quelques unes de ces internées, les pratiques médicales de l’époque, l’hypocrisie de cette bonne société qui enferme ses femmes au moindre signe de déviance mais qui se réjouit d’assister au bal des folles…

Victoria Mas, Le Bal des folles, Audiolib, 6h45, lu par Audrey Sourdive (excellente lectrice !)
(ou chez Albin Michel, 256p.)

Les Quatre Filles du Dr March

Alors… euh… en fait je n’ai pas fini ce livre. Il faisait parti du Challenge Il était deux fois Noel. Nous avions deux lectures communes au choix… et je pense que je me suis trompée dans le choix  (j’aurais certainement plus accroché à La Véritable histoire de Noël de Marko Leino).

J’avais vu le film récemment (sur les conseils insistants d’une amie) et j’avais été plutôt surprise de ne pas trouver ça affreusement niais (enfin un peu quand même).
Une de mes co-challengeuses ayant posté un lien vers un site où Les Quatre Filles était dispo en livre audio j’ai choisi celui-là en profitant de l’occasion pour tester le livre audio !

J’ai donc écouté 4 chapitres (en tricotant) et je trouve ça plutôt agréable (même si j’ai trouvé la voix un peu plaintive). J’avais peur d’un déficit d’attention mais en fait on se laisse porter par la voix, et même en lisant mon esprit a tendance à dériver de toute façon !

Ces 4 chapitres ont quand même éclairé pas mal de points que je trouvais assez bizarre ou trop peu explicités dans le film (notamment à propos des personnalités des soeurs, qui sont plus finement expliquées dans le livre que dans le film, mais c’est assez normal)

A bientôt pour une chronique digne de ce nom (je finirais bien un livre un jour…)