Comment sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore [Wilt 1]

img_1886

 ★★★☆☆

Henry Wilt est à bout. La quarantaine passée, chaque jour lui rappelle sa médiocrité. Une carrière au point mort, des étudiants dégénérés, et Eva sa femme, qui ne rate jamais une occasion de le rabaisser. Certain que le monde lui refuse depuis longtemps une gloire bien méritée, Henry décide d’agir et de supprimer celle qui a fait de sa vie un véritable enfer.

« Tom Sharpe est un moraliste violemment drôle, salubrement grossier et épatamment tonique, dont la charge bouffonne a le pouvoir de dessillement réservé aux grands caricaturistes.  »
Évelyne Pieiller, La Quinzaine littéraire

Du cynisme, de l’absurde, le tout enveloppé d’humour British… Alors pourquoi mon avis est-il mitigé ? Et bien je ne le sais pas moi-même…

J’ai passé un bon moment de lecture mais je pense que j’en attendais tellement plus de ce livre !
J’ai aimé les aventures loufoques d’Henry Wilt dont la médiocrité fini par frôler le génie quand il sort de son schéma de pensé habituel. Beaucoup de situations m’ont fait sourire et un moment on se demande bien par quelle pirouette il va pouvoir s’en sortir. Eva, sa femme est un personnage haut en couleur et qui va vivre une aventure qui la dépasse totalement (impliquant pêle-mêle de la méditation, un imper jaune, un matelas gonflable et une branche de lierre).

Tom Sharpe en profite pour dresser un portrait au vitriol de la société anglaise des années 1970, du système scolaire à la police en passant par les mœurs de la petite bourgeoisie de province.

Je lirais le tome suivant, je serais peut-être dans de meilleurs disposions pour l’apprécier ! (Puisque tous les ingrédients sont réunis pour que j’aime !)

L’Enchanteresse de Florence

★★★★★

Un jeune homme blond dressé sur un char à boeufs entre à la cour du Grand Moghol, au coeur des Indes. S’il recherche l’empereur, c’est pour lui raconter sa vie. Il est le fils de l’Enchanteresse de Florence, une princesse moghole oubliée, maîtresse sulfureuse d’un soldat florentin, à la beauté envoûtante et aux pouvoirs mystérieux. Leurs destins fabuleux embrassent l’Orient conquérant et contemplatif comme l’Occident sensuel de la Renaissance florentine. D’une cour à l’autre, au rythme des complots et des intrigues, se croisent sorcières et fêlons, courtisans, voyageurs et prostituées… Moderne Shéhérazade, Salman Rushdie allie à l’histoire du XVIe siècle la magie des contes et prouve de nouveau, dans ce roman foisonnant, qu’il a le don de charmer ses lecteurs.

J’ai adoré ce livre ! Au point de risquer manquer ma station de métro plusieurs fois. (C’est une unité de mesure comme une autre).
De Salman Rushdie je n’avais lu que Joseph Anton (tout au début de ce blog *émotion*). Je savais que ce n’était pas le genre de livre habituel de Rushdie et j’avais envie de découvrir ses romans.

L’Enchanteresse de Florence est un conte. Et même un conte dans un conte (dans un conte).
Un jeune homme blond traverse le monde dans le but de raconter une histoire au grand empereur Akbar. L’histoire qu’il veut lui raconter est celle de l’enchanteresse de Florence, une femme magnifique qui envoute tous ceux qui sont à son contact.

L’ambiance est orientale, envoutante, pleine de magie. Il y a une foule de personnages (des rois, des prostituées, une princesse qui n’existe pas et une qui a disparu, des savants, des papes, des philosophes, des pirates…) et d’histoires dans l’histoire, on s’y perd un peu mais c’est ce qui fait le charme de ce récit.
La partie du récit qui se situe à Florence nous permet de croiser des personnages célèbres, les Medicis et Machiavel (j’ai mis du temps à faire le rapprochement et il faut dire que la révélation est assez drôle).

On y retrouve une réflexion sur le pouvoir et sur la religion. Le grand Moghol est en proie au doute sur sa position dans le monde et sur le pouvoir qu’il exerce sur son peuple. Les querelles entre les Buveurs d’eau et les Buveurs de vin fait ressortir deux visions philosophiques du monde, mais la question de la spiritualité est partout grâce à la magie.

Ce n’est pas le dernier Rushdie que je lirai, c’est certain !
(Deux ans, huit mois et vingt-huit jours me fait d’ailleurs de l’oeil depuis les tables de librairies…)

 

Petit pays

★★★★★

Gaby et ses copains sont les rois de leur impasse dans le centre de Bujumbura au Burundi. Leur enfance se passe entre la cueillette des mangues et les jeux à la rivière.

Mais on est au début des années 1990 et en tant que lecteur des années 2010 on sait déjà les horreurs qui vont avoir lieu au Rwanda (et je l’ai découvert grâce à cette lecture, qui ont aussi affecté le Burundi).
Le premier accro politique survient après les élections burundaises immédiatement suivies par l’assassinat du président. La tension commence et elle ne faiblira pas jusqu’à ce que Gaby et sa petite soeur quittent le pays.

Gael Faye raconte avec beaucoup de poésie et une touche d’humour le Burundi du début des années 1990 et le basculement dans la violence.

Une lecture que j’aurais du mal à qualifier de « jolie » car le sujet dont il traite est dur mais l’auteur  rend ici un bel hommage à son « petit pays » et à l’enfance.

Freddie Friday

freddiefriday
Marnie, petit génie des mathématiques du prestigieux établissement St Libby, a tout de l’élève modèle. Jusqu’au jour où, avec son amie Rachel, elle commet l’irréparable. Pour oublier, elle va noyer son angoisse dans l’alcool.

Juste avant ces événements dramatiques, elle a fait une rencontre singulière : sa seule raison de vivre, désormais, sera de revoir Freddie Friday, ce garçon qui travaille à l’usine de céréales Shredded Wheat. Ses rêves vont devenir les siens. Mais pour qu’ils se réalisent, elle aura besoin de son professeur de maths, la belle Julie Crewe, autrefois danseuse. Acceptera-t-elle de l’aider ? Aura-t-elle envie de remuer le passé, de se rappeler ce temps où elle était encore capable de danser, avec l’irrésistible et mystérieux Jo à Central Park ?

Si Marnie fait appel à elle, c’est parce que ce jeune homme étrange, fascinant, rêve sans trop y croire de devenir danseur. Ses pas de danse résonnent sur le plancher de l’usine tous les samedis après-midi, quand personne ne vient y travailler. Marnie est transportée par les moments qu’elle passe avec Freddie, loin des imbroglios familiaux de son milieu privilégié. Avec l’innocence de la jeunesse, elle veut tout chambouler. Elle, elle y croit.

Vif et émouvant, ce roman nous réconcilie avec nos amours perdus et les rêves inavoués que nous n’avons pas encore réalisés. Il nous rappelle que la vie nous réserve parfois des imprévus qu’aucune équation mathématique ne saura jamais nous expliquer.

Quand j’ai lu le résumé de Freddie Friday je me suis dit « tiens on dirait Billy Elliot, ça doit être pas mal »
Mais finalement ce n’est pas du tout Billy Elliot.
Le récit avance grâce aux narrations alternées de Marnie (jeune fille, brillante en maths, un peu paumée après son renvoi d’une école huppée) et Miss Crewe (son ex-professeure de maths, ancienne danseuse, elle même un peu perdue) (le 3e personnage, qui est central, étant Freddie Friday, est comme les autres, paumé. Tout le monde est paumé dans ce livre, on y reviendra). Cette alternance de points de vue permet de mettre en avant la psychologie des 2 personnages féminins, d’entrer dans leur tête et de construire le portrait de Freddie à travers leurs yeux (qui voient assez différemment le monde).
Résilience. C’est l’idée centrale de ce texte. Chacun, par ce bref épisode qui dure le temps de l’été 1969, va tirer un trait sur une partie de ses problèmes et avancer. Marnie qui a sombré dans l’alcool après l’accident de Rachel, s’accroche à son amour pour Freddie pour avancer ; Miss Crewe revit à travers Freddie ses jeunes années comme danseuse et Freddie, lui, prend appui sur les 2 femmes pour se lancer dans sa carrière. Ce triangle aurait pu être destructeur mais au contraire il devient émancipateur.

C’est un roman que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire, l’écriture est fluide et le style sans prétention.

(On passera sur les problèmes évidents de mise en page, si tu as un problème avec les veuves et les orphelines (comme moi), je te préviens, tu vas souffrir)

Je ne suis pas une grande fan des romans d’initiation, Aristote et Dante m’a laissé de marbre (par contre je suis ultra fan d’Eleanor & Park), mais Freddie Friday m’a laissé une impression plus large que cette appelation parfois un peu réductrice peut laisser entrevoir.
C’est une histoire, une tranche de vie de 3 personnes à un moment où chacune va prendre des décisions pour son avenir.
(Ce livre m’a été envoyé par les Editions Baker Street. J’ai été très contente de découvrir cette petite maison qui publie des romans anglophones !)

L’analphabète qui savait compter

analphabète

 

Petite déception pour ce livre… j’avais beaucoup aimé Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, j’ai trainé celui-ci pendant 3 semaines, et j’ai fini par survoler la fin.

Tout ce que j’avais aimé dans Le vieux est dans celui-ci too much. Trop de « coincidences », trop de trucs déjantés qui sont placés là pour que ça ai l’air bien déjanté…
J’ai même trouvé qu’il y avait beaucoup de redites, notamment concernant les histoires des personnages

Ce qui fait qu’au final je n’ai pas grand chose à en dire… à part que si vous ne l’avez pas encore lu je vous recommande Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (on m’a déjà dit que ses 600 pages étaient un peu trop… mais je ne les ai pas vues passer) et si vous l’avez lu… arrêtez-vous là !

Orgueil et Préjugés

orgueil

(Ce n’est pas du tout l’édition que j’ai, mais la couverture du mien est plutôt laide… Mais visiblement au Rocher il n’y a qu’un seul préjugé dans l’histoire…)

Ca y est ! J’ai lu Orgueil et préjugés ! Oui il n’est jamais trop tard, certains n’y croyait plus, mais c’est fait.

Je dois avouer que j’avais beaucoup de… préjugés par rapport à ce livre
(Oui j’ai osé).
Je pensais presque que je lirai une bluette à peine plus intéressante qu’une romance lambda (ce qui n’expliquait pas pourquoi ce livre avait traversé les siècles et connaissait un tel succès, mais visiblement je n’avais pas trop pensé à cet aspect de la chose).
Je pensais être une lectrice « Bronté » ou « Du Maurier », vous savez ces paysages de lande aride et pluvieuse, des personnages sombres…

Je n’aurais pas dû attendre aussi longtemps pour lire Orgueil et Préjugés (quoique, quand je lis Marie je crois que c’est mieux). Je suis clairement passé à côté d’un chef d’oeuvre pendant des années.
Jane Austen a une analyse très juste de ses personnages et de leurs sentiments. Bien que publié il y a 2 siècles ce livre reste très actuel dans le traitement des relations hommes-femmes (bon un peu moins sur les bals… quoique la passion de certaines pour les hommes en uniforme n’a pas évolué depuis 200 ans…).

Même en connaissant la fin j’ai dévoré le livre. J’ai même ri, Mr Collins, le cousin prêtre terriblement obséquieux dit des choses tellement incroyables parfois.

Donc si vous ne l’avez pas encore lu, laissez votre orgueil de côté et plongez-vous dans ce roman bi-centenaire mais très contemporain !
(cette phrase ne veut rien dire. j’assume.)

Et je ne vais pas tarder à attaquer toute la littérature qui entoure cette oeuvre (les zombies, les années à Pemberley…)

Passé imparfait

passe imparfait

Un livre écrit par le créateur de Downton Abbey ? Il ne m’en fallait pas plus pour me lancer dans ce charmant pavé de 644 pages !

Le narrateur (on ne saura jamais son nom) reçoit une lettre de Damian Baxter. Pourquoi cet homme dont il n’est plus l’ami depuis des années reprend t’il contact ?

Ces « retrouvailles » (ne comptez pas sur ces deux là pour des grandes effusions) sont le point de départ de flashback sur la Saison de 1968. A une époque où l’on pourrait croire que la présentation des débutantes n’avait plus cours, la noblesse britannique organise encore ces bals pour introduire leurs jeunes héritières dans la bonne société.
Mais au delà de retracer la Saison avec ses intrigues, ses déceptions et ses surprises, le narrateur nous parle de l’évolution de la noblesse d’outre-Manche. Toute une classe qui voit sa place dans la société changer au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et encore plus de nos jours alors que l’aristocratie « de robe » a fait place à une élite sociale qui prend appuis sur l’argent.
Certains s’agrippent aux usages anciens et d’autres laissent entrer la modernité  dans leur vie avec plus ou moins de succès.

Je ne vais pas vous cacher que j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs (maintenant que j’y pense 1 des épisodes a surement été écrit comme ça exprès…).
Les flashback et le récit « présent » se mêlent agréablement et on retrouve très clairement la patte « Downton Abbey » (d’ailleurs certains questionnements sur la modernité sont très présents dans la série depuis quelques épisodes)

Si vous aimez Downton Abbey et/ou la noblesse britannique, vous aimerez ce livre ! 
(et si vous ne connaissez pas Downton Abbey… allez regardez cette série. Tout de suite.)

Un merci de trop

un merci de trop

 

Cet été j’ai enfin lu le livre de Carene de Des mots et moi !

Alors au début Juliette c’est moi. Je suis gentille et je ne fais pas de vagues (enfin je m’ennuie moins dans ma vie qu’elle quand même).
Mais je peux péter un câble. (enfin un peu moins qu’elle quand même).

Du coup comme dès les premières pages je me suis sentie proche de Juliette, j’ai passé un très bon moment de lecture… un peu trop court !
(c’est un compliment, j’en aurais bien lu des centaines de pages sur Juliette et sa folie douce)

Cliquez ici et pour moins de 3 euros vous passerez un bon moment avec des personnages attachants, une histoire un peu fofolle et surtout une Juliette très attachante !

Mémé dans les orties

meme_orties

J’ai emporté ce livre comme « livre de secours » lors d’un week-end chez mes parents. non pas « au secours et si » je m’ennuie avec eux, mais « en secours et si » je fini le livre que je lis et que je me retrouve sans rien (non pas que leur bibliothèque soit vide, mais j’ai déjà du mal à venir à bout de ma PAL, c’est pas pour commencer celle des autres !)
(et j’ai bien fait parce que j’avais oublié mon livre en cours ce week-end là)

J’ai lu Mémé dans les orties très rapidement (entre deux séances de jeux avec le chaton). C’est divertissant, la galerie de personnages est assez drôle et les situations toujours à la limite de l’absurde (enfin si c’est un peu absurde quand même…)

Un livre sympa à lire si vous en avez l’occasion
(oui je suis pas plus emballée que ça…)

(J’ai gagné ce livre grâce à Vendredi Lecture)

Chroniques de Downton Abbey

Chroniques de Downton Abbey jacket

Les Chroniques de Downton Abbey est beau livre de la fin d’année des éditions Charleston !
Un superbe ouvrage sur les personnages de Downton Abbey ponctué de nombreuses photo tirées de la série et d’objets d’époque mettant en relief l’univers des personnages.

Le livre est découpé en chapitres portant chacun sur un personnage (ou un couple).
On y retrouve les caractères des personnages pensés par Julian Fellowes et des détails sur leur passé qui démontrent la profondeur que les créateurs de la série ont donné à leurs personnages.
Le livre regorge également de détails historiques qui viennent éclairer beaucoup de choses. Par exemple on en apprend plus sur ces riches américaines venues en Angleterre pour épouser des aristocrates désargentés comme Cora, sur le mouvement indépendantiste irlandais dont fait parti Branson ou encore sur la prison à travers l’expérience de Bates.

J’ai adoré en apprendre plus sur mes personnages préférés (dans le désordre Lady Violet, Edith, et Thomas… j’accroche rarement avec les perso « gentils au premier abord »), comprendre le contexte historique les entourant permet également de voir les évolutions des chacun, avec ou contre son temps.
Les témoignages des costumiers sont aussi passionnants, on peut faire passer beaucoup de choses dans un ourlet de robe 3 centimètres plus courts ou le choix d’un chapeau !

Et cerise sur le gâteau en fin d’ouvrage on retrouve tout un reportage sur les coulisses de la série !

Les Chroniques de Downton Abbey sera disponible le 9 octobre, à offrir ou à vous faire offrir en fin d’année !

(et évidemment j’ai envie de re-re-re-regarder la série en entier !)