Gabrielle [Le Goût du Bonheur, tome 1]

De quoi ça parle ?

La vie d’une famille québécoise pendant la crise des années 30, les bouleversements socio-économiques qu’elle entraine. Gabrielle, jeune femme dans la vingtaine, épouse comblée et mère heureuse, est au centre de ce roman.

Pourquoi il faut que tu le lises 

C’est une grande fresque familiale qui permet de découvrir plusieurs aspects de la vie au Quebec dans les années 1930. Et moi j’aime ça les romans historiques qui n’en ont pas l’air.

Marie Laberge manie ses personnages à la perfection pour créer un univers représentatif de la population de Québec (et un peu Montréal, mais l’action se déroule principalement à Québec).

Une bonne part des personnages étant féminins on suit particulièrement l’évolution de la condition féminine à cette époque. Les épouses à qui on ne demande pas leur avis, les petites filles qui se retrouvent à charge de famille quand leur mère décède, la chasse au mari,… bref tous les aspects de la vie d’une femme, qu’elle soit de condition aisée ou plus modeste.
On voit poindre le mouvement des suffragettes et même des questionnements sur la contraception.
Ce sont des thèmes que j’apprécie particulièrement de pouvoir découvrir (non parce que je t’ai déjà un peu parlé des cours d’Histoire à la fac… c’est pas leur préoccupation principale)

Autre aspect intéressant, on s’aperçoit à quel point Dieu est omniprésent dans la société. Toutes les décisions sont prises en fonctions de ce que le confesseur dira ou d’une éventuelle place au paradis… C’est un trait caractéristique du Québec, où le recul de l’emprise de la religion sur le quotidien n’a eu lieu que beaucoup plus tard qu’en France (je dirais les années 1970, pendant la Révolution Tranquille) (bon je dis pas non plus qu’après la loi de 1905 en France, la religion a perdu tout emprise du jour au lendemain, mais le recul a commencé plus tôt).

J’ai beau avoir beaucoup d’admiration pour Gabrielle qui est une femme moderne à sa manière et mène d’une main de maitre le destin de sa famille, j’ai quand même quelques réserves. Elle est moderne certes, mais dans les limites de ce que son éducation bourgeoise lui permet d’admettre. Elle ignore complètement les réalités de la vie des femmes qui ne sont pas de sa classe. Elle s’imagine par exemple que comme elle, toutes les femmes ont un rapport d’égalité avec leur mari et peuvent parler avec lui de tout. De même son hypocrisie totale concernant l’utilisation de la contraception m’a un peu fait crisser des dents. Ah et sa naïveté alors que tous les hommes de ce livre sont complètement hypnotisés par elle… c’est un peu énervant à la longue (ou suis-je jalouse ?)

Enfin quoiqu’il en soit, ce livre est un gros coup de cœur, j’ai beaucoup aimé découvrir la société québécoise du début du siècle, et les 2 prochains tomes vont me faire encore avancer dans le temps et me permettre de découvrir les fondements de la société québécoise sans en passer par un aride essais d’histoire !

Marie Laberge, Gabrielle, Le Gout du bonheur, tome 1, Edition du Boreal, 605p.

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