Succession

★★★★☆

De quoi ça parle ?

Le Kimbavu est un petit pays d’Afrique Centrale sous embargo international parce que l’ONU n’est pas fan de son président (élu à vie et qui a légalisé l’esclavage d’une partie de sa population… on peut pas en vouloir à l’ONU). Sauf que le Kimbavu est aussi la réserve de bois officieuse d’une entreprise française, MMK. Sur place Marchenot, une des 3 têtes de MMK règne en maître et instaure une milice privée pour faire régner l’ordre et exécuter en sous-main la partie « pratique » de ses magouilles. Or le président du Kimbavu n’étant plus de prime jeunesse, c’est le moment de faire avancer ses pions.
En France, Monarc a succédé à Moullande (si, si) et la France est enfin une start-up comme une autre. Il est temps de mettre la main sur le marché du bois Kimbavien.

Pourquoi tu dois le lire ?

On voit dans ce livre comment des intérêts économiques peuvent pousser à mettre en branle une machine implacable qui va tout ravager sur son passage sans le moindre regard en arrière sur les conséquences ni les dommages collatéraux. La violence est un moyen, les revirements de bord une habitude, tout le monde joue sur plusieurs tableaux avec un seul objectif : le pouvoir.

Le roman est noir. C’est cynique, réaliste, il n’y a pas de happy end, tout ces ripoux ne deviennent pas soudainement écolo et prêt à défendre leur prochain. (J’aurais tendance à dire « comme dans la vraie vie en fait ».)

Donc pourquoi devrais-tu le lire? Parce que même si le Kimbavu est fictionnel on en apprend beaucoup sur ce qui peut se passer en Afrique Centrale concernant le commerce du bois, des milices, des conditions des ouvriers (enfin on découvre pas… mais ça fait pas de mal de te le remémorer avant de choisir ta prochaine table basse en bois exotique) au niveau des intrications politiques entre l’Afrique et la France, qui continue à agir comme une puissance coloniale.
(En cadeau bonus quelques bonnes remarques sur les politiques français… parce que quand on choisit d’appeler ses personnages Moullande et Monarc ça se sent qu’on va pas les brosser dans le sens du poil).

Partrick Cargnelutti, Succession, Editions Piranha, 364p.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s