La Tresse ★★★☆☆

Comme je le pressentais je n’ai pas eu le coup de cœur absolu de certaines pour ce livre. Je l’ai pourtant lu d’une traite dimanche après-midi (enfin non pas vraiment d’une traite, aux alentours de la page 130 j’ai été prise d’une envie soudaine de faire le ménage de ma salle de bain.)

On découvre une tranche de vie de trois femmes sur trois continents différents. Chacune vit un tournant dans sa vie. Un départ, une rencontre, un combat. Et soudain le lien entre les trois protagonistes devient évident. La tresse.

Malgré une écriture fluide et un rythme qui poussent à tourner les pages très rapidement, je reste un peu sur ma faim concernant cette histoire. Je ne me suis pas particulièrement attachée aux personnages (alors qu’on sent que c’est le but profond de ce roman, nous toucher). L’histoire est belle et pleine d’espoir, le personnage de Smita est celui qui m’a le plus intéressé. La violence et l’injustice dans laquelle vivent les intouchables en Inde sont purement révoltantes (autant te dire qu’à côté de ça l’avocate carriériste qui se retrouve au placard ça ne m’a pas trop touché… alors qu’à une certaine échelle son histoire est aussi violente et injuste).

Ce petit roman, 220 pages, m’a surtout semblé trop court.
Je me rends compte que j’ai une attirance plus forte pour des romans longs (aux alentours de 600 pages. 400 c’est une sorte de moyenne basse, 800 une moyenne haute. La barre psychologique pour le « vraiment long » étant 1000 pages). Certains auteurs sont tout à fait capable de condenser en peu de pages l’essentiel et de produire un travail qui sera plus « stupéfiant » qu’immersif (je pense à En Attendant Bojangles, moins de 200 pages mais d’une force incroyable). Mais aux alentours de 400/500 pages on peut vraiment créer un univers, en tant que lectrice je me sens plus immergée, je ne me sens pas privée de détails ou de contexte. (même s’il y a aussi des auteurs « pisse-copie » qui rendent les 600 pages indigestes et laborieuses).

La Tresse est un beau roman, qu’on verrait bien adapté en film, une lecture rapide et agréable, avec un « bon fond ». (je vois pas comment qualifier cette volonté forte de créer l’empathie et la sympathie de la lectrice, puisque c’est clairement le lecteur de sexe féminin qui est visé ici)

Laetitia Colombani, La Tresse, Grasset, 224p.

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6 réflexions sur “La Tresse ★★★☆☆

  1. Sentiment similaire pour moi. Il y a du potentiel, des personnages intéressants, surtout celui de l’Indienne, mais j’aurai aimé plus de densité, plus de profondeur, plus de temps pour m’attacher aux personnages et les voir prendre en envergure… J’en parlerai dans les semaines qui viennent sur mon blog.

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  2. Je trouve que malgré la distance prise concernant les personnages, il y a quand même ce qu’il faut d’empathie, d’émotions… Plus, ce serait tomber dans le drama.
    Quant au public visé, il ne m’a pas semblé particulièrement féminin. Les femmes sont probablement celles qui se retrouveront le plus dans les trois héroïnes car ce son des femmes, mais cela n’empêche pas les hommes, ou même les personnes non-binaires, d’être touchés, révoltés.

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    • Loin de moi l’idée de penser que tout être humain ne pourrait pas être touché par ce livre (au contraire, les thèmes sont plutôt universels). Mais peut-être est-ce dans son traitement marketing, médiatique, voir éditorial… mais mon ressenti est que ce livre à été pensé pour se retrouver principalement entre les mains de femmes (en soi ce n’est pas négatif. C’est juste restrictif).

      Concernant les émotions, je suis bien d’accord. Un cran de plus et on tombait dans le pathos et le drama guimauve. Mais l’auteur nous pousse à l’empathie (je ne suis pas contre. J’ai un petit coeur moi aussi ^^) tellement que ça m’a refroidi (sauf pour Smita. C’est totalement révoltant. Et la situation de la veuve qu’elle croise) (et en même temps, je culpabilise de me dire que Sarah aurait pu penser plus à sa famille avant… c’est complètement anti-féministe et chacun fait ce qu’il veut. Mais ça me correspond tellement pas comme vision de la vie…)

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      • Je pense qu’ils ont dû s’appuyer sur le fait que ce sont trois héroïnes, et que de toute façon, d’après les statistiques, ce sont les femmes qui lisent le plus. Bon, perso, je pense qu’il faut voir plus large mais ces choix ne m’étonneraient guère. Je n’ai rien vu au marketing de ce livre alors je ne saurai dire.

        J’ai eu le même sentiment de culpabilité vis à vis de Sarah… Mais à la fin de son premier chapitre, j’ai réussi à balayer tout ça. Ce livre permet de se remettre en question (entre autres), c’est bien 😉

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