L’espèce fabulatrice

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De quoi ça parle?

Nancy Huston anime un club de lecture à la prison de Fleury-Mérogis lorsqu’une détenue lui pose cette question : « A quoi ça sert d’inventer des histoires, alors que la réalité est déjà tellement incroyable ? »

Dans les 200 pages suivantes, l’auteure franco-canadienne tente de répondre à cette question.

Pourquoi il faut que tu le lises?

Je sais pas toi, mais moi je me la suis souvent posée cette question.
C’est intéressant de réaliser que notre espèce est la seule qui se raconte autant d’histoires.

L’espèce humaine est la seule à chercher constamment à donner du Sens (un chiot ne se demande pas qui étaient ses grands-parents, comment vivait ses ancêtres en 250 après J.C…)(ça leur fait toujours ça de moins à apprendre à l’école).
Tout autour de nous n’est que narration, fabulation.
Ça commence avec notre nom, c’est une histoire que nos parents ont commencé à écrire. Tout ce qui nous constitue jusqu’au moment où nous prenons les rênes de notre existence est constitué des histoires qu’on nous a raconté sur notre famille, notre communauté, notre pays…
Notre environnement n’existe pas sans les fabulations qui l’ont conçu.
Les premiers chapitres m’ont amenés à regarder ce qui m’entoure un peu différemment, et j’ai aimé ça.

Nancy Huston aborde ensuite les histoires que l’on crée autour de nous, les fabulations entrainent les guerres mais aussi l’amour.
L’essor des romans a commencé à partir du moment où les croyances religieuses ont reculées, laissant la place à un nouveau besoin de Sens.
Le dernier chapitre intitulé « Pourquoi le roman? » est particulièrement intéressant si comme moi tu aimes lire pour découvrir le monde. J’aime particulièrement les résultats de l’étude qui indique que les lecteurs sont plus empathiques parce qu’ils arrivent plus facilement à changer de point de vue et à se mettre à la place des autres… je trouve que ça me correspond bien.

Je te laisse découvrir plus en détails ce petit essai. Je ne suis pas très essai habituellement et celui-ci a traîné dans ma wishlist pendant au moins 4 ans… mais je ne regrette pas d’avoir enfin sauté le pas. Ce sont 200 pages qui se lisent rapidement et facilement (tu ne te retrouveras pas à lire 6 fois une phrase pour la comprendre).
Nancy Huston, L’Espèce fabulatrice, Babel, 192p.

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